Les monuments de Clermont – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Les monuments de Clermont

Église Saint Samson de la ville de Clermont de l'Oise

Clermont bénéficie d’un patrimoine architectural de grande qualité marqué par l’époque médiévale. Les remparts, la Tour de Buha, le Donjon, la Porte Nointel, l’église Saint-Samson en sont des empreintes qui forment aujourd’hui l’identité profonde de la ville. Ce patrimoine historique, qui représente le coeur de la ville, est également rehaussé d’un fort patrimoine naturel.

Clermont bénéficie d’un patrimoine architectural de grande qualité marqué par l’époque médiévale. Les remparts, la Tour de Buha, le Donjon, la Porte Nointel, l’église Saint-Samson en sont des empreintes qui forment aujourd’hui l’identité profonde de la ville. Ce patrimoine historique, qui représente le cœur de la ville, est également rehaussé d’un fort patrimoine naturel.

Les parcs du Chatellier, François Mitterrand, des Sablons, les bois et étang de Faÿ…. Ces sites sont aujourd’hui des espaces de respiration indispensable à la vie quotidienne de Clermont et de ses habitants, générateurs de liens sociaux. Ils constituent les maillons d’une trame verte communale, essentielle au maintien de la biodiversité en ville, et donnant une cohérence urbaine globale.

À travers sa structure liée à son histoire, Clermont a su conserver une certaine compacité. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir la ville et ses trésors cachés.

Dossier : (Re)-Découvrir Clermont, extrait de la publication « Sur La Brêche Octobre 2011 »

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L'Eglise Saint Samson

L’église date du premier quart du XIIIe siècle, voire de la fin du XIIe. Elle fut consacrée en 1327 par Jean de Marigny, Evêque de Beauvais.
Incendiée pendant la guerre de Cent Ans, elle fut largement reconstruite après 1495. Il en résulta une deuxième dédicace en 1506 par Louis Villiers de l’Isle-Adam, Evêque de Beauvais.

A son tour le XVIIIe siècle apporta son lot de transformations: les pierres tombales se trouvant dans l’église furent déplacées et retournées afin de constituer un nouveau dallage ; le jubé fut détruit au profit des grilles actuelles, situées alors à l’entrée du chœur.

Le parvis date quant à lui de 1765. Le clocher, de la fin du XIVe siècle, fut décapité par la foudre en 1785. Celui que l’on peut voir aujourd’hui fut restitué au XIXe siècle.

En 1791, comme beaucoup d’édifices catholiques, Saint Samson abandonna son rôle religieux, et devint alors un « Temple de la Raison », voué au culte de l’Être Suprême, avant que le Concordat ne rétablisse le culte catholique dans les églises en 1802.

Les nombreuses chapelles sont aussi remarquables par bien des égards. Détaillons-en quelques-unes.

La chapelle Saint-Roch, datant du XVe siècle, conserve un vitrail du XVIe siècle représentant la prédestination de la Vierge, avec ses divers attributs. Par ailleurs, on notera un ensemble de statues en bois du XVIe siècle (Sainte Barbe, Sainte Geneviève, Saint Roch et Sainte Catherine) et des huiles sur toile du XVIIe siècle («Marie terrassant le Dragon», « L’Adoration des Mages », « Saint Jérôme étudiant les Ecritures »).

La chapelle de Saint-Nicolas (1422, la plus ancienne de l’édifice) est éclairée par un vitrail du XVIe siècle représentant « l’Arbre de Jessé », et au mur, on peut voir une huile sur toile, copie du XVIIIe siècle, de «La Cène» de Léonard de Vinci, marquée des blasons des Ducs de Fitz-James.

Une remarquable mise au tombeau du XVIe siècle occupe depuis 1867 la chapelle basse du clocher : à droite Nicodème et à gauche Joseph d’Arimathie soutiennent le corps du Christ sous les pleurs de la Vierge. Celle-ci est soutenue par Saint-Jean et encadrée de Marie-Madeleine (tenant un vase à parfum) et de Marie Salomé.

Saint-Samson

Saint Samson (né aux alentours de 495) est un moine gallois qui prêcha en Irlande, en Cornouailles, puis enfin en « Armorique ». Il est connu pour être l’un des sept saints fondateurs de Bretagne, tous venus de pays celtiques d’outre-Manche.

D’après la légende, son arrivée sur le continent donna lieu à un miracle : il guérit une femme de la lèpre et désenvoûta une autre du démon. Le mari de la lépreuse lui donna en remerciement un terrain sur lequel Saint Samson bâtit le monastère de Dol.

En dehors de cette légende, Saint Samson érigea réellement le monastère de Dol, où se construisit la ville éponyme autour de celui-ci. Le moine eut aussi un rôle éminemment politique.

En effet, une crise entre le roi Franc Childebert Ier et le chef Breton Judual avait lieu. Saint Samson contribua fortement à rétablir les droits de Judual sur la Domnonée.

Childebert Ier permit ainsi à Saint Samson, par donation d’un monastère, d’étendre son influence monastique en plaçant plusieurs membres de sa famille des deux côtés de la Manche.Après être parti en mission d’évangélisation jusqu’en Basse-Seine, il retourna à Dol et y mourut aux environs de 565.Son culte s’étendit bien au-delà de la Bretagne. On le retrouve dans des communes ou des églises en Normandie, dans l’Eure, dans le Val-d’Oise, et aussi à Clermont, avec sa fameuse église Saint Samson.

Documentation sur L’église St Samson 

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L'Hôtel de Ville

L’Hôtel de Ville de Clermont, classé comme monument historique depuis 1874, a été bâti vers la première moitié du XIVe siècle.

Charles IV le Bel, comte de Clermont et roi de France et de Navarre, ordonne la construction de l’Hôtel de Ville. Il ajoute à cela la fondation de remparts autour de la ville.

L’Hôtel de Ville a dès lors une double fonction : militaire et administrative (servant d’auditoire royal, de salle des échevins, qui correspond à l’ancêtre des conseillers municipaux ; on y payait aussi le cens).

Il fut une première fois restauré par le comte Louis II de Bourbon, comte de Clermont et beau-frère du roi Charles V. En effet, avec les événements de la Jacquerie, les murailles avaient été sensiblement détériorées. Louis II se charge donc d’entourer la ville par de nouvelles fortifications.

A partir de la fin du XVe siècle, différentes juridictions siégeaient à l’Hôtel de Ville, ce qui faisait de Clermont une cité administrative de premier ordre.

Au XIXe siècle eurent lieu d’importants travaux. En effet, l’Hôtel de Ville était en bien mauvais état. Ainsi, en 1874, il fut classé parmi les monuments historiques, ouvrant la possibilité d’obtenir des subventions pour sa rénovation. L’architecte Paul Selmersheim, responsable des Monuments Historiques de l’époque, fut en charge de ces travaux, qui s’étalèrent de 1876 à 1886. L’Hôtel de Ville de Clermont prit alors

l’aspect qu’il garde encore de nos jours.

Ce bâtiment est remarquable à bien des égards. Notons par exemple, en hommage à l’histoire locale, les trois statues de la façade principale : Charles IV « le Bel », Robert de Clermont et Louis IX (dit « Saint-Louis »).

Aujourd’hui, l’Hôtel de Ville n’accueille plus les services administratifs municipaux, délocalisés rue du Général Pershing. Il n’en reste pas moins un puissant symbole du prestige de Clermont. Il a dorénavant deux principales fonctions : il est le garant du pouvoir communal (par sa salle du Conseil Municipal ou sa salle des mariages), et il favorise également le service public dans une enceinte prestigieuse (avec la Bibliothèque municipale et l’office du tourisme).

Charles IV

Charles IV de France, dit Charles le Bel, est né en 1294 au château de Creil, et fut, de 1322 à 1328, roi de France et de Navarre (le dernier de la dynastie des Capétiens directs).

Troisième fils de Philippe IV le Bel, ce ne fut que par un concours de circonstance qu’il put accéder au trône. En effet, ses deux frères aînés, Louis X le Hutin et Philippe V décédèrent relativement vite après leur accession à la couronne de France, et aucun des deux n’ayant eu de descendance masculine viable (Jean Ier, fils de Louis X le Hutin, mourut cinq jours après sa naissance), Charles IV se trouva être seul légitime pour devenir roi de France.

Il est alors sacré à Reims le 21 février 1322.

Son règne se veut alors ferme. Il fut occupé à la police du royaume. Il condamna à mort plusieurs brigands féodaux, et même des juges corrompus. Il se rendit aussi rapidement compte que les caisses du royaume sont en très mauvaise état. Il fait alors pendre quelques financiers.

Bien que Charles IV reçu plusieurs critiques de la part de ses contemporains et des historiens, il est quand même vu comme un roi attaché à la justice. Un exemple célèbre est celui qui met en scène le comte Jourdain de l’Isle. Ce seigneur gascon multipliait les crimes, se croyant au-dessus des lois. Averti de ces exactions, Charles IV se rendit auprès du comte qui, entouré d’une foule de grands nobles aquitains, n’échappa pas à la pendaison.

Charles IV, né dans le comté de Clermont, tenait beaucoup à adjoindre celui-ci à son patrimoine. Il propose alors à Louis de Bourbon de récupérer ce comté contre celui de la Marche, en plus d’autres contreparties.

Il meurt en 1328, sans laisser de successeur mâle.

Document sur L’Hôtel de Ville de Clermont de l’Oise

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Le Donjon

Edifié par les Comtes de Clermont, le Donjon fait encore aujourd’hui débat quant à sa date de construction. On estime néanmoins qu’elle se situe entre la seconde moitié du XIe siècle et le début du XIIe. Ce qui en fait le plus ancien monument de la ville en élévation.

Renaud II, fils de Hugues Ier (premier Comte de Clermont), ordonne la première campagne de construction d’ouvrages maçonnés du château, au début du XIIe siècle. En 1351, de nouveaux travaux de fortification renforcent le château. Mais, faceà la Jacquerie et à la guerre de Cent Ans, celui-ci est assiégé en 1359 par le fameux Captal de Buch Jean de Grailly, qui, à l’instar de ses ancêtres, avait prêté allégeance à la couronne d’Angleterre. Le combat fut probablement très violent, car dès 1370 on procède à des restaurations du château, et on y raccorde une nouvelle enceinte autour de la ville pourvue de tours et de trois portes.

Ces défenses sont à nouveau renforcées en 1414, mais en dépit de ces précautions, la ville est prise par les Anglo-Bourguignons en 1423.

Le Comte de Clermont, Charles II de Bourbon, ne récupérera la place qu’en 1450.

En 1514, le Donjon fait encore l’objet de travaux. Au cours de ce siècle, Clermont est assiégé à trois reprises pendant les Guerres de la Ligue. Enfin, en 1590, Henri IV ordonne une remise en état des défenses.

Le rachat du Comté de Clermont par la Princesse d’Harcourt en 1702 concrétise la fin de la vocation militaire de la place. En effet, le déclassement du château va permettre à la Princesse de le transformer en résidence.

En 1790, avec l’avènement de la Révolution française, il est confisqué pour servir de prison jusqu’en 1797. Vendu comme bien National en 1798, on va même le proposer à Napoléon Bonaparte qui le refusera.

Le Donjon est racheté par l’administration départementale, puis par l’Etat, pour le transformer en maison centrale de détention pour femmes, en 1826. La célèbre Louise Michel y séjournera pendant un an en 1885. La prison fermera ses portes en 1903.

Cinq ans plus tard s’ouvre à cet endroit une école de préservation pour jeunes filles, quiaccueillait des mineures confiées par les tribunaux à l’administration pour différents délits. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y enferment les prisonniers français, et en 1944, le gouvernement provisoire y interne des prisonniers politiques

La ville de Clermont rachète le Donjon en 1968, et lance une grande campagne de restauration en 2008, qui s’est achevée en 2013.

Louise Michel

Louise Michel est née le 29 mai 1830 hors mariage entre le fils du châtelain et sa servante. Après une enfance plutôt joyeuse, où elle reçoit une éducation libérale (étudiant Rousseau et Voltaire), elle obtient son brevet de capacité. Elle devient dès lors institutrice.

Elle rejoint Paris, en 1856, où elle continue d’enseigner, écrit en parallèle plusieurs poèmes, et entretient avec Victor Hugo une correspondance pendant près de 30 ans.

Elle commence à fréquenter le milieu révolutionnaire, et sympathise avec Jules Vallès, Eugène Varlin, Emile Eudes…

En 1870, après la chute du Second Empire, Louise Michel devient présidente du Comité de Vigilance Républicain du XVIIIe arrondissement.

Mais c’est surtout son rôle dans la Commune de Paris qui la rend célèbre. Militante acharnée, garde au 61e bataillon de Montmartre, ambulancière, elle anime aussi le Club de la Révolution.

Elle sera aussi une des protagonistes du soulèvement du 18 mars 1871, quand Adolphe Thiers décida de retirer les canons aux Parisiens. Louise Michel se montre active dans les combats de rue et sur les barricades. Faites prisonnière une fois la répression de la Commune achevée, elle assiste à l’exécution de tous ses amis. Cette vision la pousse à demander pour elle aussi la peine de mort. Cela touche énormément Victor Hugo, qui lui rendra hommage dans son poème « Viro Major ».

Elle est déportée en Nouvelle-Calédonie en 1873. C’est à cette période qu’elle se radicalise et devient militante anarchiste.

Elle revient en France après son amnistie en 1880, mais elle continue ses activités subversives, et fait plusieurs séjours dans différentes prisons, dont notamment, en 1885, un passage d’un an à la prison pour femme de Clermont. Elle y rédigera une partie de ses mémoires, ainsi que des poèmes où elle fera référence au Donjon. Elle meurt en 1905 d’une pneumonie, pendant une activité militante.

La Chapelle des Lardières

L’origine du nom Lardières est sujette à controverses. S’agit-il d’un nom de personne ou d’un nom commun à mettre en relation avec la rue aux Pourceaux qui a été donné pendant un temps à la rue de Mouy, actuelle rue Pierre Viénot ?

Cette rue Pierre Viénot est une voie ancienne qui, pendant tout le Moyen Âge et même après, permettait de gagner Paris en passant par Mouy.

La seigneurie dépendait de Bethencourt Saint Nicolas par Pierrepont (Aisne).

Le plus ancien possesseur connu est Tristan de Soizy, mentionné dans le dénombrement de 1373. Elle est passée ensuite à la famille Bourges au XVIe siècle, puis ensuite à un certain Antoine Billouet au début du XVIIe siècle. C’est à cette époque, en 1621, que la seigneurie a échu au prieur de Breuil-le-Vert, Jean le Hucher.

C’est ce dernier qui fait édifier la chapelle des Lardières, dont la construction confiée à quatre maçons de la famille Baleyne (la ruelle Baleyne située un peu plus bas conserve le souvenir de cette famille) a commencé en 1651. Cette chapelle n’a pas été créée sur un terrain vierge puisqu’à son emplacement se trouvaient les ruines d’une chapelle dédiée à Saint Martin.

La chapelle des Lardières est quant à elle dédiée à Saint André et elle a vocation de chapelle funéraire puisque l’abbé Hucher y a été inhumé le 19 décembre 1657. Elle se caractérise par une petite construction de plan rectangulaire à chevet plat. La porte est entourée de bossages, et elle est surmontée d’une niche dans laquelle on a placé une statue de Marie-Thérèse à l’Enfant Jésus. Enfin, au sommet du pignon se trouve un édicule dans lequel on a disposé une cloche provenant de l’ancienne usine Gervais, rasée après le bombardement du 25 août 1944.

A l’intérieur, un autel du XIXe siècle est appuyé sur un fond de boiseries. Sur les murs nord et sud se trouvent les portraits de Louis Havart de Popincourt, seigneur d’Agnetz, et de son épouse Catherine Lefèvre. Ces personnages ont été inhumés dans le chœur de l’église d’Agnetz, puis leurs restes ont été transférés dans la chapelle des Lardières en 1746. La chapelle a fait l’objet de restaurations en 1843. De nos jours elle est la propriété de la ville de Clermont.

La chapelle de Lardières était également connue sous le vocable de chapelle du tilleul, du fait de la présence, au contact de la chapelle d’un énorme tilleul multiséculaire qui a dû être abattu en 1990 par sécurité. Mais pour respecter la tradition, un autre tilleul a été replanté au même endroit.

Pierre Viénot

Pierre Viénot, né le 5 août 1897 à Clermont, est un résistant et un homme politique français.

Il s’engage durant la Grande Guerre, alors qu’il n’est âgé que de 17 ans. Il sera une première fois blessé le 2 juillet 1916 lors de la Bataille de la Somme, mais cela ne calme pas l’ardeur du jeune homme, qui sera à nouveau blessé, plus sérieusement cette fois-ci, à Villers-Cotterêts, en juillet 1918.

Durant les années 20, il fera plusieurs séjours en Allemagne, militant entre autre pour un rapprochement franco-allemand. Il créé en 1926, en compagnie d’Emile Mayrisch, un industriel luxembourgeois, le Comité franco-allemand de documentation et d’information, qu’il présidera jusqu’en 1929.

Il devient député de Rocroi en 1932 sous l’étiquette du Parti républicain-socialiste, et en 1936, sous-secrétaire d’Etat chargé des protectorats du Maghreb et des mandats du Proche-Orient.

En 1938, il critique fermement les accords de Munich, et forme avec Pierre Brossolette et Daniel Mayer le groupe Agir, groupe socialiste qui se veut implacable face aux nazis et aux fascistes.

Malgré son état de santé déclinant, il s’engage en 1939, mais reste à l’arrière du front.

En 1942, il est arrêté et placé en résidence surveillée en sanatorium, mais s’évade en 1943, et part rejoindre le général de Gaulle à Londres. Il devient alors l’ambassadeur de la France libre auprès du gouvernement britannique.

Il meurt d’une crise cardiaque le 20 juillet 1944.

La ville de Clermont lui a rendu hommage en rebaptisant la rue de Mouy, ainsi que l’école qui y est située à son nom. C’est dans cette rue qu’on peut contempler la chapelle des Lardières.

Documentation sur La Chapelle des Lardieres de la ville de Clermont de l’oise

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La Sous-Prefecture

La sous-préfecture de Clermont est, avec Senlis et Compiègne, l’une des trois sous-préfectures de l’Oise, en plus de la préfecture principale de Beauvais.

Le fief de Saint André formait un îlot compris entre la rue Georges Fleury (impasse de la sous-préfecture), la rue de Paris et la rue des Finets.

Sur cet emplacement s’élevait un Hôtel-Dieu, dont les titres les plus anciens datent de 1146. Cet établissement, qui accueillait les vieillards, les malades, et les plus nécessiteux, disparut vers le milieu du XIIIe siècle.

En effet en juin 1244, Alphonse III de Portugal, Comte de Boulogne et de Clermont, et Mathilde de Dammartin, le donnèrent à l’Ordre des Trinitaires « en pure, perpétuelle et irrévocable aumône, à charge de continuer les œuvres de charité et de célébrer le service divin à perpétuité ».

L’Ordre des Trinitaires fut fondé en 1198 par Saint-Jean de Matha, dont on peut voir une représentation sur un vitrail du transept droit de l’église Saint-Samson. Cet Ordre avait pour vocation le rachat des captifs, prisonniers des infidèles.

Robert de Cressonsacq, évêque de Beauvais, confirma la Donation du fief de Saint-André en 1248. Le Couvent, d’institution royale, avait droit de seigneurie sur le quartier où il se situait.

Le patrimoine des religieux augmenta considérablement grâce à de nombreuses donations, notamment celles du roi de France Saint-Louis ou de son frère, Alphonse de Poitiers, et grâce aux droits accordés par les Comtes de Clermont.

Outre les bâtiments conventuels auxquels était accolé le cloître (actuel parking de la sous-préfecture), le couvent se composait de l’église Saint-André (édifiée vers 1392), d’un cimetière, de jardins et de vignobles. L’église, qui servait de paroisse aux habitants du quartier, était considérée comme un monument d’architecture remarquable. Incendiés à deux reprises au XVe siècle, les bâtiments furent relevés en 1549.

La Révolution mit un terme à l’activité religieuse du couvent. Le 6 mai 1791, les derniers Trinitaires furent chassés et leurs biens vendus. Adjugée 14 050 francs, l’église fut immédiatement rasée ; des brocanteurs parisiens achetèrent les vitraux, les orgues et les boiseries du chœur.

Le corps de logis principal fut alors occupé par le District, puis par l’administration municipale et enfin par la sous-préfecture, à la création de cet échelon administratif.

Depuis 1927, l’ensemble constitué des façades et de la tourelle est inscrit au titre des Monuments historiques.

Comte & Comtesse de Boulogne

Alphonse III de Portugal (1210-1279) fut surnommé le Boulonnais, en référence à son mariage avec Mathilde de Dammartin, comtesse de Boulogne.

Etant le second fils du roi Alphonse II, il avait peu de chance d’accéder au trône du Portugal. Il partit donc vivre en France, où il se maria avec Mathilde II de Boulogne.

Mais son frère aîné, Sanche II, était en conflit ouvert avec l’Eglise, et le Pape Innocent IV proposa au Boulonnais de prendre sa place, ce qu’il accepta. Sa fonction de roi du Portugal lui fit perdre son titre de comte de Boulogne.

Alphonse III fut un roi populaire dans son pays. Il favorisa la classe moyenne portugaise, développa les villes.

Le Boulonnais chercha à se séparer de Mathilde de Dammartin pour épouser Béatrice de Castille, ce qui engendra plusieurs problèmes (surtout au niveau de l’Eglise). Le souci fut résolu quand Mathilde décéda en 1259.

Mathilde de Dammartin (vers 1202-1259) fut comtesse de Dammartin, de Boulogne et d’Aumale. Philippe Auguste ayant vaincu son père, Renaud de Dammartin, lors de la bataille de Bouvines, il lui fit épouser son fils Philippe Ier, comte de Clermont-en-Beauvaisis. Après la mort de Philippe Ier, Blanche de Castille, reine de France, lui donna comme époux son neveu Alphonse III.

On considère que le règne de Mathilde II de Boulogne fut sous le signe de la paix et de la prospérité. Des chartres et chroniques se réfèrent souvent aux actes « du temps de la comtesse Mahaut ».

Mathilde meurt en 1259, n’ayant pas de descendance à qui léguer ses terres, son héritage sera par lui suite ardemment disputé.

Documentation sur la Sous Prefecture de la ville de Clermont de l’Oise

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La Porte de Nointel

La porte Nointel, la dernière porte de l’enceinte du bourg de Clermont, est la seule à présenter encore des élévations significatives. Elle se situe à l’angle de la rue du Donjon et de la rue de la Porte Nointel qui longe le mur gouttereau nord de l’église Saint Samson.

La porte est couverte d’un arc en tiers-point précédé à l’extérieur d’un avant-corps formant « assommoir ». La partie supérieure a été couronnée mais il semble permis de supposer qu’elle était surmontée par une construction à usage de corps de garde. Son aménagement évoque les dispositifs de défense des accès que l’on trouve dans certains châteaux édifiés au XIIIe siècle sous le règne de Philippe Auguste. Mais c’est vraiment au XIVe siècle que la construction de la porte s’établit, sous l’ordre du roi de France et de Navarre Charles IV le Bel.

Elle est désignée dans le dénombrement de 1373 sous le nom de « cauchie de Warty ».

Au XVIe siècle, une partie est reconstruite, comme on peut le constater grâce à une gravure de Syvestre de 1656. De ses deux étages il ne reste aujourd’hui que l’arcade inférieure. Au début du XIXe siècle, la porte était surmontée d’un petit bâtiment qui dut disparaître quelques années après.

La porte Nointel conduisait à Pont-Sainte-Maxence et Compiègne, par le faubourg du Pont-de-Pierre. En 1882, la municipalité fit restaurer la porte et la dégagea des plantations qui s’y étaient développées. Après de longues délibérations entre le maire et le propriétaire voisin, le monument resta définitivement propriété de la ville.

Cette porte de ville fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 22 mars 1937.

Les Vignes et Vignobles

Depuis la fin de la période gallo-romaine et tout au long du Moyen Âge, la culture de la vigne a été largement répandue dans l’Oise. Cependant, comme dans tout le Nord, elle a commencé à régresser à partir du XVe siècle, et plus encore au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque la consommation du cidre a commencé à supplanter celle du vin.

Au Moyen Âge, la vigne constitue une des composantes dominantes du paysage agricole Clermontois, et au XIIIe siècle, sous le règne de Philippe Auguste, le vin de Clermont est l’un des plus estimés des crus provenant des vignobles du nord de la Loire.

Le lieu-dit « le vignoble » de Clermont est localisé sur la pente orientée est, sud-est du promontoire au somment duquel s’est développé la ville. L’origine de la culture de la vigne dans ce secteur remonte, semble-t-il, au XIIIe siècle, lorsque l’évêque de Beauvais, Philippe de Dreux, a fait don de la puissante abbaye bénédictine de Saint Germer de Fly, qui deviendra une partie importante du vignoble de Clermont. D’autres communautés religieuses de la région possédaient des biens plus ou moins importants dans ce vignoble : le prieuré de Saint Leu d’Esserent, le prieuré de Wariville, les abbayes de Ressons, de Froidmont et de Lannoy, mais aussi le couvent des Trinitaires de Saint André (actuelle sous-préfecture), ainsi que l’église Saint Samson (comme en témoigne le lieu-dit « le Clos Saint Samson »). Mais un des crus les plus renommés était celui du « Clos Merlier », localisé à l’emplacement de l’actuel cimetière.

Les vignes cultivées par les Trinitaires s’étendaient sur la zone occupée de nos jours par le centre hospitalier interdépartemental. L’abbaye de Froidmont possédait dans ce secteur les vignes de « la Croix », des « Maturelles », du « Pied Doré » et du « Champ de Coquidel ». Ces lieux-dits ont disparu de nos jours et il est impossible de les situer aujourd’hui avec précision. Plusieurs vignes possédées par les Trinitaires seront vendues comme biens nationaux en 1791.

On peu citer parmi les variétés les plus cultivées : le Blanc Meunier, le Blanc Doux, le Blanc Mielleux, le Franc Rouge et leDammartin. Le Blanc Meunier semble avoir été le cépage le plus répandu dans le vignoble clermontois. Il donnait un vin rouge soit disant de bonne réputation, qui se caractérise par une vigne dont la feuille est d’un blanc velouté.

Le déclin du vignoble de Clermont se matérialise surtout entre la fin de l’Ancien Régime et les années 1840/1850. Ainsi, en 1789, le vignoble occupait encore 162 hectares, alors qu’en 1836, il ne restera que 55 hectares, avant de disparaitre dans les années 1860.

Les jugements sur la qualité des vins du Clermontois semblent variés. Le préfet Cambry, au tout début du XIXe siècle, disait « à Clermont, l’on y fait du mauvais vin », alors que quelques années plus tôt, le célèbre botanique Louis Graves affirmait que « le meilleur vin est celui de Clermont ». Et selon certains auteurs, Henri IV était un grand amateur des vins du Clermontois, en particulier la Côte Rôtie de Clermont qu’il avait goûté lors d’un séjour au château de Bulles.

Philippe de Dreux

Philippe de Dreux (1158-1217) était un noble français, évêque de Beauvais. Il était le fils de Robert le Grand, premier comte de Dreux, petit-fils de Louis VI le Gros, roi des Francs, et cousin germain de Philippe-Auguste, également roi des Francs.

Malgré sa jeunesse et son inexpérience, il se fit élire évêque de Beauvais en 1175, à 17 ans. Quelques années plus tard, il partit lors de la troisième croisade en Palestine, ayant toujours montré un intérêt particulier pour les batailles. Il fut capturé par des Sarrasins avant de racheter sa liberté.

A la toute fin du XIIIe siècle, il combattit les Anglais (après que Richard Cœur de Lion ait brisé le pacte établi entre Philippe-Auguste et Henri Plantagenet) avec son cousin roi des Francs. Philippe-Auguste, à la tête d’une armée, ravagea Berri et l’Auvergne, qui reconnaissaient l’autorité de Richard Cœur de Lion. Il désira alors continuer son périple vers la Normandie, mais Philippe de Dreux l’avait devancé. A la tête lui aussi d’une armée nombreuse, il prit Blangi et Aumale, et incendia également d’autres villes et d’autres châteaux, en récupérant au passage un immense butin. Richard, vexé et humilié, se vengea en brulant le château de Dreux.

Un peu plus tard, il fut convenu que le roi français et le roi anglais aient un rendez-vous un matin à 9h pour conclure un accord pacifique. Selon des sources, le roi Richard était arrivé à l’heure, on le pria d’attendre car le roi des Francs était devant un conseil. Richard patienta quelques heures, avant d’entrer de force. Là, Philippe de Dreux se leva, et dit à Richard Cœur de Lion : « notre seigneur le Roi de France t’accuse de foi mentie et de parjure, parce que tu avais juré et engagé ta foi de venir aujourd’hui à neuf heures t’aboucher avec lui, et que tu n’es pas venu. En conséquence, il te défie ». Richard Cœur de Lion reçu ce coup de plein fouet, et il déclara plus tard à ses fidèles que Philippe de Dreux était dorénavant « son plus irréconciliable ennemi ».

Ainsi, en mai 1197, Jean sans Terre, avec une petite armée, entra dans le Beauvaisis, ravagea les environs et attaqua le château de l’évêque de Beauvais. Celui-ci, apprenant l’attaque de son château, recruta une armée composé de fiers chevaliers, marcha en direction de l’ennemi. Il engagea un combat furieux, mais les Français perdirent cet affrontement, et Philippe le Dreux fut prisonnier et amené au roi d’Angleterre en Normandie. Il resta longtemps enfermé en prison, ce qui se comprend par la vive tension entre lui et la couronne d’Angleterre. C’est une trêve qui le libéra en 1202, après avoir juré de ne plus verser le sang. L’archevêque de Reims étant mort, Philippe de Dreux y fut élu à sa place, mais par un complot, ce vote fut annulé.

Un nouveau conflit vit le jour entre Philippe de Dreux et Renaud de Dammartin, cousin de la comtesse de Clermont qui aurait été outragée par une forteresse édifiée par l’évêque de Beauvais. Une guerre éclata donc, dans laquelle pris parti Philippe-Auguste, auprès de son cousin. Renaud s’allia donc avec les ennemis de la France, et lors de la bataille de Bouvines, alors que Philippe le Dreux refusa dans un premier temps de combattre suite à sa promesse de ne plus prendre les armes, Guillaume Ier de Normandie et ses troupes fondirent sur les chevaliers de l’évêque en les massacrant. Philippe le Dreux se saisit alors d’une massue, et frappa si fort sur la tête de Guillaume de Normandie que le casque explosa. Il assomma par la suite un grand nombre d’Anglais avec cette même massue.

Il mourut le 4 novembre 1217, ayant laissé plus le souvenir d’un soldat que d’un prêtre.

Documentation sur les Vignes et Vignobles de le ville de Clermont de l’Oise

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Le Parc du Châtellier

Le nom de « Châtellier » dérive du bas-latin castellum, qui désigne un lieu fortifié. A Clermont, le parc du Châtellier fait office de « poumon vert » de la ville, d’espace privilégié pour des promenades, des rencontres et des festivités.

Mais c’est aussi une histoire riche et séculaire.

Beaudoin Ier, premier seigneur de Clermont (mais dont les sources historiques sont quasi-inexistantes, sinon par la date éventuelle de sa mort qui serait en 1023), a sans doute dû être le premier à « aménager » le Châtellier. On peut en tout cas le penser, en comparant des ouvrages voisins architecturalement proches, datant de la même période (toute fin du Xe siècle, premières années du XIe). Il est donc le tout premier parc de la cité, où durant le Moyen Âge, de multiples jeux et loisirs s’y déroulaient.

Un extrait du dénombrement de 1373 nous donne une petite description de ce à quoi ressemblait le parc du Châtellier au XIVe siècle :« Le gardin derrière le chastel et les fossés entour et les hayes qui sont autour et environ nommez le chasteler ».

Les trois-quatre siècles suivants, il semble que la structure-même du parc ne bouge pas énormément. Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle, en 1707, que la princesse d’Harcourt rachète le comté de Clermont et transforme profondément l’enceinte principale du château ainsi que le parc du Châtellier. Le sol est nivelé, deux mares sont bouchées, des tilleuls sont plantés, et à la fin du XVIIIe siècle, le jeu de paume y est délocalisé (il était alors sur l’actuelle place Vohburg).

Pendant la période révolutionnaire, de nombreuses manifestations républicaines se déroulent sur le parc. En effet, en 1789, un autel de la patrie est installé sur le jeu de paume pour divers célébrations.

En 1822, un certain Lotte des Pontes et Chaussées de la ville décrit ainsi le parc : « ce terrain est planté par allées en arbre de nature de taillis et ormes de différents âges […]. Il s’y trouve un jeu de paume vers le nord. Le tout présente une figure très irrégulière ».

Sous la restauration, le prince de Condé réclame à la ville de Clermont la propriété du Châtellier.

Cependant, en 1832 la municipalité, par arrêté préfectoral, est déclarée propriétaire immuable.

Durant toute cette période, le Rond de Danse est devenu le lieu incontournable des Clermontois, notamment pour les bals champêtres donnés à la belle saison.

Au début des années 1930, des abattages d’arbres séculaires, l’aménagement de toilettes publiques, et le projet de construction d’une salle de sport inquiètent les membres de la Commission Départementale des Sites, qui propose le classement du parc. Cela se fera par décret d’application en 1933, complété quatre ans plus tard par un autre décret définissant une zone de mise en valeur et de protection de la promenade du Châtellier.

Princesse d’Harcourt

Françoise de Brancas, princesse d’Harcourt et comtesse de Clermont, est née en 1652, aînée de Charles de Brancas et de Suzanne Garnier. La famille de Brancas descend d’une longue lignée venue de Naples, les Brancaccio. Elle épousera Alphonse Henri, comte d’Harcourt et membre de la maison de Lorraine, qui sera connu sous l’appellation « Prince d’Harcourt ».

C’est en 1707 que Françoise de Brancas achète pour 340 000 livres le comté de Clermont (ainsi que plusieurs châtellenies). Elle fera ainsi du donjon de Clermont sa résidence principale, ce qui, par de nombreux travaux d’aménagement, mettra fin au rôle militaire de la place. Les terrains aux alentours du donjon deviennent le parc du châtellier.

Elle s’est distinguée dès le début du XVIIIe siècle pour des actions de bienfaisance. « Soulagement des infortunes », soins et éducation des enfants de l’hôpital, pour lequel elle offrira une rente annuelle de 400 livres…

Un des témoignages de ses contemporains les plus célèbres est le portrait, fort peu élogieux, qu’en dresse Saint-Simon :

« Cette princesse d’Harcourt […] avait été fort belle et galante; quoiqu’elle ne fût pas vieille, les grâces et la beauté s’étaient tournées en gratte-cul. C’était alors une grande et grosse créature, fort allante, couleur de soupe au lait, avec de grosses et vilaines lippes, et des cheveux de filasse toujours sortants et traînants comme tout son habillement. Sale, malpropre, toujours intriguant, prétendant, entreprenant, toujours querellant et toujours basse comme l’herbe, ou sur l’arc-en-ciel, selon ceux à qui elle avait affaire; c’était une furie blonde, et de plus une harpie ; elle en avait l’effronterie, la méchanceté, la fourbe et la violence ; elle en avait l’avarice et l’avidité ».

Elle meurt 1715, dans sa sépulture du couvent des Augustines à Harcourt, où on peut lire : « Ici repose très haute très puissante et très illustre Françoise de Brancas de Bresons…».

Gare de Clermont de l'Oise

La gare de Clermont-de-l’Oise est une gare ferroviaire de la ligne Paris Nord – Lille, qui traverse ces trois régions que sont l’Île-de-France, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais.

Le 9 mars 1844, les conseillers généraux de l’arrondissement de Clermont décidèrent de l’emplacement de la future station. Cinq mois plus tard, le préfet accorda l’adjudication des travaux de construction.

C’est le 1er janvier 1846 qu’un train composé de trois voitures quitta Paris pour arriver en gare de Clermont. A son bord, plusieurs personnalités, dont le duc de Mouchy, et surtout le baron James de Rothschild, créateur de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. Le trajet dura trois heures.

La cérémonie d’inauguration officielle eut lieu quelque temps plus tard. Le 14 juin 1846, un premier convoi de 200 personnes s’arrêta à Clermont. Parmi ces voyageurs se trouvaient les ducs de Nemours et de Montpensier. Tous les officiels de la ville accueillirent les deux fils de Louis-Philippe. Pour cette arrivée, au-dessus du perron de la station, flottait une banderole ayant pour inscription «Inauguration du chemin de fer du Nord – Aux princes français. La ville de Clermont-Oise ».

Cette présence « royale » fut un grand succès dans la ville. Les Clermontois se pressaient pour apercevoir la descendance du Roi des Français. La foule clamait des « Vive le Roi », ou des « Vive les Princes ».

L’accès de la gare pour le grand public débuta le 20 juin 1846. Quatre convois par jour devaient passer par Clermont, dans les deux sens. A cette époque-là, en partant de Clermont, se rendre à Paris prenait 2h42, alors que pour aller à Amiens le temps à compter était de 1h58.

Aujourd’hui, la gare de Clermont accueille toujours un nombre important d’usagers. En 2013, la SNCF recensait 2584 voyageurs par jour.

James de Rothschild

Le baron James de Rothschild, né le 15 mai 1792, est un banquier français. Il est le fondateur de la branche française, dite « branche de Paris », de la famille Rothschild.

Il arrive à Paris en 1811, et quatre ans plus tard, après avoir spéculé sur la chute de l’Empire, il crée l’établissement financier « MM. de Rothschild Frères ». Il finance alors la coalition européenne anti-Napoléon, puis apportera les liquidités nécessaires à Louis XVIII.

Par sa fortune, il aidera considérablement le gouvernement de la Restauration, celui de la Monarchie de Juillet, et son importance transcendera même les frontières, puisqu’il financera aussi la Belgique, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Autriche, les Etats-Unis…

Il est aussi connu pour être un pionnier en matière de chemins de fer. Il crée en 1845 la « Compagnie du Chemin de Fer du Nord », fortement rentable pour le baquier. Cette compagnie exploite le réseau ferroviaire du Nord de la France de 1845 à 1938.

Sous la Monarchie de Juillet, il est, avec le Roi, l’homme le plus riche de France.

James de Rothschild inspira de nombreux écrivains du XIXe siècle, que ce soit Stendhal (avec François Leuwen), Zola (avec Gundermann), ou encore Balzac avec le personnage récurent du baron de Nucingen. Il symbolise dans cette littérature l’avènement de la finance à grande échelle, en adéquation avec la Monarchie de Juillet.

Il meurt le 15 novembre 1868 d’une jaunisse, en laissant derrière lui une fortune de 150 millions de francs-or, et une collection de 65 tableaux de maîtres.

Espace Culturel Séraphine Louis

L’espace culturel Séraphine Louis a été inauguré au mois d’avril 2006, à l’occasion de la première exposition qui y a été proposée au public.

Cet immeuble a été acquis par la ville de Clermont en 1991 et, à partir de 1999, la restauration de l’intérieur a été entreprise par des jeunes en stage d’insertion sociale et professionnelle, et ce jusqu’en octobre 2005.

Dans un premier temps, ces locaux devaient avoir vocation de « maison des associations ».

L’espace culturel Séraphine Louis est localisé au pied des vestiges de la face orientale du donjon du château médiéval des comtes de Clermont. La construction de cet édifice remonte à l’extrême fin du XIe siècle ou au premier quart du XIIe siècle, et a fait l’objet d’une élévation et d’aménagements entre le XIIe et le XIXe siècle.

C’est au cours de cette dernière période que le site du château médiéval va être profondément bouleversé par les travaux de construction de la prison selon l’ordonnance du 21 juin 1826 signée de Charles X. C’est de cette campagne de travaux que l’on peut dater les pavillons à tableaux de briques et harpes de pierres qui s’élèvent de part et d’autre de l’actuelle rue du Donjon. Celui dans lequel a été aménagé l’espace Séraphine Louis était le siège de la direction de la prison comme l’atteste le panneau gravé encore en place sur le mur sud du pavillon. Le premier directeur, monsieur Marie Duruisseau, était précédemment à la tête de la maison centrale du Mont Saint Michel.

Aujourd’hui, ce qui est devenu l’espace culturel Séraphine Louis accueille des expositions artistiques (peinture, sculpture, photographie…), thématiques (histoire, géographie, culture, politique…) ou encore des conférences sur des thèmes variés.

Séraphine Louis

Séraphine Louis (dite Séraphine de Senlis) est née en 1864 à Arsy, entre Compiègne et Clermont, dans une famille d’ouvriers agricoles. Elle est devenue orpheline à 6 ans, cumulant dès lors des petits métiers (bergère, femme de ménage…). En 1881, elle entre comme servante au couvent Notre-Dame de la Providence à Clermont, où elle reste jusqu’en 1903, lorsque de nouvelles lois excluent les religieuses de cet établissement catholique privé. Elle trouve alors des emplois de femme de ménage chez des bourgeois à Senlis. C’est à cette époque qu’elle commence à peindre. En 1912, une de ses natures mortes attire l’œil professionnel de Wilhelm Uhde, collectionneur et critique d’art, qui découvre son talent et l’encourage à peindre. En 1927, elle participe pour la première fois à un salon de peinture, à Senlis, en compagnie d’artistes amateurs de la région. Elle y expose trois grandes toiles.

Dès lors, aidée financièrement par Wilhelm Uhde, elle peut consacrer tout son temps à la peinture et produit des toiles de plus en plus grandes.

A la fin des années 20, elle est atteinte de troubles psychiatriques qui vont aller en s’aggravant et c’est ainsi qu’elle va être internée à l’Hôpital Psychiatrique de Clermont en 1932.

Elle meurt en 1942, et sera inhumée dans la fosse commune du cimetière de Clermont, et recevra comme épitaphe : « Ici repose Séraphine Louis Maillard sans rivale, en attendant la résurrection bienheureuse ».

Le musée de Senlis conserve quelques-unes de ses œuvres représentant des bouquets de fleurs aux coloris très puissants. Ses créations sont rattachées à l’art naïf, composées surtout de fleurs, de fruits, d’arbres…

La ville de Clermont a choisi de dédicacer son espace culturel à la mémoire de Séraphine Louis, cette artiste régionale à l’histoire romanesque, ayant passé plus de vingt ans de sa vie à Clermont.