Exposition virtuelle “Robert Boulet”, à partir du samedi 9 janvier 2021 – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Exposition virtuelle “Robert Boulet”, à partir du samedi 9 janvier 2021

Suite aux annonces gouvernementales de ce jeudi 7 janvier 2021, nous sommes au regret de modifier l’organisation de l’exposition “Robert Boulet, Peintre Clermontois, dans le sillage de Maurice Denis » prévue à l’Hôtel de Ville de Clermont dès le samedi 9 janvier, comme suit :

Vernissage

Le vernissage de samedi à 16H ne pourra avoir lieu.


Conférence

La conférence avec Catherine Thiéblin sera maintenue le samedi 9 janvier 2021 à 16h, non pas en présentielle mais en visioconférence privée.

Les personnes déjà inscrites recevront un courriel explicatif ; pour celles qui souhaitent y participer, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au vendredi 8 janvier 20h par mail à communication@mairie-clermont.fr.

La conférence sera rediffusée sur le site internet, et les comptes FacebookInstagram et Youtube de la ville de Clermont.

Vidéo de la conférence


Exposition

L’exposition est maintenue pour les scolaires et le périscolaire.

Pour le grand-public, quelques œuvres seront exposées dans la bibliothèque, mais c’est surtout une exposition virtuelle qui sera proposée dans les prochains jours (sur les mêmes canaux numériques ainsi qu’à l’aide d’un lien qui vous sera également envoyé par mail).

Nous vous remercions de votre compréhension. Cordialement.


Livre

Le livre de Catherine Thiéblin « Robert Boulet, un peintre clermontois dans le sillage de Maurice Denis » sera en vente à la médiathèque principale et à l’accueil de l’Hôtel de Ville. 64 pages. Prix 10 €, reversés à la Société Archéologique et Historique de Clermont.


France 3 Picardie JT 12/13, lundi 11 janvier 2020

Reportage sur l’exposition “Robert Boulet” sur France 3 Picardie, lundi 11 janvier 2020, à partir de 12h57.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/emissions/jt-1213-picardie


Chronologie

  • 1895 22 avril : naissance de Robert Boulet à Clermont, hameau de Faÿ, sur la commune d’Agnetz (Oise).
  • 1896 30 juin : naissance de Noële Denis à Saint Germain-en-Laye.
  • 1903 Enfance chez la grand-mère Noémie Pouillet et études au collège de Clermont.
  • 1911 Premières leçons de peinture avec le peintre Diogène Maillart.
  • 1913 Reçu au concours de l’Ecole des Chartes mais il démissionne l’année suivante pour raisons de santé.
  • 1914 Eté : premier séjour de vacances d’été en famille à Pont-Aven.
  • 1915 Eté : deuxième séjour en Bretagne. Automne : cours à l’Académie Ranson où Maurice Denis est enseignant.
  • 1916 Cours à l’Académie Ranson et vacances d’été à Perros-Guirec où Maurice Denis a une résidence.
  • 1917 Eté à Perros-Guirec, mobilisation en septembre.
  • 1918 7 juillet : départ au front près de Compiègne et mobilisation dans l’artillerie.
  • 1919 Démobilisation en été puis en automne participation à la création des Ateliers d’Art Sacré, sous la direction de Maurice Denis et de Georges Desvallières.
  • 1920 Avril : triptyque Reconnaissance au Sacré-Coeur de Jésus. Septembre 1918, exposé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts ;
    décembre : La Pentecôte pour l’exposition  d’art chrétien  moderne au Musée des Arts décoratifs.
  • 1922 Le jour de Noël : fiançailles de Robert avec Noële Denis.
  • 1923 5 janvier : mariage dans la Chapelle du Prieuré de Saint-Germain-en-Laye.
  • 1934 La maison de Clermont devient la résidence principale de Robert et Noële, suite au départ de la grand-mère Noémie Pouillet pour une maison de retraite. Un atelier d’artiste y est aménagé et Robert commence à réaliser le décor mural.
  • 1938/1948 Robert est président de la Société Archéologique et Historique de Clermont.
  • 1969 Décès de Noële le 18 décembre et de Robert le 29 décembre.


L’apprentissage de la peinture classique et l’académie Ranson

A l‘âge de l’adolescence, élève brillant au lycée Louis-Le-Grand à Paris, puis lauréat au concours de l’Ecole des Chartes, Robert montra des aptitudes de plus en plus affirmées pour le dessin, ce qui décida sa vocation. Ayant démissionné de l’Ecole et renoncé à un brillant avenir littéraire, il s’engagea dans l’apprentissage de la peinture et voulut en connaitre tous les courants.

Il commença d’abord par suivre des cours chez le vieux peintre Diogène Maillart, à Rieux, aux bords de l’Oise, où l’artiste avait une maison de campagne. Ce fut l’époque des portraits de famille, paysages et natures mortes.

Après cette première formation, classique et traditionnelle, il voulut connaitre les nouveaux courants artistiques, et tout d’abord les expérimentations des peintres de Pont Aven, en séjournant pendant plusieurs étés successifs dans le Finistère Breton sur les traces de ces artistes qui avaient révolutionné la vision de l’art.

Ce fut pour lui une révélation et c’est pourquoi, en 1915, il voulut suivre l’enseignement dispensé à l’Académie Ranson où les professeurs étaient d’anciens Nabis de l’Académie Julian, en particulier Maurice Denis qui devint son maître en peinture et dont il fut, toute sa vie, un grand admirateur.

Plusieurs séjours à Perros-Guirec, non loin de la Villa Silencio où Maurice Denis séjournait avec sa famille,
témoignent de la vénération que l’élève portait envers son maître.

De nombreuses œuvres datent de cette époque très prolifique dans sa production et de son enthousiasme d’avoir trouvé sa voie : paysages, scènes de genre et sujets d’inspiration religieuse peints avec une grande liberté de touche et d’expression, traduisant combien il avait tiré parti de ces années de formation.


Enfance de Robert Boulet

Les parents de Robert, Georges BOULET et Marguerite POUILLET, se marièrent en 1893 à Clermont. Un mariage orchestré par les deux familles liées par leurs activités professionnelles (percepteurs d’impôts) ainsi que par un intérêt commun pour les sujets culturels. Passionné d’histoire, le grand-père, Charles POUILLET, fonda en 1902 la Société Archéologique de Clermont qui se donnait pour mission de faire connaître le passé clermontois et de protéger son patrimoine. On discutait souvent dans les deux familles d’histoire et de littérature, d’art et de musique.

Ce fut un mariage heureux que celui des parents de Robert, qui partageaient les mêmes dons, étant de brillants musiciens : Georges au violoncelle et Marguerite au piano, une passion commune qui les rapprochait et qu’ils transmirent à leurs enfants, Robert, né en 1895, et surtout son petit frère Pierre, qui deviendra l’organiste de l’église de Clermont. 

Chaque jour de grands moments étaient consacrés à la musique et les enfants baignèrent dans cette atmosphère esthétique, dans la maison de Faÿ (Agnetz) où naquit Robert, puis à Pont-Sainte-Maxence. 

Clermont n’était pas loin et on entourait d’affection la grand-mère Noémie devenue veuve. Il fut bientôt convenu que ses deux petits-fils viendraient habiter chez elle à Clermont et qu’ils seraient scolarisés dans le collège qui avait pris la place de l’ancien couvent des Ursulines (actuelle école Viénot).

Robert et Pierre vécurent une enfance heureuse choyés par leur grand-mère, et passant les vacances au bord de la Manche, dans le Pas-de-Calais, à l’époque où les voyages étaient facilités par le nouveau chemin de fer. Les bains de mer y étaient souvent froids et l’eau agitée, mais les séjours y étaient revigorants et joyeux, à Audresselles dans la villa du grand-père Pouillet et à Wimereux, non loin de là, chez leurs parents.


Maurice Denis, les Nabis et le Talisman, une oe uvre iconique aux sources de l’art moderne …

C’est en 1888 , à Pont-Aven, sous la houlette de Gauguin, que Paul Sérusier peint cette petite étude de plein-air qui va rapidement être élevée au rang d’icône. C’est un paysage “synthétique” aux couleurs pures et aux formes simplifiées, une sorte de contre-pied à l’impressionnisme, jugé trop fidèle au motif. On y voit la rivière de l’Aven, des arbres qui se reflètent dans l’eau, une maison au fond, mais surtout des taches de couleur. 

Mais qu’a donc de si remarquable ce petit tableau ?
Au-delà de sa beauté “brut de décoffrage”, il s’affranchit de la perspective traditionnelle et de toute préoccupation réaliste pour oser la juxtaposition informelle d’aplats de couleurs franches. Il préfigure ainsi le choc de l’abstraction à venir : le cubisme.

La composition de Sérusier fait un “buzz” : lorsque l’artiste, de retour à Paris, présente son “petit rectangle” aux Nabis (“prophètes” en hébreu), il n’est pas peu fier. Ses comparses de l’Académie Julian, parmi lesquels figurent Maurice Denis, Paul Ranson, Georges Lacombe, ou encore Pierre Bonnard en font leur “talisman” (objet qui a un pouvoir sacré).

Ce tableau mythique symbolise l’école de Pont-Aven, la naissance des Nabis : il devient leur manifeste et rejoint la collection de Maurice Denis, qui a contribué à en faire une œuvre fondatrice.

La postérité réinterprètera ce tableau comme l’annonce d’une nouvelle conception de la peinture : pure, autonome et abstraite. Maurice Denis a conceptualisé cette technique japonisante de simplification des formes et des couleurs vives en aplats.

Au décès de Maurice Denis ce tableau, confié à Noële et Robert BOULET, aurait été conservé chez eux à Clermont plusieurs années, avant de rejoindre le musée d’Orsay.

Dans la grande bible de l’art moderne, il y aura “un avant” et “un près” Talisman. 

Les nabis, “prophètes de la couleur” entendent se débarrasser de toute contrainte d’imitation et exalter la couleur vive, pure, autonome. 

Ils ne constituent pas vraiment un courant officiel ; chacun suit sa propre voie, comme en témoignent les travaux exposés à Pont-Aven :

  • mystiques et oniriques chez un Maurice Denis empreint de spiritualité ;
  • ésotériques chez Paul Sérusier ; 
  • décoratifs japonisants pour Paul Ranson ;

Ce sont surtout des précurseurs : dissous en 1903, le groupe contribuera fortement à l’émergence des avant-gardes du XXe siècle. Les Nabis accélérèrent cette course folle de la peinture, après l’impressionnisme, qui va déboucher sur le fauvisme, le cubisme et le surréalisme.


Les ateliers d’art sacré

A l’automne 1919, sous l’impulsion de Maurice DENIS et de George DESVALLIERES, naissent les Ateliers d’Art sacré, une école d’art chrétien.

Le but était “d’adapter l’Art moderne dans un esprit profondément chrétien et traditionnel aux besoins artistiques de l’Église“.

Alors que d’autres sociétés d’artistes chrétiens existaient déjà, les Ateliers d’Art sacré apportaient la nouveauté d’encourager la création dans l’esprit des compagnons du Moyen Age, en se conformant à une double nécessité : former des artistes catholiques et répondre à la réalisation de commandes, en un contexte d’après-guerre qui imposait la nécessité de mettre en œuvre de nombreux chantiers d’églises dans les régions dévastées par la grande guerre.

De dix ans plus âgé que Maurice Denis, George Desvallières, portraitiste dans le style du renouveau de l’Art classique au début de sa carrière, puis tenté par le symbolisme sous l’influence de Gustave MOREAU, s’était imposé dans les milieux de l’Art comme un défenseur de la modernité, ayant fondé en 1903 le Salon d’Automne dont il était le président. Maurice Denis et George Desvallières entretenaient des liens étroits d’amitié, rapprochés par leurs convictions religieuses, une foi chrétienne ardente et engagée (Maurice Denis, le catholique fervent depuis sa tendre enfance, George Desvallières, le converti après des années d’incertitude).

Disponible et apprécié autant par ses qualités artistiques qu’intellectuelles, Robert Boulet fut mis à contribution en ce qui concerne la rédaction des statuts dans un livret manuscrit intitulé : Projet d’organisation artistique de l’École d’Art chrétien

En préambule, il insistait sur les objectifs à atteindre : 

  • Regrouper des artistes catholiques qui devaient certifier de leur engagement chrétien,
  • Assurer leur formation afin qu’ils soient capables de produire des œuvres d’art pour le service de Dieu,
  • Réagir contre la décadence de l’Art sacré en luttant contre « les productions bâtardes du mercantilisme moderne », des termes qui évoquaient clairement les créations saint-sulpiciennes des années 1880, faisant l’objet de vives réactions négatives pour leur fadeur et leur mauvais goût.

Robert ajoutait que maitres et élèves (disciples ou apprentis débutants) devaient travailler en étroite collaboration. 

Différentes orientations au choix étaient proposées dans l’enseignement : peintres, verriers, imagiers, enlumineurs, décorateurs, brodeurs (ornements et chasublerie), sculpteurs… 

Point essentiel de ce projet, des leçons religieuses étaient imposées dans les domaines du dogme, de la liturgie et de l’histoire de l’art chrétien ; ces cours avaient l’intérêt non seulement de perfectionner la culture religieuse des élèves, mais aussi de les réunir régulièrement, pendant des temps fraternels, et d’être le gage auprès des commanditaires d’un renouveau de l’art sacré conforme à la doctrine catholique.

Parmi les membres actifs dès la fondation, on put compter sur les peintres Pierre Dubois, Valentine Reyre et Pierre Couturier, avec lesquels Robert entretint des liens étroits d’amitié.


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