98ème anniversaire de l’Armistice de 1918, vendredi 11 novembre 2016 – Vidéo de la cérémonie – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

98ème anniversaire de l’Armistice de 1918, vendredi 11 novembre 2016 – Vidéo de la cérémonie

98ème anniversaire de l’Armistice de 1918, vendredi 11 novembre 2016

98ème anniversaire de l’Armistice de 1918, le vendredi 11 novembre 2016, 12h, Monument aux Morts – Square du Souvenir Français.

A l’issue de la cérémonie, un hommage sera rendu à Charles Troufleau, écrivain, né à Clermont en 1878, décédé en 1916 sur le front d’Orient.

La famille Troufleau 

Les Troufleau sont originaires d’Eure-et-Loir. Fils d’instituteur, Etienne Troufleau, le père de Charles est nommé en 1857 au collège de Chartres. En 1861, à 33 ans, il se marie. Il est nommé au collège de Meaux. Jules, premier enfant, y naît. Il reprend une institution d’enseignement privé et de pension de garçons à Paris. 3 enfants naissent à Paris : Louise, Juliette et André.

Etienne revient à l’enseignement public, professeur au collège d’Abbeville, puis principal à Clermont (1875), à Sées (1878), à La Rochefoucauld (1885), avant de prendre sa retraite à Béziers. Il rejoint ses filles à Brest probablement avant 1899 où veuf, il décède en 1919.

L’aîné, Jules Troufleau, né en 1862 à Meaux, agrégé de grammaire en 1890, sera proviseur au Lycée de Cherbourg, où il décède en 1902 âgé d’à peine 41 ans.

Maxime Troufleau (°1887), prisonnier pendant 1ère Guerre mondiale, termine sa carrière Directeur des Contributions directes. Chevalier de la Légion d’Honneur.

Etienne Troufleau (°1892), journaliste, avocat un temps à Tahiti, romancier connu sous le pseudonyme de Jean Dorsenne. Décoré de la Légion d’Honneur en 1933. Entre dans la Résistance, fait de la radio clandestine, écrit dans Libération. Arrêté en 1942 par la Gestapo, il meurt en 1945 à Buchenwald. Son nom est au Panthéon à côté de celui de Saint-Exupéry.

Au décès de leur père, Maxime et Etienne seront élevés par leur tante Louise.

Louise Troufleau, née en 1868 à Paris. Agrégée de lettres, elle est en 1894 – âgée de 26 ans à peine – directrice du Collège Jeanne Hachette à Beauvais ouvert en 1892. En 1897 – à 29 ans – elle est directrice du Lycée de Jeunes Filles de Brest. Elle écrit de nombreux ouvrages pédagogiques et publie des poèmes sous le nom de Camille Santerre. Officier de l’Instruction publique en 1903, Chevalier de la Légion d’Honneur en 1914, j’ai trouvé un entrefilet dans La République de l’Oise du 19 janvier 1913 à l’occasion de sa remise de Légion d’honneur, dans la même promotion que Sarah Bernhardt. On ne l’avait pas oubliée, sauf peut-être son prénom… Louise succombe à 52 ans d’une longue et douloureuse maladie en 1920.

La troisième, Juliette Troufleau, née à Paris en 1870, institutrice au Lycée de Brest que dirige sa sœur. Elle sera sa secrétaire et sa garde-malade. Retraitée en 1934, elle meurt en 1956 à Brest.

Le quatrième, Albert Troufleau, né à Paris en 1873, termine sa carrière militaire chef de bataillon commandant le Bureau de Recrutement de Marmande. Chevalier de la Légion d’Honneur en 1920, promu Officier en 1929, retraité la même année. Sa fille épouse en 1917 un blessé et amputé de guerre, Médaille militaire et Croix de Guerre, agrégé de grammaire, professeur au collège de Libourne.

Nous arrivons à Charles Troufleau, né le 20 juillet 1878 à Clermont (Oise) au n°13 rue de Mouy, aujourd’hui rue Vienot, probablement un logement de fonction.

Son père sera muté à Sées à la rentrée de septembre. Charles n’a que 2 mois … Très court séjour à Clermont…

Charles Troufleau

Première source l’Anthologie des écrivains morts à la guerre. Sa notice est de Pierre Lafenestre, poète et homme de théâtre. Ils ont le même âge et se sont connus au Lycée Lakanal. Autre source : une belle biographie, par Pierre Flottes, un de ses anciens élèves de khâgne à Bordeaux. D’autres documents, notamment sa fiche matricule aux Archives du Finistère, nous ont aidés pour cette biographie.

Charles fait ses études à Montpellier, au collège de Beauvais, puis en 1895 au Lycée Lakanal à Sceaux où, boursier, il fait sa rhétorique et sa terminale puis khâgne. En 1897, il intègre Normale Sup, 5ème au concours et remporte la même année le prix d’honneur du Concours général. Licencié ès lettres en 1899, il est agrégé de lettres en 1900.

Il passe le Conseil de Révision à Brest en 1899 et est incorporé au 19ème Régiment d’Infanterie à Brest en novembre 1900. Sa fiche matricule donne une idée de son physique. 1m77, les cheveux et les sourcils châtains, les yeux marrons, le front ordinaire, le nez aquilin, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale. Nommé caporal en mai 1901, il est libéré en septembre de la même année.

En 1902, Il est professeur au Lycée d’Angers. Il épouse Emélie Hublet le 24 octobre 1903 à Juigné-sur-Loire (Maine-et-Loire). Il a 25 ans, elle a 28 ans, sans profession, ses parents sont commerçants à Cholet.

Charles est muté au Lycée de Belfort. Il est promu sous-lieutenant de réserve en 1904, lieutenant de réserve en 1909. En octobre 1912, il est nommé au Lycée de Bordeaux. Voici une photo de classe.

Son élève Pierre Flottes fait une description très vivante de son professeur de grec et de thème latin :

[…] avec sa moustache relevée, ce je ne sais quoi de militaire et de dégagé qui émanait de toute sa personne, il nous en imposait. Je dis : militaire, sans rien d’impérieux. Son regard était à la fois pénétrant et voilé. Ce regard nous dénudait et nous fouillait […] C’était le regard d’un homme d’action et celui d’un homme de rêve : Charles Troufleau était l’un et l’autre. Sa voix savait donner des ordres, mais elle était mesurée et sonore comme celle d’un poète qui peut devenir orateur. Tour à tour caressante, ironique, véhémente, elle aussi trahissait la richesse de l’homme.

Charles Troufleau, écrivain

En 1902, il publie sous le simple titre Vers, des poèmes d’inspiration romantique, une œuvre juvénile avec des sonnets de forme très sûre, marquée de mysticisme selon Pierre Flottes.

En 1907 c’est un Manuel de littérature française de 510 pages à l’usage des candidats au bac. Sa sœur Louise publie chez le même éditeur des ouvrages scolaires.

En 1910, paraît Ici commence, autre recueil de vers. Lafenestre relève ces vers prémonitoires :

Nous attendons encore l’heure de la bataille…
Celui-ci ne dit mot, ce matin ; lui qui raille
Toujours, semble aujourd’hui rêver. Rêver… à quoi ?
Qui de nous deux vivra ce soir ? Est-ce que moi… ? […]

Dans une nécrologie parue en novembre 1917 dans le Bulletin de la Société des Poètes français, sa sœur Louise écrit à propos de cet ouvrage : « Il prédisait la grande guerre de 1914 dans tous ces traits caractéristiques et appelait de ses vœux la mort glorieuse qu’il devait trouver ».

En 1911, il écrit dans le journal Les Droits de l’Homme. Voici une citation où il donne sa vision du poète :

Il faut que le poète soit quelqu’un, soit un homme, non au-dessus des hommes, mais parmi les hommes : il faut qu’il ait de meilleurs yeux, une tête plus saine, une raison plus droite que les autres : il faut qu’il les dépasse, mais en suivant la même route, il faut qu’il leur soit supérieur, mais en simplicité, et en humanité (23 avril 1911)

Entre les murs, étude pour un poème social sort en 1912, un ouvrage écrit en alexandrins, Pour Pierre Flottes, cette œuvre était l’ébauche d’une œuvre plus vaste qui ne pourra être achevée.

La Guerre éclate

Le 2 août 1914 le lieutenant Troufleau est mobilisé au 42ème RI à Belfort. Louise écrit « Il quitta avec joie ce milieu intellectuel qu’il aimait pourtant et où il était aussi aimé qu’apprécié pour prendre son épée de lieutenant et courir à la frontière d’Alsace, […] Car cet universitaire était soldat dans l’âme… ».

Le 42ème RI, caserné à Belfort et Giromagny, fait partie du 7ème corps d’armée. Début août, il défend Belfort, mais dès le 6, le général Paul Pau, commandant l’Armée d’Alsace, attaque par la trouée de Belfort et la Plaine d’Alsace, objectif remonter vers Colmar et Sélestat, détruire les ponts du Rhin et tenir Neuf-Brisach. Charles va combattre autour de Mulhouse.

Passons sur les détails des opérations. Après une reconquête territoriale en Alsace, les Français doivent se replier le 24 août, du fait des défaites en Moselle, à Morhange et Sarrebourg.

Le gros des troupes part pour la Somme. Charles est versé au 242ème RI caserné à Belfort, qui se retrouve engagé dans le Sundgau au sud de Mulhouse.

7 mars 1915, Charles est promu capitaine de réserve à titre définitif au 242ème RI.

Octobre 1915 : Charles s’embarque pour l’Orient le 10 octobre 1915 sur le Burdigala pour soutenir l’armée serbe. Débarquant à Salonique le 21, le régiment part pour Krivolak à 140 km au N.O. par la voie ferrée longeant le Vardar.

Passons sur les actions de novembre et décembre sur la Cerna et du côté de Merzen. Les déplacements se font à dos d’ânes et de mulets par un froid glacial. Le combat de Furka le 11 décembre vaut à Charles Troufleau sa première citation :

A combattu l’effort ennemi jusqu’à la retraite imposée au reste de la ligne, tenant l’ennemi en respect, ramenant tous ses blessés par une marche longue et pénible en pays montagneux, par des sentiers à peine frayés, trompant la vigilance d’un ennemi très supérieur en nombre jusqu’à l’accomplissement de la mission confiée. 

Reprenons Pierre Flottes :

Au professeur élégant, au poète mélancolique succède l’officier à cheval, botté et casqué. Ce personnage chez Péguy parlait depuis longtemps ; chez Troufleau il dormait. Le voilà debout, et il occupe désormais tout le champ de la conscience, au prix, peut-être d’un combat secret. […]. De ce combat de Furka, où il a entendu les balles sonner sur son casque, il n’a pas un mot pour sa femme (il a rédigé un récit détaillé qu’il a gardé pour lui). Et pourtant, il lui écrit tous les jours. De la seule année 1915, nous avons plus de 300 lettres.

Le régiment est cité à l’ordre de l’Armée le 4 janvier 1916. Le 1er avril, Charles est promu capitaine adjudant-major commandant un bataillon.

Août 1916 : Charles est à la frontière bulgare. Les Bulgares occupent les montagnes dominant Florina (N.O. de la Grèce) et font leur entrée en territoire grec les 17-18. Dans le même temps, ils envahissent la Macédoine orientale dans le cadre d’une offensive généralisée.

Septembre 1916 : le général Maurice Sarrail déclenche une offensive sur Florina, qui sera prise le 17.

Ecrite le 19, une des dernières lettres de Charles à son épouse :

Nous faisons trente kilomètres par jour. Tous les ponts sont détruits, la route s’effondre et glisse dans le torrent, à moins que la montagne ne s’effondre elle-même et ne glisse sur la route. Les chevaux regardent sagement où poser leurs pieds. Et moi, je me laisse aller distraitement à leur allure, l’esprit, le cœur ailleurs, avec toi…

Le 21, sur des pentes rocheuses entre Florina et Pisoderi, près de la chapelle Saint-Elie, Charles se porte en première ligne à la tête de ses troupes lors d’une contre-attaque bulgare. Atteint par une balle, il tombe. Pris par les Bulgares, il est laissé sans soins, on dit même maltraité. Il est dégagé par ses troupes folles de rage.

Voyons sa fiche matricule : Plaie de la face postérieure du thorax à gauche de la colonne vertébrale, parésie des membres inférieurs. On se le représente le haut du corps tourné vers ses hommes pour les galvaniser, atteint d’une balle dans le haut du dos.

Gravement blessé il écrit encore à sa femme, lui montrant son amour et cherchant à la rassurer, parlant d’une éraflure à l’omoplate.

Il succombe à 16h30 le 27 septembre. Il a 38 ans.

Sa citation – avec proposition pour Croix de guerre avec palmes – est éloquente :

Officier particulièrement courageux, ayant un absolu mépris du danger. Au cours d’une violente contre-attaque, a été blessé mortellement au moment où, quittant son PC, il se portait sur la première ligne pour encourager ses hommes par sa présence. 

Il repose au cimetière militaire de Bitola en Macédoine (à l’époque Monastir en Serbie, lieu emblématique du Front d’Orient). Cette nécropole contient les tombes de plus de 6000 « Poilus d’Orient » et les restes d’autres Poilus dans deux ossuaires de 5 000 corps chacun.

En 1915 Charles aurait écrit un drame alors que sa division était au repos, Amphitryon ou la Nuit divine, évoquant Alcmène, restée au foyer et abusée par Zeus, alors que son époux Amphytrion guerroie. Il en parlait dans une lettre de février 1916 adressée à Lafenestre.

Le héros célébré

La mort de Charles Troufleau est évoquée dans un discours sur l’engagement des enseignants dans la guerre, prononcé en 1922 à l’Assemblée Nationale. Mais c’est son très beau poème La Lettre qui va le faire connaître de la postérité. Lafenestre l’a proposé dans l’Anthologie. Inédit en 1924, envoyé du front d’Alsace fin octobre 1914, il est largement repris jusque dans les années 30. En voici les premiers vers :

J’aurais voulu t’écrire une lettre très belle,
Une lettre à relire un jour entier tout bas ;
Mais j’ai la tête vide, et la phrase rebelle,
Et les grands mots, vois-tu, je ne les aime pas.
J’aurais voulu t’écrire, avec toute mon âme […]

La Lettre sera déclamée à l’occasion de la célébration de l’Armistice : dans les théâtres à Toulouse, à la Comédie Française et en 1928, à une grande manifestation organisée par la Ville de Paris pour le 10ème anniversaire de l’Armistice.

Elle sera publiée dans les journaux Le Journal des Mutilés et des Réformés (1925) ; Le Combattant des Deux-Sèvres (1929) ; L’Ouest-Eclair (1929), Le Journal des Veuves et des Orphelins (1930), Le Cri du Combattant (1930), Le Figaro (1931). Le Cri du Poilu innove en 1932 avec son poème Soyons, si tu veux, tout près malgré l’absence, écrit peu avant le départ pour la Serbie. En novembre 1935, La Lettre sera publiée dans La Tranchée, juste au-dessus d’un article intitulé Le tragique bilan de la « dernière » guerre : 4 tués à la minute, 240 par heure, 6 400 par jour…. 1 Français sur 27, 1 Allemand sur 30, 1 anglais sur 57….

La radio n’est pas en reste. Radio Paris 1930, Bordeaux-Lafayette 1933. La Lettre a été enregistrée par Jeanne Boitel, sociétaire de la Comédie française.

Le Cri du Poilu, en septembre 1938, reprend in extenso l’article de 1929 de l’Ouest-Eclair

Charles Troufleau figure dans l’Anthologie des écrivains morts en 1914-1918, son nom est gravé au Panthéon. Il a aussi une allée à son nom dans la forêt domaniale commémorative des écrivains combattants de Lamalou-les Bains inaugurée en 1938. Son nom fait face à celui de Robert d’Humières parmi 65 stèles. Son neveu Jean Dorsenne y a également sa stèle.

Source : Roger Puff

Poème La Lettre

Poème La Lettre qui va faire connaître Charles Troufleau de la postérité. Pierre Lafenestre a proposé dans l’Anthologie ce très beau poème pour illustrer l’œuvre de Charles Troufleau

J’aurais voulu t’écrire une lettre très belle,
Une lettre à relire un jour entier tout bas ;
Mais j’ai la tête vide, et la phrase rebelle,
Et les grands mots, vois-tu, je ne les aime pas.

J’aurais voulu t’écrire, avec toute mon âme,
Une lettre très tendre, à lire sans témoins ;
Mais je mets, quand je pense à toi, ma pauvre femme,
Les deux mains sur mon cœur pour qu’il batte un peu moins… 

J’aurais voulu t’écrire, et voici que je pleure ;
Je ne saurais aller sans un sourire au feu,
Ni t’écrire sans larme, hélas ! tant à cette heure
Notre moindre parole a le son d’un adieu.

J’aurais voulu t’écrire, et que puis-je te dire ?
Que la terre se creuse et rejaillit là-bas,
Que l’air froid du matin gémit et se déchire ?
Tu tremblerais pour moi, qui ne le voudrais pas. 

Que te dirais-je encore ? Que la lune et la brume
Sont un toit que mes yeux sont lassés d’admirer,
Que les nuits ont, sans toi, comme un goût d’amertume ?
Tu pleurerais peut-être ; il ne faut pas pleurer…

De quoi donc te parler ? Du mur qui s’ouvre ou tombe,
De ce seuil profané, sans porte et sans gardien,
De ce foyer désert, triste comme une tombe ?
Tu ne sentirais plus la tendresse du tien.

Je n’en parlerai pas ; tu n’auras pas la lettre
Que je rêvais d’écrire en veillant cette nuit ;
Et du reste, à quoi bon écrire et comment mettre
Et ma vie et mon cœur en quatre mots d’écrit ?

Tu les as tout entiers, à jamais : je me donne
A toi plus que jamais, sur ce sol, en ce jour ;
Mon âme est toute à toi, mon âme s’abandonne
Plus à toi dans la mort encor que dans l’amour.

Car nous sommes tous deux à notre place sainte.
Nous n’avons plus qu’un cœur à tout jamais uni.
Toi, dans l’attente fière et qui n’est pas la crainte,
Moi, dans les fiers combats qui ne sont pas l’oubli.

Nous nous tenons tous les deux de près, comme se tiennent
Tous ceux du même rang dans un chemin étroit ;
Tous deux nous écoutons les mêmes pas qui viennent,
Le même grondement qui s’éloigne et décroit…

Et, si l’un s’affaissait dans la boue et la gloire,
L’autre, debout, verrait avec ses yeux si doux,
De tranchées en tranchées, avancer la Victoire,
Lente, mais immortelle, et calme comme nous.

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