Communiqué du Maire – 1er novembre 2020 : “Face à l’injustice, ne pas céder aux sirènes de la démagogie” – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Communiqué du Maire – 1er novembre 2020 : “Face à l’injustice, ne pas céder aux sirènes de la démagogie”

Depuis vendredi minuit, la France vit un nouveau confinement. Une décision prise par le président de la République, pour répondre aux chiffres préoccupants des nouveaux cas de COVID répartis sur tout le territoire national, pour faire face à un nombre de lits en réanimation de plus en plus surchargés.

A contrario du premier confinement, il a été décidé de ne pas paralyser complètement l’économie du pays, les activités professionnelles étant maintenues ; ni de fermer les écoles, afin de ne pas créer de lourds handicaps éducatifs et sociaux pour les plus jeunes de nos concitoyens. Nous pouvons nous réjouir de ces décisions.

Néanmoins, une polémique enfle, sur les conséquences d’un tel confinement pour les commerces, qui font la force de nos centres-villes, qui sont tout autant porteurs de dynamisme que d’emplois de proximité pour des bourgs comme Clermont.

Je connais la richesse des activités de nos TPE/PME, et je connais leur détresse. C’est pourquoi, lors du premier confinement, j’avais pris la décision, avec mes homologues de la communauté de communes du Clermontois, de créer un fonds de soutien économique d’un montant de 300 000 €, soit sous la forme d’une aide directe, soit sous la forme d’un prêt à taux zéro pour les commerçants et les artisans de Clermontois. Je n’oublie pas l’exonération des droits des terrasses pour les cafés et restaurants de la commune ainsi que la possibilité offerte d’étendre la surface de ces mêmes terrasses.

Nous ne pouvons que constater que le choix de favoriser les grandes surfaces au détriment du commerce de proximité amène un sentiment, parfaitement justifié, d’un « deux poids, deux mesures ». Peu avant ce nouveau confinement, tout semblait être fait pour redynamiser les centres-villes, aussi ce choix est perçu comme punitif, et surtout comme de la concurrence déloyale.

Je sais que les réseaux sociaux se sont fait l’écho d’arrêtés pris par des maires d’autres communes pour autoriser l’ouverture des boutiques en ville. Plusieurs commerçants de notre cité nous ont contactés pour que nous fassions de même. L’honnêteté et la responsabilité de l’élu que je suis m’obligent à ne pas céder à une communication démagogique. Le choix du gouvernement de fermer les commerces non-alimentaires s’est matérialisé par un décret. Le pouvoir du maire ne peut se faire que par arrêté.

En France, il y a une hiérarchie des textes, dans la pyramide du droit. Un décret est supérieur à un arrêté, aussi il est impossible pour un arrêté de s’opposer à un décret, sans être considéré comme illégal. Le seul risque alors, si je m’étais prêté à ce jeu, serait de faire croire à nos commerçants qu’ils peuvent passer outre la décision de l’Etat, quand il n’en est rien. On m’imputerait alors la responsabilité de sanctions à leur encontre, à juste titre.

Néanmoins, il n’est pas question pour la municipalité de rester les bras croisés. Lors de son allocution de mercredi dernier, le président de la République a expliqué qu’il prendrait en compte les remontées des élus locaux.

J’ai appelé Monsieur le sous-préfet de l’arrondissement de Clermont, pour lui faire part de notre opposition face à ce « deux poids, deux mesures » je ne doute pas qu’il fera remonter cette colère sourde ressentie par nos commerçants, que je sais ne pas être le seul à partager. Si c’est pour avoir un avenir où les seuls achats ne pourraient se faire que dans les hypermarchés en périphérie des communes alors que nos centres-villes seraient déserts, nous, maires de France, nous devons montrer frontalement notre opposition face à cette injustice. Pour ma part, profondément attaché à ma ville et à ses activités, je me battrais pour que la justice et l’équité soit défendues.

La survie des commerçants, de nos TPE/PME, dépend des choix prochains du gouvernement. Un aveuglement de leur part, et c’est la mort de tout un pan de notre économie nationale, dont il faudrait des décennies pour s’en remettre.

Vous pouvez compter sur votre maire et la municipalité pour défendre notre commerce de proximité.

Lionel OLLIVIER
Maire de Clermont,
Président du Pays du Clermontois

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