Hommage à André Cadet (1928 – 2020) – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Hommage à André Cadet (1928 – 2020)

Malgré la période de pandémie et la croissance inéluctable de la mortalité dans la population, nous ne pouvions passer sous silence la disparition récente d’une figure de Clermont, dont les loisirs ont été consacrés à l’animation locale, notamment musicale.

CLERMONT - CADET ANDRÉ - HOMMAGE

André Serge Charles Cadet était né le 14 novembre 1928, au N°57 de la rue des Fontaines, dans une famille de musiciens de fanfare. 

Son père Serge et avant lui son grand-père Charles avaient en effet dirigé la Clique de la Jeunesse Populaire de Clermont (JP).

Charles Cadet dirige la Clique.

Charles Cadet dirige la Clique.

Tout le monde connait le nom de Paul Lebrun, grâce à l’hommage qui lui a été rendu en baptisant le cinéma de Clermont. Mais peu savent qui il était. Paul Lebrun était un directeur d’école prenant poste dans notre commune en 1904, parfaite illustration des « Hussards noirs de la République ».

L’inspecteur de l’Education Nationale de l’époque lui avait demandé d’occuper les enfants et les jeunes de Clermont lorsqu’ils n’étaient pas à l’école, afin de concurrencer les curés qui, eux, organisaient des actions dans le cadre des « patronages ».

C’est ainsi que fut créée « la Jeunesse Populaire de Clermont », comportant peu à peu plusieurs sections : apprentissage du tir, théâtre, musique (clique et orchestre symphonique), chants, sports. 

A l’issue de la Première Guerre mondiale, un caporal devenu clairon pendant son service actif, évacué de sa Meuse natale et arrivé à Clermont, se proposa de diriger la Clique de la JP en voie de reconstitution. Son travail fut brillant et sa sympathie appréciée de tous. Les répétitions se tenaient salle Gambetta, actuel cinéma, construit à l’initiative du créateur de la JP (vous chercherez sur la façade ces deux initiales), où les instruments étaient remisés. Les membres de la Clique défilaient en costume et l’essentiel de leur répertoire était de la musique militaire.

Durant l’entre-deux guerres, la Clique accompagnait toutes les manifestations de la commune. Dès l’âge de sept ans, on pouvait voir défiler André avec un tambour. Entre 1940 et 1944, la JP fut mise en sommeil et la salle Gambetta transformée en garage pour l’Occupant, détruisant tout ce qui était à l’intérieur.
Le 1er septembre 1944, ce fut pourtant la Clique qui, avec quelques instruments récupérés ça et là, joua les hymnes patriotiques.

La fameuse photographie de la Libération devant l’hôtel de ville était l’un des souvenirs les plus forts que racontait avec émotion André Cadet, alors adolescent. 

Il aimait en parler en précisant malicieusement : « le gamin accroché à la descente de gouttière de l’édifice, c’est moi ! Je ne voulais rien louper de ce jour de liesse ». Bien entendu face à l’hôtel de ville, son grand-père dirigeait la clique et son père était l’un des musiciens.

Accroché à la descente de gouttière !

Accroché à la descente de gouttière !

André, qui était aussi membre de la section gymnastique de la JP, allait ensuite prendre la relève de la direction musicale, jusqu’à la dissolution de la Clique, dernière section en activité de la JP dans les années 60.

André se rappelait avec une légitime fierté les succès de la Clique au-delà même des limites du Clermontois. Lors de l’étape à Beauvais de la fameuse émission télévisée Interville présentée par Guy Lux, André avait participé et remporté le concours de trompettes sur la longueur du souffle !!

A Beauvais dans les années 50, la Clique et juste derrière l’harmonie Municipale de Clermont.

A Beauvais dans les années 50, la Clique et juste derrière l’harmonie Municipale de Clermont.

A cette époque, chaque année à la Sainte Cécile, la Clique donnait un concert à l’église Saint-Samson.

Il animait aussi des bals populaires dans toute la région avec son père et Jules Bollé. Aimant les ambiances de fête, aimant faire danser les gens, il alla même jusqu’à participer à la création d’un groupe de musiciens antillais avec Théo Légitimus, père de l’acteur et humoriste Pascal Légitimus.

André à la direction, sous l’œil attentif et bienveillant de son père Serge.

André à la direction, sous l’œil attentif et bienveillant de son père Serge.

Mais André ne vivait pas de sa musique. Après son service militaire à Angoulême au sein du 2ème Régiment de Cuirassier, il commença dans la vie professionnelle en entrant comme ouvrier à la Brosserie Errien, en face de la gare de Clermont, puis devint infirmier psychiatrique en 1951.

Un an plus tard il épousa Mademoiselle Jeannine Lamarre, dont il eut trois enfants, Christine, Jean-Luc et Sophie. La famille était pour lui une valeur qu’il chérissait et ses trois enfants puis ses sept petits-enfants lui rendaient bien.

Cadre de santé retraité à partir de 1983, amoureux aussi de notre commune, il conservait des traces photographiques, des articles de journaux sur les associations auxquelles il appartenait, sur les animations, sur la vie locale, qui ont parfois été très précieuses pour certaines expositions.

On l’a encore vu parmi nous lors de reconstitution de la photo de la
Libération, mise en scène par le Théâtre Dupressoir le 1er septembre 2018 et lors du spectacle retraçant la vie de la résistante Odette Sauvage, au pied du donjon le 31 août 2019. Il avait apprécié que la mémoire clermontoise de ses années de jeunesse fut conservée par les générations qui suivaient.

Le 1er septembre 2019

Le 1er septembre 2019

Avec son épouse, il habitait dans le quartier de Beaujeu, jusqu’à ce que leur perte d’autonomie ne les conduise à la maison de retraite, de Clermont bien-sûr.

André Cadet y est décédé le 19 mars, à quelques dizaines de mètres de son lieu de naissance. Il est inhumé aujourd’hui mercredi au cimetière de Clermont.

Nos pensées, notre affection accompagnent la famille dans ce moment
douloureux, encore plus difficile à vivre dans ce contexte de confinement de la population.

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