Commémoration du bombardement et de la Libération de Clermont, 78e anniversaire, jeudi 1er septembre 2022 – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Commémoration du bombardement et de la Libération de Clermont, 78e anniversaire, jeudi 1er septembre 2022

Commémoration du bombardement du 25 août 1944 et de la Libération de Clermont, 78e anniversaire, jeudi 1er septembre 2022, 19H, Monument aux Morts – Square du Souvenir Français.


Commémoration du bombardement et de la Libération de Clermont

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes à nouveau réunis aujourd’hui, devant le monument aux morts de notre commune, pour commémorer deux événements qui ont marqué l’histoire clermontoise. Deux événements, symbolisant horreur et soulagement, effroi et joie, à quelques jours d’intervalle.

Je voudrais rappeler ici, le souvenir de ce vendredi 25 août 1944 qui frappa durement notre ville. Depuis plus de deux mois que les Alliés ont débarqué en Normandie, les Français attendent impatiemment la libération progressive du territoire national. L’espoir de voir une armée ennemie meurtrière enfin vaincue se mêle à l’appréhension des combats qui s’intensifient, notamment dans le ciel.

En effet, en ce jour du 25 août, le soleil est à son zénith, lorsqu’une importante formation de bombardiers obscurcit le ciel. Ces dernières semaines le passage d’avions n’était pas un événement rare, pourtant cette fois, quelque chose est différent.

Aucune sirène d’alerte ne retentit. Mais au bruit croissant des moteurs s’ajoute soudain le sifflement de lourdes bombes. Personne n’a vraiment le temps de descendre dans les abris, prévus par le service de la Défense passive.

Depuis la carrière Lagache, sur la route de Mouy, jusqu’au pont enjambant la voie de chemin de fer avant Fitz-James, les impacts de 378 bombes auront été relevés sur le territoire communal, atteignant plus particulièrement les rues du Général de Gaulle et Raboisson, ainsi que les quartiers de la Belle Assise et de la Gare.

Ce n’était certes pas le premier bombardement que la ville subissait. Dès le mois de mai 1944, Clermont, et notamment sa voie ferrée, avait été la cible de précédents avions. Une autre attaque aérienne, le 2 août, avait provoqué dans la ville beaucoup d’émoi : on avait alors compté 28 bombes, qui ne firent heureusement aucune victime.

Chacun s’attendait donc à vivre des heures pénibles, mais la plupart espérait la victoire des Alliés et la Libération de notre terre. Quelques-uns ne se sont pas arrêtés à espérer mais ont lutté, malgré le danger, malgré l’implacable répression qui pouvait s’abattre sur ceux qui résistaient.

Ces hommes, ces femmes, ceux que l’on a appelé « l’Armée des ombres », agissaient pour la défense de la Liberté, en donnant notamment ici, au péril de leur vie, des renseignements sur l’ennemi, sa force, son organisation, ou en cachant des militaires et des armes parachutées par d’autres avions.

Il a été rappelé, il y a quelques semaines, sur le lieu même de son assassinat, le sacrifice de notre concitoyen Jean Corroyer, mort pour une certaine idée de la France.

D’autres ont rejoint le Général de Gaulle à Londres, pour continuer hors de nos frontières le combat. Je voudrais citer ici l’un de nos concitoyens, trop vite oublié, Pierre Viénot, nommé Ambassadeur du Gouvernement provisoire de la France Libre à Londres et qui après avoir âprement négocié face à Churchill les conditions de la restauration de la souveraineté française à mesure que le pays allait être libéré, est mort d’une crise cardiaque le 20 juillet 1944. Nous aurons bientôt l’occasion de connaître mieux l’action de ce Clermontois et celle de son épouse, grâce au travail du théâtre du Pressoir dans deux semaines, puis en novembre avec les manifestations organisées par la Ville et la Société Archéologique et Historique.

Sombre mois d’août 1944 donc, pour notre commune et notre région.

Lorsque le grondement des moteurs aériens disparaît du ciel de notre ville, ce 25 août, lorsque l’écho des bombes se dissipe, les valides se relèvent. De nombreuses maisons sont en flammes et on a la tristesse de compter dans la population clermontoise 46 morts et 46 blessés. On rapporte que les pertes militaires ennemies ont été équivalentes.

Peu après, une chapelle ardente est improvisée dans le hall de l’Hôtel de Ville. Chacun se sent concerné, dans une commune où tout le monde se connaît, au moins de vue.

Alors, bien sûr, la lourde tâche des vivants a toujours été, et sera toujours, de surmonter le deuil, la douleur, le chagrin. Et l’on se remet à espérer en la victoire des Alliés, ceux-là même qui ont lancé ces bombes sur notre commune.

Mais il faudra attendre que s’efface ce sinistre mois d’août, pour que la joie renaisse.

C’est en effet le 1er septembre 1944, il y a 78 ans aujourd’hui, que la ville a été libérée.

Dès l’aube, un groupe de résistants pénètre dans le centre, rejoint rapidement par les premiers éléments de reconnaissance de l’armée américaine. Clermont se réveille très tôt ce jour-là, et est rapidement pavoisée de nombreux drapeaux tricolores. Bientôt, une immense foule hurle sa joie sur la place de l’Hôtel de Ville, fêtant les « GI’s », symboles de la liberté retrouvée.

Et depuis, chaque année, le souvenir de ces moments, à la fois douloureux et porteurs d’espérance, est entretenu. Voilà 78 ans que ces événements tragiques sont transmis aux générations suivantes, non pour entretenir le mythe d’une Nation héroïque, mais plus prosaïquement, pour se rappeler que les citoyens doivent être vigilants pour conserver les valeurs de la République, comme d’autres l’ont été avant nous.

Vive la République, vive la France, et vive Clermont.

Je vous remercie de votre attention.

Lionel OLLIVIER
Maire de Clermont
Président du Pays du Clermontois
Le 1er septembre 2022

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