Le Maire et la Municipalité – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Le Maire et la Municipalité

Toutes les coordonnées et horaires de permanences de Monsieur le Maire/Président de la Communauté de Communes du Clermontois, et des Maires Adjoints.

Pour laisser un message cliquez ici, pour un rendez-vous les permanences vous sont ouvertes.

LIONEL OLLIVIER

OLLIVIER Lionel
Maire de Clermont et Président du Pays du Clermontois.

PHILIPPE BELLANGER

BELLANGER Philippe
Maire-Adjoint chargé de l’Urbanisme et du Patrimoine.

EVELYNE BOVERY

BOVERY Evelyne
Maire-Adjointe chargée des Affaires Sociales et de la Santé

PASCAL DIZENGREMEL

DIZENGREMEL Pascal
Maire-Adjoint chargé des Finances et des Sports

XAVIER DELCROIX

DELCROIX Xavier
Maire-Adjoint Chargé du Temps de l’Enfant.

MARTINE DECHAUMONT

DECHAUMONT Martine
Maire-Adjointe chargée de la Démocratie Locale

BERNARD TANTOST

TANTOST Bernard
Maire-Adjoint chargé de l’Animation de la Ville et du Commerce

FRANCOISE FOURNIER

FOURNIER Françoise
Maire-Adjointe chargée de l’Administration Générale et de l’Etat Civil.

FRANCK MINÉ

Franck Miné
Maire-Adjoint au Développement Durable.

PATRICE HERBET

HERBET Patrice
Maire-Adjoint chargé des Travaux.

CORALIE JACQUOT

Coralie JACQUOT
Conseillère municipale déléguée à la Culture.

CHRISTIAN WALRAND

Christian WALRAND
Conseiller Municipal délégué au Personnel.

Serge LAMBERT

Serge LAMBERT
Conseillers Municipal délégué au Développement Durable.

Discours et Cérémonies

Discours : Général Pershing - Dimanche 11 novembre 2018

Mesdames, Messieurs,

Nous voici réunis ici, nombreux à Clermont, comme dans de nombreuses villes, de nombreux pays à travers le monde, en ce dimanche 11 novembre 2018.

Comme ailleurs, notre monument aux morts devient pour quelques instants le cœur de notre commune.

En nous rassemblant tous ensemble, autour de ce monument érigé « à la mémoire des enfants de Clermont morts pour la France », c’est un moment de rencontre entre nous, Clermontois, que nous organisons, et c’est aussi un moment de souvenir avec ceux qui nous ont précédés, ceux qui ont vécu dans les mêmes lieux, traversé les mêmes rues, regardé les mêmes monuments historiques qui servent de repères, dans une ville qui a eu la chance et le goût de les préserver.

Se rassembler autour du monument aux morts, c’est arrêter un instant le temps qui passe, remonter le temps passé, s’abandonner également à imaginer l’avenir, en espérant que l’Homme s’améliore, en souhaitant que ne se reproduisent plus les immenses et douloureux sacrifices qui ont ponctué l’histoire de notre pays, le destin de notre continent.

Aujourd’hui 11 novembre 2018, nous célébrons le centenaire de l’arrêt des combats de la première grande tuerie industrielle, que l’humanité ait connue.

Nous commémorons cet espoir de paix, soulevé à la fin de celle qui devait être « la Der des Der », tant elle avait marqué d’horreur tous ses contemporains.

A Clermont, aujourd’hui, nous avons voulu encrer davantage encore cette histoire, en rappelant ce qu’elle a pu être, ici, dans notre ville, dans nos rues, dans nos murs.

Nous avons voulu, dans la lignée de nos prédécesseurs, rappeler une rencontre, un moment furtif mais précieux dans l’histoire de la Grande Guerre. Un moment où les principaux décideurs de notre pays ont reçu le chef des armées américaines en Europe. Et c’est ici, à quelques centaines de mètres, dans cette rue, que cette rencontre s’est tenue, le 28 mars 1918.

Le Général Pershing est venu à Clermont ce jour-là pour donner de l’espoir aux armées alliées et prévenir l’Empire allemand de la détermination de son pays à combattre jusqu’à la victoire finale.

« Tout ce que nous avons est à vous ! »  déclara, ce jour-là, le Général Pershing au Général Foch, qui allait être nommé quelques jours plus tard à Beauvais commandant unique des forces alliées.

Pour bien comprendre la portée symbolique de ces paroles, il me faut rappeler en quelques minutes le contexte historique dans lequel elles s’inscrivent.

Vous vous souviendrez ainsi pourquoi la rue de la gare fut baptisée, un jour, rue du Général Pershing.

Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre le 4 avril 1917, cela fait déjà 31 mois que la guerre ravage l’Europe. Cinq millions de personnes, essentiellement des soldats, sont déjà morts.

Cette guerre est déjà hors norme, la plus meurtrière que l’humanité ait organisée ! On parlera d’un suicide collectif de notre continent, car dans l’équilibre des forces mondiales, plus rien ne sera comme avant.

Restés longtemps neutres, les USA entrent à leur tour dans ce grand carnage, à la suite du blocus maritime organisé par l’Empire allemand, pour asphyxier le ravitaillement des peuples anglais et français.

En effet, l’économie de ces deux pays s’est entièrement tournée autour de l’effort de guerre. Les hommes en âge de combattre ne sont plus dans les usines ni dans les champs, l’industrie comme les transports sont entièrement consacrés à la guerre. De plus, en France, les départements miniers et sidérurgiques du nord et de l’est sont aux mains de l’ennemi.

La survie des Anglais et des Français est donc assurée par les importations massives venues principalement des Etats-Unis qui, eux, ne peuvent plus commercer comme avant-guerre avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, à cause du blocus imposé cette fois par les Anglais.

Le commerce atlantique est donc vital pour l’économie des alliés, mais aussi pour l’économie des USA.

Une défaite de la France et de l’Angleterre serait catastrophique pour les Américains, car ces deux pays clients seraient dans l’incapacité de rembourser les dettes colossales qui s’accumulent.

La guerre est donc devenue inévitable pour les Etats-Unis.

Nous avons peine à le croire aujourd’hui, mais ce pays à cette époque n’a presque pas d’armée.

Alors que les Français ont mobilisé 3 500 000 combattants en 1914, les Allemands 4 millions ou les Russes 5 300 000, les Etats-Unis, qui n’ont pas de service militaire, ne disposent que de 100 000 soldats professionnels !

Alors évidemment en avril 1917, la déclaration de guerre du Président Wilson à l’encontre de l’Empereur d’Allemagne ne fait trembler personne !

Les USA ne seront pas alliés, mais associés au Royaume Uni et à la France et de plus, ils ne se reconnaissent pas en guerre contre l’Empire austro-hongrois.

C’est le général Pershing, descendant d’une famille originaire d’Alsace, qui est nommé Commandant en chef du corps expéditionnaire américain en Europe. Il reçoit pour mission de constituer une armée autonome, apte à engager ses forces lorsque lui sera attribuée une partie du front.

Les Alliés sont stupéfaits et s’impatientent, car ils voudraient que les soldats américains soient intégrés dans leurs armées, au fur et à mesure de leur arrivée en Europe. C’est ce qui est dénommé à l’époque « l’amalgame ».

Or, l’amalgame est refusé par le Général Pershing qui débarque en France en juin.

Il passe les premiers mois dans notre pays, d’une part à rassurer les autorités politiques et militaires alliées sur le soutien plein et entier de son pays, et d’autre part à organiser l’efficience d’une véritable armée, dont il chiffre rapidement le besoin à un million d’hommes, ce qui permettrait selon lui d’en verser dans les tranchées 500 000.

Il fait le tour du pays pour repérer les ports nécessaires au débarquement des troupes et du matériel, choisir les territoires pouvant accueillir les cantonnements, les zones d’entrainement, et finit par installer son propre réseau de télécommunication, le long duquel il décide d’implanter ses hôpitaux. L’armée américaine doit être autonome.

Le résultat des calculs envoyés au secrétaire d’Etat à la guerre sont effarants en matière de tonnage nécessaire pour le transport transatlantique. La flotte américaine est très nettement insuffisante.

Dans la presse, on rappelle régulièrement l’engagement des Américains, mais on ne peut montrer que des hommes à l’entraînement, d’ailleurs encadrés et armés par les Français.

Fin octobre, le front russe n’est plus qu’un souvenir puisque les révolutionnaires bolchéviques demandent une paix séparée. Le moral est au plus bas chez les Alliés. Les offensives anglaises et françaises, peu concertées, n’ont pas réussi à faire reculer les Allemands et des centaines de milliers de soldats y ont perdu la vie.

Le gigantisme des chiffres rend l’arrivée des premiers Américains à la fois porteuse d’espoir et bien vaine cependant.

Les troupes françaises ont connu des mutineries et à l’arrière, les civils n’en peuvent plus.

Sur le front italien, environ 300 000 soldats sont mis hors d’état de nuire en quelques jours, obligeant le déplacement de cinq divisions anglaises et six divisions françaises dans les Alpes, pour éviter une défaite complète de l’Italie après celle de la Russie.

En France, Clémenceau arrive au pouvoir mi-novembre et essaie à son tour d’obtenir que des soldats américains soient amalgamés aux armées françaises.

Car le temps de procéder au recensement des hommes, de trier ceux qui sont aptes, de les entraîner aux combats puis de les faire traverser l’Atlantique avec matériel et ravitaillement, à la fin de l’année 1917, il n’y a que 100 000 Américains débarqués en France et encore ¼ ne sont pas des combattants, mais servent dans la logistique arrière.

C’est donc une véritable course contre la montre que doivent livrer les Allemands débarrassés du front russe, pour acheminer leurs troupes vers la France, avant que les Américains ne puissent faire traverser l’Atlantique à une armée en formation.

Les premières divisions américaines, constituées de militaires professionnels, s’installent durant l’hiver sur une partie calme du front, en Lorraine.

Mais du côté des Alliés, on s’attend au pire pour le printemps. Incapables de lancer une grande attaque, au vu de leur infériorité numérique, ils redoutent l’offensive allemande.

En mars, les premiers conscrits américains ont fini leur instruction sur le sol de leur patrie, mais ils doivent la compléter en France, avant d’être jugés aptes à rejoindre le front.

L’arrivée du printemps est à la hauteur des craintes des Alliés :  le 21 mars, les Allemands engagent l’opération appelée Michaël, sur le point le plus fragile du front, c’est-à-dire à la jonction entre les armées anglaises et françaises, sur 80 km entre Arras et La Fère.

Après un déluge d’artillerie, d’une puissance de feu cinq fois plus élevée qu’en avril 1916 à Verdun, les Allemands enfoncent le front.

Les Anglais demandent du renfort pour protéger les ports du nord dont la chute rendrait les côtes britanniques vulnérables, tandis que les Français entendent utiliser leurs forces pour barrer la route de Paris, et éviter l’humiliation de l’invasion de la capitale, actuellement bombardée par un gigantesque canon installé dans le département de l’Aisne.

Les premiers reculent donc vers le nord, obligeant les seconds à étirer leur front pour ne pas perdre le contact et se laisser déborder par l’ennemi.

Le manque de coordination entre les Alliés est flagrant. Le 24 mars, on est en plein repli, toutes les forces anglaises sont au combat, et six divisions françaises arrivent en renfort à leur côté. Mais le général Pétain, commandant les armées de notre pays depuis son quartier général à Compiègne, ne veut pas dégarnir le front de Champagne, redoutant une autre offensive allemande. C’est ce qu’il explique au Président de la République Poincaré, au Président du conseil Clémenceau et au général Foch.

Le soir, c’est le Général Pershing qui vient à son tour à Compiègne rencontrer Pétain : devant le désastre qui s’annonce, il se dit prêt à mettre à sa disposition sans plus attendre ses divisions prêtes au combat, sous réserve, qu’elles seraient, une fois l’urgence passée, regroupées sous commandement américain.

Le 26 mars, les Alliés se rencontrent à Doullens dans la Somme. Face à l’urgence de la situation, ils reconnaissent enfin qu’une coordination est nécessaire et les Britanniques consentent à ce qu’un Français puisse détenir cette fonction sur le front occidental : c’est le Général Foch qui fait consensus pour, selon l’accord : « coordonner l’action des armées avec les généraux en chef qui sont invités à lui fournir tous les renseignements nécessaires ».

Ce n’est pas encore le commandement unique mais on s’en approche.

Le 27 mars le front est enfoncé à Montdidier : c’est la route de Paris qui va s’ouvrir pour les armées allemandes.

Le général Foch s’installe à Clermont, au quartier général du général Humbert, chef de la IIIèmeArmée.

C’est là que le général Pershing se rend pour exprimer avec force, écrira-t-il plus tard, l’offre qu’il avait faite au général Pétain à Compiègne.

Clémenceau et Pétain sont déjà présents à Clermont.

La presse, informée le lendemain par le gouvernement, reprendra les paroles prononcées par le Général Pershing au général Foch, devant Clémenceau et Pétain :

Je viens vous dire que le peuple américain tiendrait à grand honneur que nos troupes fussent engagées dans la présente bataille.

Je vous le demande en mon nom et au sien.

Il n’y a pas en ce moment d’autre question que de combattre.

Infanterie, artillerie, aviation, tout ce que nous avons est à vous.

Disposez-en comme il vous plaira.

Il en viendra encore d’autres, aussi nombreux qu’il sera nécessaire.

Je suis venu tout exprès pour vous dire que le peuple américain serait fier d’être engagé dans la plus grande bataille de l’histoire ».

Le Général Pershing adressera ensuite au Président Wilson un télégramme l’informant de sa décision, précisant qu’il ne s’agit que d’une mesure temporaire due à l’urgence de la situation.

Contre toute attente, le front résiste : le lien entre les armées françaises et britanniques n’est pas rompu.

Des cinq divisions américaines arrivées en France, seule la première va être réellement placée en zone de combat, au sud de la Somme, intégrée à l’intérieur de la Première Armée française, dont l’appui de l’artillerie lui est nécessaire.

C’est ainsi que venus de Lorraine, des Américains sont acheminés en train début avril jusqu’à la gare de Méru, puis par camion vers Beauvais pour être déployés dans la région de Froissy.

Le 26 avril, ils assurent la relève des Français devant Cantigny, à côté de Montdidier. Début mai, informés de leur présence, les batteries allemandes les pilonnent rageusement au gaz.

Quelques jours plus tard, les Américains sont chargés de prendre le village de Cantigny, bâti sur un promontoire : l’histoire retiendra qu’il s’agit de la première victoire américaine.

Les USA sont enfin lancés dans la bataille. Treize mois après leur déclaration de guerre.

Au premier trimestre 1918, les Américains arrivent au rythme mensuel de 50 à 60 000 hommes. Leur nombre double à partir du mois d’avril.

La flotte anglaise, première flotte du monde, est mise plus encore à contribution. Cela permet d’acheminer 270 000 hommes en juin et 300 000 en juillet.

La peur change de camp. D’autres offensives allemandes seront lancées durant l’été, mais le front oriental, les Balkans, qui sont à l’origine de cette Première Guerre mondiale vont obliger l’Allemagne à disperser leurs forces. En effet, la Bulgarie, alliée des Empires centraux, est envahie par les forces franco-serbes. Elle tombe, ce qui casse le lien entre l’Empire ottoman d’un côté et l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie de l’autre. La Serbie est ensuite entièrement libérée et les Alliés entrent en territoire hongrois.

En France, les Alliés non seulement repoussent les offensives allemandes mais avancent. L’impressionnant rouleau-compresseur des forces américaines est en place et entrent pleinement dans le conflit.

En Octobre 1918, c’est l’Empire austro-hongrois qui capitule puis quelques semaines plus tard, l’Allemagne.

Si elle n’avait pas changé le cours de la guerre cette rencontre entre Pershing et Foch à Clermont restait un moment fort, tant elle redonnait de l’espoir à des Alliés fatigués par des années de guerre.

Dans la mémoire nationale, cet épisode sera vu comme l’un des jalons menant à la victoire des Alliés.

Ainsi parmi les médailles commémoratives gravées pour se souvenir des moments les plus importants, l’événement clermontois sera bien présent.

De même, la citation sera reprise sur l’un des « bons points patriotiques » édités pour rappeler le souvenir de la Grande guerre dans la tête des écoliers.

En 1938, soit vingt ans après les faits, la municipalité clermontoise entendait commémorer solennellement cette rencontre, en apposant une plaque devant la maison abritant le quartier général du général Humbert, chez qui Foch s’était arrêté les 28 et 29 mars.

La cérémonie est reprise dans la presse nationale et est même radiodiffusée.

En juin 1940 commence une longue Occupation et la plaque commémorative est rapidement brisée.

Qu’importe, le 11 octobre 1944, en présence des Forces américaines de Libération, une nouvelle plaque est installée. Là encore une véritable fête est organisée, mêlant la joie de la Libération et le souvenir des combats de la Première Guerre mondiale.

C’est cette plaque mémorielle que nous avons dû remplacer parce qu’elle avait été vandalisée il y a quelques années.

Nous vous proposons donc maintenant de dévoiler la nouvelle plaque, copie des précédentes, et nous nous souviendrons à cette occasion, du rôle éminent des Etats-Unis dans les deux conflits mondiaux qui ont jalonné le XXsiècle.

Nous allons former le cortège derrière les porte-drapeaux, accompagnés de la volée des cloches de l’église, nous souvenant que l’Armistice tant attendu entrait en vigueur la 11eheure, du 11ejour du 11emois de l’année 1918. Toutes les églises de France avaient à cette heure précise sonné durant 11 minutes.

Discours : centenaire de l'Armistice - Dimanche 11 novembre 2018

Madame la Sous-Préfète,
Monsieur le Conseiller Régional,
Mesdames, Messieurs les élus,
Messieurs les Porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs,

La France, sur l’ensemble de son territoire, célèbre à l’unisson un des événements les plus marquants de son histoire moderne : la signature de l’armistice, dans la clairière de Rethondes, qui mit fin, après quatre années d’horreur, aux combats de la Première Guerre mondiale.

Le symbole reste intact, tout juste un siècle après que les représentants des Alliés, le maréchal Foch en tête, et une délégation du gouvernement allemand menée par le ministre Matthias Erzberger, aient apposé leurs signatures en bas de la convention d’armistice.

Mais tout événement a une histoire, une chronologie. Il est important de les avoir en tête, pour saisir toute la complexité des conjonctures qui nous ont amené à cet armistice. Dès septembre 1918, l’Etat-Major allemand fait savoir à l’empereur Guillaume II que la guerre est perdue. Le Kaiserne veut rien savoir, ne voulant pas prendre sur lui la responsabilité de la défaite.

En parallèle, la situation continue de se détériorer pour les Empires centraux. Un à un, tous les alliés de l’Allemagne capitulent face aux assauts de l’Entente.

La situation n’est plus tenable, pour l’Empire allemand. La question n’est plus tellement de savoir s’il faut se rendre ou non, mais de savoir comment le faire. Les soldats du Reich refusent de plus en plus d’aller au combat, et face au blocus, la population allemande est en proie à des émeutes et à l’insurrection.

Une délégation allemande, présidée par Matthias Erzberger, est détachée pour préparer l’armistice.

Le choix du lieu pour ce moment historique n’est pas anodin. Les troupes sont exténuées par des années de combats qui ne semblent plus se finir. La clairière de Rethondes n’était pas exposée, la presse ne fut pas conviée. En effet, tant que rien n’était signé, il ne fallait surtout pas que le bruit d’un armistice vienne démobiliser les troupes. Qui plus est, Rethondes n’était pas très loin du quartier général de Foch, à Senlis.

Le 8 novembre, le maréchal Foch reçoit la délégation germanique. Il connait parfaitement la situation de l’Allemagne, aussi les reçoit-il avec cette phrase : « Qu’est-ce qui amène ces messieurs ? Que désirez-vous de moi ? ». L’ennemi n’a pas le loisir de s’émouvoir de cet accueil glacial. Il accepte l’armistice. Un document leur est fourni, et ils ont trois jours pour en prendre connaissance, et faire savoir s’ils acceptent les conditions.

Celles-ci sont perçues comme humiliantes par l’Allemagne, mais le champ de négociation laissé par l’Entente est minime. Quand les représentants germaniques demandent un délai pour la négociation, c’est expressément refusé. En Allemagne, la stabilité politique n’est pas au mieux. Le 9 novembre, l’empereur est obligé d’abdiquer, suite à des mouvements révolutionnaires intérieurs.

Le fameux 11 novembre, la délégation allemande se retrouve dans le wagon français, afin de tenter une dernière fois d’ultimes négociations.

Rien n’y fera. Les 34 conditions seront ratifiées. Les combats sont terminés, et le peuple français l’apprendra dans une grande liesse populaire à travers tout l’hexagone, à la 11eheure de ce 11ejour de ce 11emois de l’année 1918.

Je le disais en préambule, la signature de l’armistice reste comme un grand symbole mémoriel français. Mais nous, qui avons suffisamment de recul pour regarder notre histoire contemporaine dans sa globalité, nous savons qu’il s’agissait plus d’une pause que de la fin réelle des hostilités franco-germaniques. L’armistice fut loin d’être parfait. Peut-être trop précipité, peut-être trop humiliant pour l’Allemagne, peut-être trop contraignant économiquement, peut-être pas assez militairement… Il est toujours ardu de réécrire l’histoire. Néanmoins, cette défaite fut largement incomprise par le peuple allemand, qui entendait que leur pays s’était rendu, alors que leur territoire ne fut pas envahi. Les conditions imposées par le Traité de Versailles du 28 juin 1919 seront vécues comme une trahison, et porteront les germes du fascisme des années 30. Aussi, elles ne furent que partiellement respectées, avant de progressivement ne plus être appliquées, jusqu’à la conséquence mortifère que nous connaissons : l’invasion de la Pologne en septembre 1939, et le début de la Seconde Guerre mondiale.

Ces cérémonies patriotiques qui nous rassemblent tout au long de l’année sont là pour que nous puissions commémorer les grands moments de notre histoire, comme les drames les plus funestes, mais également pour que nous puissions ne pas oublier les leçons du passé. La conclusion de la Grande Guerre représentée par la signature de l’armistice ne met finalement en exergue que la brutalité et la folie d’un conflit inédit par l’ampleur du nombre de pays concernés et par le chiffre affolant des morts qui parsèmeront les champs de bataille. Les avancées technologiques et industrielles, les hostilités séculaires, les ambitions nationalistes… L’Europe, et plus généralement le monde, semblaient se diriger irrémédiablement vers ce conflit, ainsi que le suivant de 1939.

Je ne crois personnellement pas au caractère cyclique de l’histoire, je ne crois pas que la guerre soit inéluctable. Il appartient à chacun de nous de rester vigilant, pour que les erreurs du passé ne soient pas continuellement répétées. La situation présente a cela de paradoxale que nous nous sentons à la fois à l’abri de tout conflit – la grande majorité de nos concitoyens ayant eu le luxe de ne pas être confrontée à la guerre –, mais nous percevons également, partout sur le globe, une remontée des tensions, qu’elles soient ethniques, religieuses, ou politiques. Il suffirait d’un rien, pour basculer dans un nouveau drame martial d’une férocité sans précédent, si l’on prend en compte les outils militaires à disposition de trop nombreux pays : armes nucléaires, bactériologiques, chimiques, radiologiques…

Il est vrai qu’à l’heure de la globalisation, le champ décisionnel nous semble, pour chacun d’entre nous, plus éloigné, plus opaque. Pouvons-nous réellement, à l’échelle individuelle, avoir un poids sur les événements futurs ? Difficile de répondre à cette question, mais il me semble que oui. Notre meilleure alliée dans cette tâche est la vigilance, notre pire ennemie est l’apathie. Se contenter de penser que la préservation de nos valeurs dépend d’autres que nous, c’est déjà accepter le pire. Notre République et notre démocratie demandent un investissement de chacun de ses enfants, pour lui assurer une continuité.

Aussi, ayons, en ce jour du 11 novembre 2018, en cette célébration centenaire, une pensée pour tous nos compatriotes, tombés pour la France, afin que leurs sacrifices puissent nous éclairer dans notre présent, et que leur mort ne soit pas vaine.

Vive la République,
Vive la France !

Philippe BELLANGER
1erAdjoint du Maire
Le 11 novembre 2018

Voeux de M. le Maire - 8 janvier 2018

Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Commandant du groupement de gendarmerie de l’arrondissement de Clermont,
Monsieur le Chef du centre de secours du Clermontois,
Mesdames, Messieurs les représentants des administrations et des entreprises,
Monsieur l’Archiprêtre,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans cette salle des fêtes André Pommery, à l’occasion de ce premier rendez-vous traditionnel de l’année pour les Clermontois.

C’est toujours un plaisir de vous accueillir nombreux et de pouvoir ainsi, annuellement, remettre en perspective un ensemble de décisions, de projets et d’actions, progressant au quotidien.

Et la régularité de ce point d’étape s’avère d’autant plus nécessaire, quand l’évolution de notre environnement s’accélère.

A l’extérieur de nos frontières comme au sein de l’organisation de nos institutions républicaines, tout est en mouvement, et parait parfois difficile à comprendre.

Lorsque l’on regarde les jeunes générations, et par exemple nos conseillers municipaux enfants – dont je salue le sérieux et aussi le courage de monter à cette tribune – on mesure l’importance de l’action publique : nos décisions doivent prendre en compte l’intérêt général à l’aune du présent, et pour nos actes les plus décisifs, prendre en compte également l’intérêt général dans un futur que l’on doit prendre le risque d’anticiper.

L’an dernier cette même cérémonie commençait par un hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’« hypercasher ». Tous les Français désireux de vivre dans une société attachée à sa liberté d’expression et à son multiculturalisme avaient été sonnés par ces crimes, odieux et lâches.

Les manifestations qui s’ensuivirent montrèrent que l’esprit de notre République pouvait être une réponse intelligente et généreuse, face à l’enfermement des esprits et à la barbarie.

Notre moral(e), dans tous les sens de ce mot, allait à nouveau être durement éprouvé(e) au mois de novembre.

La tuerie de masse, essentiellement déployée dans des lieux festifs, fauchait désormais tout un chacun, notamment nos jeunes.

De ce point de vue nous ne regretterons pas 2015, et, malheureusement, nous redoutons 2016.

D’aucuns prévoient un siècle de divisions, de repli sur soi, voire de choc de civilisations. La suspicion, la peur, l’identitarisme semblent être l’horizon indépassable qu’on nous prédit.

Au sein de notre municipalité, nous refusons de le croire et c’est aussi cela qui fait le sens de notre engagement dans l’action publique.

A notre humble échelle, à Clermont, nous faisons en sorte chaque jour de tisser les liens qui unissent chaque individu, quels que soient son âge, son sexe, son origine ou sa religion.

Mais cette union ne pourra se faire qu’autour de valeurs communes, celles de la République.

Respectons la liberté de chacun, tant qu’elle n’entrave pas celle d’autrui. Respectons l’égalité et la fraternité entre tous les hommes, car c’est dans la solidarité et l’entraide que nous sommes les plus forts. Respectons la laïcité, qui considère que les croyances n’ont pas leur place dans la sphère publique, que les choix cultuels sont respectables, tant qu’on ne cherche pas à les imposer aux autres

Cette liberté, ce vivre ensemble, c’est bien ce que déteste ceux qui nous combattent et qui voudraient nous voir abandonner nos valeurs.

Si la problématique de notre époque est de choisir entre le repli sur soi et l’ouverture, alors nous choisissons l’ouverture ; certes une ouverture raisonnée, trouvant ses bases sur les valeurs républicaines et offerte à ceux qui veulent partager ces mêmes valeurs.

Et dans un monde en mutation, « repli sur soi ou ouverture » est souvent un choix à faire. A l’échelon local également, cette interrogation résume nombre de débats.

Face à la réforme territoriale qui réorganise les institutions de notre République, nous devons ainsi faire des choix. Et vite.

Peut-être ne devrais-je pas dire « vite » ; car on me reproche parfois d’aller trop vite.

Je vais plutôt dire : nous devons faire des choix. Enfin !

Puisqu’on me dit que je suis trop pressé, je vous propose de stopper le temps, même de le remonter !

Je vais vous relire ce que je disais à cette même tribune à l’occasion des vœux de l’année 2009. Il y a donc sept ans :

« La poursuite de la décentralisation de l’Etat et la réforme des échelons institutionnels qu’on nous promet, sous couvert de rationalisation de la dépense publique, vont faire peser aux communes et à l’intercommunalité, comme aux départements et aux régions, des responsabilités nouvelles, sans moyens supplémentaires.

Et c’est malgré ce contexte difficile que nous avons le devoir de faire avancer Clermont et le Centre-Oise, dans le respect des idées qui nous animent.

Beaucoup parlent de la quatrième agglomération de l’Oise. Nous, nous tentons de la faire naître. Parce que nous sommes persuadés que si nous n’avançons pas unis, notre territoire, au cœur de l’Oise, est condamné à disparaître sous la poussée de la Région Parisienne, enserré entre trois agglomérations fortement structurées et identifiées : le Beauvaisis, le Creillois et le Compiégnois.

Avancer unis dans l’intercommunalité, cela signifie réfléchir globalement, comme si nous étions déjà une agglomération de 25 000 habitants, et peut-être plus de 30 000 si, comme je le souhaite, Mouy et Bury rejoignent le Pays du Clermontois dans un avenir proche.

A nous tous, nous devons doter la population d’infrastructures et d’équipements dignes d’une telle agglomération.

Tant que des élus chercheront en toute bonne foi à ne tirer de l’intercommunalité que des bénéfices pour leur commune, nous n’avancerons pas. »

Deux ans plus tard en 2011, à l’occasion de réunions organisées sous l’égide du président du Pays du Clermontois de l’époque, pour réfléchir sur ce que serait notre territoire en 2020, l’une des commissions thématiques concluait sur trois scénarii possibles, je cite :

« Scénario 1 : L’immobilisme

Cette solution, la plus simple en apparence, s’avère également la plus risquée à moyen et long terme.

Scénario 2 : Une Communauté de communes Clermontois + Plateau Picard

La coopération entre les deux territoires s’avère fréquemment difficile à mettre en œuvre.

Scénario 3 : devenir une Communauté d’Agglomération

Il s’agit d’une piste possible, qui doit être étudiée sans tabous car elle présente de multiples avantages.

Les deux conditions à réunir sont une population totale de 50.000 habitants et une ville de 15.000 habitants.

Pour ce qui concerne la population globale, deux options sont possibles. Soit en se regroupant avec la Communauté de communes du Plateau Picard, soit en intégrant progressivement un ensemble de communes issues des intercommunalités voisines.

Quant à la ville de 15.000 habitants, elle pourrait être obtenue en agrégeant Clermont à deux des communes du noyau initial du District urbain de 1960.

e troisième scénario semble le plus difficile à mettre en œuvre, car il se heurte à la question des pouvoirs locaux ; il est cependant probablement le plus intéressant pour le développement du territoire, et le seul réellement viable à long terme. »

Revenons à 2016 si vous le voulez bien. Cinq années se sont écoulées depuis ces conclusions posées par les élus du Pays du Clermontois.

Depuis, la réforme territoriale ne nous a pas attendus : elle a progressé, en créant de grandes régions, au sein desquelles les petites entités sont devenues invisibles. Et parallèlement, l’Etat a renforcé le rôle des régions et des intercommunalités, en matière de développement économique.

Aussi devons-nous nous adapter à cette réalité, c’est-à-dire créer des structures intercommunales capables de répondre à ce défi.

Une communauté d’agglomération du Clermontois créée aujourd’hui ne serait donc plus d’actualité avec ses 50 000 habitants.

C’est donc dans cette cohérence que j’ai entrepris un rapprochement avec la communauté d’agglomération du Beauvaisis, devenue notre voisine, puisque la communauté de communes rurales du Beauvaisis qui nous séparait sera bientôt absorbée. Et je me félicite que Clermont, majorité comme opposition, ait parlé d’une même voix sur ce point, au sein de notre communauté de communes.

L’accélération des réformes, la création du grand Paris, la confrontation avec de grandes agglomérations du Nord et du Pas de Calais pour nous faire entendre dans la répartition des subventions régionales : telle est la nouvelle réalité de notre environnement institutionnel.

Et cette accélération nous prive du temps de la posture…, pour privilégier le temps du débat de fond et de la décision. Ne perdons pas de temps.

Si ces longs débats nous prennent du temps justement, ils ne nous empêchent bien entendu pas de faire avancer les dossiers strictement locaux.

Dans un contexte économique toujours morose, n’ayons pas peur de nous réjouir de la bonne santé financière de la ville.

Si nous souffrons comme les autres des restrictions budgétaires de l’Etat, nous parvenons à maîtriser nos dépenses pour respecter notre engagement depuis que je suis maire : ne plus augmenter les taux des impôts locaux. Vous noterez même que le taux du foncier bâti a baissé de 1,5 point pour compenser l’augmentation décidée par la communauté de communes. De même, tâchons-nous de ne pas augmenter les prestations et services payants pour les contribuables clermontois : il en va ainsi du prix du repas de cantine à 2,60 €, de la journée de centres de loisirs ou de l’abonnement à la bibliothèque.

Nous avons fait sur 2015 des économies de fonctionnement qui nous ont permis de dégager des recettes aussitôt basculées en investissement, réduisant ainsi le recours à l’emprunt.

Nous détaillerons toutes ces tendances lors du débat d’orientation budgétaire en conseil municipal. Et nous travaillons déjà sur un budget 2016, toujours sans augmentation des impôts.

Nos investissements n’ont pas pour autant faibli en 2015, notamment pour ce qui concerne les écoles. Chaque année, je le répète, les conditions de travail des élèves clermontois et de leurs enseignants sont l’une de nos priorités.

Sécurisation de l’enceinte de l’école élémentaire Belle-Assise, rénovation des blocs sanitaires à l’école élémentaire Viénot, travaux de rénovation et d’entretien à l’école de la gare, fin de la rénovation complète du groupe scolaire des Sables, avec une isolation-ravalement qui transforme réellement l’aspect de ce bâtiment quinquagénaire. De plus, nous limiterons ainsi sa consommation de chauffage, dans la droite ligne de nos actions orientées vers le respect de notre planète. J’en profite ici pour saluer le travail remarquable de nos concitoyens engagés dans le conseil local de développement durable, qui oriente une part croissante de nos actions.

Ce ne sont pas loin de 588 000 € qui ont été consacrés en 2015 à nos écoles.

Pour l’année à venir, nous avons lancé une étude visant à la rénovation des menuiseries extérieures et à l’accessibilité de l’école de la gare. Les travaux seront lancés dans la foulée et ce sont plus de 200 000 € qui devront être réservés au budget 2016.

D’autres études portant sur l’accessibilité des écoles Belle-Assise et Viénot seront aussi engagées.

L’année 2016 marquera le début de la construction d’un complexe sportif, rassemblant les acteurs de la boxe et du tennis. Je tiens à remercier les nouveaux responsables du club de boxe, ainsi que les dirigeants du club de tennis qui ont accepté de travailler ensemble à l’élaboration de ce projet, permettant la mutualisation de certains espaces.

Ce n’est pas un hasard si nous avons encouragé ce rapprochement entre les deux clubs, jugé au démarrage improbable par les sceptiques. Nous avons apprécié l’ouverture d’esprit des uns et des autres, le travail en commun aux portes du quartier des Sables.

Cette construction de 2 Millions d’euros sera financée à hauteur de 800 000 € par le conseil régional. Et nous solliciterons également le conseil départemental.

J’en profite pour saluer ici mon ami Claude GEWERC, mon prédécesseur aux fonctions de Maire, qui peut être fier de ce qu’il accompli à la tête de la région Picardie.

Nous avons en 2015 quasiment terminé les travaux de rénovation de la salle Pommery. Vous avez pu découvrir un hall d’entrée rénové et une accessibilité pour tous à l’ensemble des espaces du bâtiment. Il ne restera plus qu’à repeindre la salle B qui avait été jusqu’à récemment occupée par une association sportive. Ce sont 1 692 000 euros qui auront été nécessaires à cette rénovation, exécutée sur plusieurs années, en fonction de nos possibilités financières et des subventions du conseil départemental.

Cet équipement si apprécié est donc désormais aux dernières normes ; le fonctionnement d’une nouvelle équipe va maintenant pouvoir se mettre en place.

Je tiens à remercier ici André VANTOMME, qui a toujours été attentif à nos sollicitations durant son mandat de 1er vice-président du département.

Par rapport à la voirie, l’année 2015 aura tranché avec les années précédentes, où de nombreuses voies ont connu une réfection totale voire un réaménagement paysager. Des interventions ponctuelles et ciblées ont été réalisées, pour un montant total de 165 000 € quand même.

Il faut dire que la circulation dans la ville est déjà impactée par le chantier du carrefour de la laiterie, lancé l’été dernier par la communauté de communes. Pour accompagner ces travaux, nous avons procédé à la requalification de deux voies qui y menaient : la rue Louise Michel et la rue de Saint Just. Et cette année, nous interviendrons pour installer l’éclairage public du nouveau carrefour, tant attendu par les automobilistes et les piétons. Ces trois opérations liées aux travaux de la communauté de communes représentent pour la ville un investissement de 390 000 €.

L’éclairage public est depuis deux ans l’objet d’un programme pluriannuel mené pour sa modernisation. La diminution de la consommation, liée à la haute performance des nouvelles installations, permet de financer en partie ce programme et contribue à nos efforts d’économie d’énergie.

L’ensemble de ces investissements, qui avoisine les 3 500 000 € pour 2015, prépare l’avenir de notre ville et participe à la reprise de l’activité des entreprises de la région.

Car on ne peut pas à la fois demander à l’Etat de mettre en place les moyens de création d’un dynamisme économique, et, dans nos collectivités, demeurer attentistes, sous prétexte de bonne gestion.

Les investissements sur Clermont, profitables aux entreprises régionales, sont aussi portés par d’autres partenaires. Nous avons facilité les projets de construction de logements sociaux rue de Paris, rue de Béthencourtel et rue Henri Breuil qui sont actuellement en cours : ce seront 101 logements qui viendront compléter un parc social qui n’avait pas évolué depuis une quinzaine d’années ; et si l’on considère les appartements et maisons de l’OPAC vendus pendant ces années dans le quartier de Beaujeu, aux Sables et à la Belle Assise, le nombre de logements sociaux avait plutôt baissé. C’est pourtant dans ce contexte que notre population a augmenté de 2,1 % entre 2008 et 2013.

D’autres chantiers vont bientôt apparaître, comme la réalisation du programme prévu par le Diocèse de Beauvais et les Apprentis d’Auteuil, qui ont signé il y a quelques semaines le compromis de vente des terres situées près du CESAP : l’école Notre Dame de la Providence, un centre paroissial et un internat d’enfants et d’adolescents seront s’implantés là.

Dans le quartier de la gare des compromis ont aussi pu être signés en cette fin d’année dernière par la SAO, notre aménageur : avec un dernier propriétaire résident pour démolir son habitation et avec l’OPAC de l’Oise pour construire de nouveaux logements.

Vous le voyez, notre commune continue de bouger, d’évoluer, tout en gardant ses caractéristiques, son identité de petite commune équilibrée, entre un urbanisme raisonné et des espaces naturels qui participent à son attrait.

Cet équilibre ne réside pas que dans l’organisation du bâti et des voiries ; il est aussi visible sur le plan humain, où nous essayons de faire le pari du maintien de toutes les couches sociales.

L’animation, la vie culturelle, notamment portées ou relayées par le tissu associatif, reflètent cette diversité des genres et des publics. Sur ces questions-là, aussi, nous sommes attentifs à éviter le repli sur soi et privilégions l’ouverture à des arts, des expressions à des publics pluriels.

A Clermont, plusieurs festivals se tiennent et font maintenant la renommée de notre ville. Les Zicophonies et leur festival rock annuel dont la réputation n’est plus à faire ; nous avons aussi tous les deux ans le festival des arts urbains et les Médiévales durant les journées du patrimoine au pied du donjon. Et l’année dernière s’est tenue avec un immense succès la première édition des Rencontres musicales, festival de musique classique qui fait venir des interprètes de renommée internationale.

Pour les arts plastiques, l’espace culturel Séraphine Louis permet à tous les amateurs de peinture, de photographie ou de sculpture de découvrir tout au long de l’année différentes expositions aux thématiques diverses et variées.

Notons aussi en 2015 la remarquable exposition qui nous a fait redécouvrir le Clermontois François Tabuteau, explorateur des Pôles. Le travail effectué par le Cercle Philatélique et Cartophile et la Société Archéologique et Historique de Clermont a été intense, productif, et unanimement apprécié. En évoquant la Société Historique, j’en profite pour saluer la mémoire de Guy Isambart qui nous a quittés brutalement il y a quelques semaines, et dont le travail associatif à Clermont fut inestimable.

Toujours sur ce volet culturel, vous n’êtes pas sans savoir qu’en ces périodes de rigueur budgétaire, la tentation de couper sur certaines dépenses comme celles réservées à la culture peut être attractive.

A Clermont, nous ne cédons pas à cette facilité. Aussi, l’Etat, enthousiasmé par nos efforts, nous propose de signer un pacte culturel : chacune des deux parties s’engage à maintenir ses aides. Ce sera le premier pacte culturel signé dans l’Oise et nous en tirons une certaine fierté.

L’aide nouvelle que nous apporte l’Etat dans le cadre de la politique de la ville est également intéressante et révélatrice de l’orientation des priorités nationales.

Avec le Préfet de l’Oise et de très nombreux partenaires institutionnels, au début du mois de juillet, j’ai signé ce qui est appelé un contrat de ville.

Je dois vous préciser que je ne l’ai pas signé en tant que maire, mais en qualité de président de la communauté de communes. En effet aux yeux de l’Etat, c’est à ce niveau de responsabilité qu’un quartier prioritaire doit être intégré.

Pour le quartier des Sables, cible de ce contrat de ville, c’est au niveau municipal pour le moment que les premières actions sont lancées. Avec le financement de l’Etat, nous allons donc embaucher un médiateur urbain, pour lutter contre les incivilités, les troubles de voisinage qui, d’après les rapports des forces de sécurité, forment l’essentiel du nombre des troubles à l’ordre public.

Un projet de réussite éducative liant l’Education Nationale et le ville va également démarrer cette année, dans le prolongement de l’ouverture de la classe maternelle des moins de trois ans qui a fait sa deuxième rentrée en septembre 2015.

Et la participation des habitants du quartier aux prises de décision est assurée désormais avec la création d’un conseil citoyen, qui participe déjà à animer le quartier avec des projets très conviviaux, comme durant les fêtes de Noël. Je les remercie pour leur engagement et leur volonté.

Et bien entendu les associations locales sont sollicitées et incitées par des financements à axer certains de leurs projets sur le quartier.

Le tissu associatif participe à la vie locale, à son attractivité.

Cette richesse est présente à Clermont aussi dans le domaine du sport et je ne pourrai citer nommément tous ceux qui se sont distingués en 2015. Remercions le club de football très impliqué dans les activités périscolaires ; encourageons le club de rugby dont la dynamique devrait lui permettre d’accéder à la division d’honneur ; félicitons le club de tennis, premier club picard à avoir une équipe féminine et une équipe masculine en Nationale 2 et un vice-champion de France en catégorie 13 ans ; relevons les performances individuelles et collectives du club de judo ; remercions l’athlétic club pour la parfaite organisation de son premier trail urbain et plus généralement remercions tous les bénévoles qui consacrent du temps aux autres et participent à ce vivre ensemble qui fait la richesse de notre commune.

L’attractivité d’une ville est regardée aussi par rapport aux services publics qui y sont présents.

Et en ces périodes de contraction des dépenses publiques, des petites villes comme les nôtres sont mises à rude épreuve, quelle que soit la couleur politique du gouvernement.

Nous avons perdu notre Tribunal avec la réforme de la justice conduite par Rachida DATI. Nous n’avons pas eu de relais susceptible de nous aider pour empêcher cette décision qui ne crée aucune économie.

Par ailleurs, depuis de nombreuses années des menaces planent sur l’hôpital général, pour lequel un plan de reconstruction justifiait l’absence de travaux d’entretien.

es gouvernements successifs ont repoussé la décision, un ministre a même écrit qu’il reconstruirait, tout en faisant ses cartons car l’alternance arrivait…

Depuis l’an dernier au moins, nous avons obtenu une réponse. Non, la reconstruction sur Fitz-James ne se fera pas et oui des fonds seront débloqués pour réaménager l’hôpital, et notamment agrandir et rénover un service des urgences très dégradé. Saluons ici le courage du personnel de l’hôpital qui travaille depuis si longtemps avec cette menace de fermeture.

Je tiens à remercier Madame la Ministre, Laurence Rossignol, qui s’est battue à nos côtés pour que le gouvernement accepte de débloquer une enveloppe totale de sept millions d’euros. 700 000 € ont déjà été versés, permettant de lancer les études et les premiers travaux d’agrandissement et de transformation de cet établissement, que nous tenons à conserver au centre de l’Oise.

Avec notre hôpital spécialisé en psychiatrie, les établissements accueillant des handicapés, nos établissements scolaires de la maternelle au supérieur, une gare, une gendarmerie, Clermont s’est construite autour des services publics, comme d’autres se sont développées autour d’une ou plusieurs industries.

Et en ces temps difficiles pour les finances publiques, nous sommes évidemment particulièrement vigilants à leur préservation.

Je voudrais terminer en saluant justement tous ceux qui œuvrent quotidiennement dans ces services publics notamment dans le domaine de la santé, de l’enseignement, des forces de l’ordre, si souvent décriés et qui pourtant font de la France un pays envié où l’individu n’est pas réduit à sa capacité d’épargne et de consommation.

Dans des circonstances si troubles dans lesquelles est plongé notre pays, nous pouvons être fiers de ce qu’ils accomplissent au quotidien pour l’ensemble de la population.

Mesdames et Messieurs, je vous souhaite, à toutes et à tous, au nom de la Municipalité et en mon nom personnel, une très bonne année 2016. Qu’elle apporte santé, joie et sérénité, à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

Et selon la tradition républicaine, permettez-moi de vous inviter à partager le verre de l’amitié.

Lionel OLLIVIER
Maire de CLERMONT
Le 8 janvier 2016

Voeux de M. le Maire - 9 janvier 2015

Monsieur le Député,
Monsieur le Président du Conseil Régional de Picardie,
Monsieur le Premier Vice-président du Conseil Général de l’Oise, Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Commandant du groupement de gendarmerie de l’arrondissement de Clermont,
Monsieur le Chef du centre de secours du Clermontois,
Mesdames, Messieurs les représentants des administrations et des entreprises, Monsieur l’Archiprêtre,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,

9 janvier 2015 - Discours de M. Le Maire prononcé lors des Voeux de la Ville de Clermont - Clermont (Oise)

Avant d’entamer cette traditionnelle cérémonie des vœux, je vais vous demander Mesdames et Messieurs de bien vouloir respecter une minute de silence en la mémoire des victimes des événements tragiques qui ont secoué le pays depuis maintenant trois jours.

[Minute de silence]

Comme le disait Robert BADINTER de ces événements : « c’est non seulement un crime, mais c’est aussi un piège ».

Nous resterons vigilants contre tous les amalgames.

Le corps social ne doit pas s’écarter des valeurs qui fondent notre démocratie et sont le ciment de notre République, ces valeurs que quelques individus rejettent violemment. Car, la liberté de parler, la liberté de dessiner, la liberté d’écrire, la liberté de penser sont, en France, inaliénables et le resteront.

Nous ne céderons ni à la peur, ni à la violence. Nous devons poursuivre avec vigilance et persévérance notre tâche dans cette société.

Je tiens donc à remercier Tenin et Kelvynn, représentants du conseil municipal enfants, pour l’exercice difficile auquel ils viennent de se livrer devant nous. Je veux ici saluer le sérieux de ces jeunes nouvellement élus, à qui j’adresse tous mes vœux de pleine réussite dans la réalisation de leurs projets.

Plus largement, je vous souhaite, à toutes et à tous, au nom de la Municipalité et en mon nom personnel, une très belle année 2015. Qu’elle vous apporte, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, santé, joie et sérénité.

Le discours de cérémonie des vœux du Maire, à Clermont, représente toujours le moment où, devant bon nombre de nos concitoyens, il est possible de faire le point sur l’année écoulée et de présenter les lignes directrices de l’action municipale pour le futur.

Aujourd’hui, dans un environnement institutionnel instable et dans un contexte économique qui ne s’améliore décidément pas, faire de la prospective se révèle particulièrement délicat. Mais pour autant, lorsque la ligne à suivre est claire, lorsqu’un programme municipal a été discuté, proposé puis accepté par une majorité d’électeurs clermontois, le cheminement de la pensée et de l’action est rendu plus aisé.

Car 2014 aura été évidemment marquée, au plan municipal, par le renouvellement de tous les conseils dans notre pays.

Dans un environnement politique national particulièrement défavorable aux forces dites de progrès, je veux exprimer ma satisfaction d’avoir obtenu un large rassemblement autour d’un bilan et d’un projet, pour cette commune de CLERMONT qui nous est chère. Cette victoire est bien entendu une victoire d’équipe.

La constitution de la liste qui allait se présenter à mes côtés était d’abord encourageante : la plupart des sortants souhaitaient continuer et un nombre important de Clermontois, d’horizons variés, croisés au fil des années sur le terrain, se reconnaissaient dans notre travail et désiraient rejoindre l’équipe. 33 personnes seulement pouvaient être retenues.

En face, pas moins de quatre autre listes se constituaient, représentant un cas de figure encore inédit à CLERMONT : cinq listes en présence devant le corps électoral !

Je me garderai bien de juger ces candidatures : les Clermontois l’ont fait eux- mêmes. Un jugement net. Un jugement sans appel.

Poussée par un comité de soutien ayant participé à l’élaboration de notre programme, notre liste majoritaire accueille désormais 14 nouveaux élus au sein de ses 26 membres. Et cette nouvelle équipe s’est bien entendu rapidement mise au travail.

Parallèlement aux élections municipales et, pour la première fois dans notre pays, les électeurs ont également pu choisir leurs représentants au conseil communautaire.

Cette modification institutionnelle n’est pas anodine. Elle montre clairement que l’avenir de nos structures locales passera de plus en plus par l’intercommunalité.

La décision d’Alex SEGHERS, de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête de la communauté de communes du Clermontois, a ouvert un débat au sein d’une assemblée là-aussi renouvelée.

En présentant ma candidature, j’ai voulu que ce débat soit libre et sincère, portant sur le fond de ce que nous voulions faire tous ensemble, à désormais 19 communes, entourés des trois grandes agglomérations de COMPIEGNE, BEAUVAIS et CREIL, ces deux dernières ayant quelques visées sur notre territoire.

J’ai défendu à nouveau l’idée d’accélérer l’intégration intercommunale pour mieux défendre notre spécificité, mêlant de façon équilibrée le rural et l’urbain. J’ai à nouveau évoqué la possibilité qu’offrent nos institutions de créer ici, en centre-Oise, une communauté d’agglomération, comme je l’avais défendue à ce même micro en janvier 2011.

Quatre ans plus tard rien n’a avancé dans le centre-Oise, mais devant les restrictions financières auxquelles sont soumises les communes, face à la réforme des institutions certes chaotique mais qui avance, et à côté des autres intercommunalités de notre département qui se structurent, le constat est désormais globalement partagé.

Et c’est ainsi que j’ai obtenu, lorsque je me suis présenté comme candidat à la tête du Pays du Clermontois, la confiance de mes collègues.

Vous l’avez compris, vous me connaissez maintenant suffisamment, je n’ai pas présenté une candidature aseptisée, lisse, en vue d’obtenir une élection au consensus mou.

J’ai recueilli l’unanimité des voix exprimées en présentant, clairement et au préalable ma volonté de développer l’intégration communautaire, seule chance à mes yeux, de permettre aux habitants du centre-Oise de continuer à gérer leur avenir eux-mêmes.

Et en vous parlant dans quelques instants des projets pour Clermont, j’évoquerai immanquablement quelques éléments de transformation issus du développement de l’intégration intercommunale. Car évidemment tout est lié.

Alors 2014 n’a pas représenté qu’une année électorale.

CLERMONT a poursuivi son évolution ; des projets ont émergé quand d’autres ont abouti.

Au risque de ne pas être complet et de décevoir ainsi des maires-adjoints et conseillers en charge de délégations, je ne vous présenterai que quelques éléments qui permettent de caractériser notre façon de concevoir la gestion locale et préparer l’avenir de notre commune.

Parmi nos priorités, mon équipe et moi-même mettons, sans aucune réserve, en premier lieu, l’école.

Même si notre système scolaire est décrié, si nos enseignants sont las des réformes qui se succèdent, l’école reste l’un des services public essentiels sur lequel se fonde l’idée de l’égalité républicaine.

La construction et l’entretien des bâtiments des écoles maternelles et élémentaires reviennent aux communes. Et c’est à ce titre que depuis plusieurs années, des programmes de rénovation de nos écoles ont été mis en œuvre.

Nous pensons que des locaux agréables, adaptés, favorise la qualité de l’enseignement et ainsi des apprentissages. Lors du dernier mandat, nous avons consacré 2 350 000 € au réaménagement et à l’agrandissement de nos écoles, et construit une nouvelle cantine aux Sables.

Pour l’année 2014, la désaffection de l’ancienne cantine de l’école des Sables justement, nous a offert l’opportunité de créer, pour la somme de 210 000 €, un nouveau dortoir, une classe spécialisée dans l’accueil d’enfants malentendants, et l’aménagement d’une classe pour les moins de 3 ans. Et je tiens à remercier Madame Laurence ROSSIGNOL, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie d’avoir suivi et visité, le jour de la rentrée scolaire, l’ouverture de cette classe de tout petits.

En 2015, nous proposerons au conseil municipal de débloquer les 490 000 € nécessaires au ravalement et à l’isolation extérieure de cette école.

Mais nos actions auprès des écoliers ne se résument pas à des travaux de gros œuvre ! Nous avons accompagné le développement de l’apprentissage informatique en finançant des tablettes numériques dans les écoles maternelles et nous avons commencé à doter les classes de tableaux interactifs, remplaçant les classiques tableaux noirs pour les enseignants qui l’acceptaient.

Dans un autre domaine touchant aux écoliers, vous savez que nous avons voulu travailler sur la modification des rythmes scolaires dès la première année, soit lors de la rentrée 2013, après une large concertation. En septembre 2014, alors que nous avons eu le temps de procéder à des ajustements, nous pouvions nous féliciter de la participation à l’accueil périscolaire de 15 associations locales, aux côtés des 29 animateurs qui encadrent les enfants.

Nous avons essayé, dans l’intérêt des enfants, de tirer le meilleur parti de cette réforme qui allait de toute façon s’imposer. Nous avons bouleversé les habitudes des parents un an avant la date butoir et quelques mois avant les élections municipales, ce qui m’était fortement déconseillé par certains… Et finalement nous ne regrettons rien, car nous avons ainsi été compris par la population et prêts avant les autres.

Les travaux d’urbanisme représentent également une large part de nos dépenses d’investissement, modernisant ainsi peu à peu l’aspect de la ville, tout en respectant son identité, même s’il est toujours facile d’aller photographier tel ou tel trottoir semblant mal entretenu.

En 2014, nous avons par exemple procédé à l’aménagement de la partie de la rue de Faÿ desservant le CESAP, cette institution spécialisée dans l’accueil demalades polyhandicapés. Cet établissement, qui vient d’emménager dans 16 000 m2 de locaux, ouvre la voie à l’urbanisation de cette partie ouest de la commune.

D’autres équipements pourraient voir le jour en prolongement du CESAP. L’école Notre Dame de la Providence, obligée de déménager rapidement de son site actuel trop vétuste, y satisferait son souhait de rester sur Clermont tout en se rapprochant du Collège privé d’Agnetz. L’Institution des Orphelins Apprentis d’Auteuil également qui apprécierait la caractère centrale de la ville pour son accueil d’enfants et de jeunes du département de l’Oise. Nous poursuivons avec la commune d’Agnetz nos discussions pour rendre accessibles ces parcelles actuellement desservies par un étroit chemin rural.

Pour l’année 2015, le chantier d’aménagement le plus conséquent sera sans nul doute la création d’un giratoire, à la place du croisement dit de la laiterie, rue de Saint Just. Il ne sera pas possible d’empêcher la fermeture totale de cette entrée de ville pendant au moins six mois. Ces travaux, prévus par le Pays du Clermontois depuis plusieurs années, ont été rendus possibles par un achat de terrain difficile à arracher auprès de l’entreprise Total. La commune de Clermont s’associe aux 2 180 000 € de dépenses, en finançant l’éclairage public et complète la modernisation de cette artère, en réaménageant la voie menant au giratoire de la place Camille Sellier et la partie de la rue Louise Michel, comprise entre le giratoire de la laiterie et le rue Henri Barbusse pour un montant de 268 000 €.

En matière d’aménagement, notre gros dossier demeure la rénovation du quartier de la gare. A l’été 2014, vous avez pu suivre la démolition de la friche Théron, ainsi que de deux propriétés rue Henri Barbusse. La commercialisation des terrains libérés va bientôt être lancée, de même que vont devoir s’accélérer les transactions sur les autres parcelles concernées par ce projet. Pour ce qui concerne la propriété de la coopérative agricole, le nouveau Président s’est présenté à nous avec une évaluation qui double leur précédente proposition, appuyée sur une expertise agitée sous nos yeux mais encore non transmise à nos services pour étude. De quoi présager encore quelques discussions infructueuses, puisque de notre côté, nous sommes tenus de ne pas nous écarter de l’évaluation du service des Domaines.

En matière d’aménagement et d’urbanisme, nous citerons également pour l’année 2014 le début de la construction en cours de 15 logements individuels à caractère social, rue de Béthencourtel. Voici plus de 15 ans maintenant que ce type de logement n’avait pas été construit sur la ville, puisque d’autrescommunes voisines, trop rares d’ailleurs, avaient pris le relais. Ces maisons individuelles, disposant d’un garage et d’un jardin, accueilleront des familles actuellement en appartements.

Ces constructions seront suivies aussi en 2015 par l’opération de démolition rue de Paris de l’ancienne caserne de gendarmerie, propriété du conseil général vendue à l’OPAC.

Enfin bien entendu, l’entretien et la réfection de plusieurs voies dans la ville seront prévus en 2015, puisque nous consacrons environ 150 000 € chaque année, pour ce type de dépenses classées-là en fonctionnement.

De l’aménagement de la ville, permettez-moi de passer à l’aménagement du territoire, en saluant l’arrivée depuis la mi-décembre dans nos rues d’un service de transport interurbain. « Lebus » est enfin en circulation dans Clermont et les communes limitrophes. J’apporte tous mes encouragements à Jean-Claude PELLERIN, à qui j’ai passé le relais à la Présidence du syndicat intercommunal, créé pour gérer ce service essentiellement financé par les employeurs de nos communes. Il aura fallu beaucoup de temps pour qu’enfin une liaison irrigue les points névralgiques de notre agglomération : la gare, les établissements scolaires, les zones d’activités, les hôpitaux. Bien entendu ce service n’avait de sens qu’en se groupant à plusieurs communes : les besoins de la population étant décidément les mêmes.

Autre domaine important à nos yeux : l’animation culturelle, partagée, sur notre territoire, avec le Pays du Clermontois.

Une priorité nous guide dans cette politique : rendre accessible à chacun une expression artistique de qualité, sans disposer toutefois d’outils scéniques que peuvent proposer les grandes villes du département.

Et le partenariat avec le tissu associatif est très important dans cette volonté. Ainsi, Clermont commence-t-elle à se faire un nom dans le réseau de la photographie contemporaine, grâce à son partenariat avec l’association Diaphane. Ce pôle photographique régional, pour lequel nous mettons à disposition une demeure dans la ville, ainsi qu’un appartement permettant de recevoir des artistes en résidence, utilise régulièrement le très bel espace culturel Séraphine Louis, au pied du Donjon.

Les expositions picturales continuent toujours d’attirer des amateurs éclairés, même si les présentations plus contemporaines, comme celles du FRAC, le Fonds Régional d’Art Contemporain, que nous retrouverons en mars 2015, laissent souvent perplexes.

Les expositions thématiques attirent généralement un large public et pour avril 2015, signalons celle concoctée par plusieurs associations pour nous faire découvrir l’explorateur clermontois François Tabuteau.

Pour ce qui est du spectacle vivant, le soutien aux initiatives associatives que sont le festival des Arts Urbains et les Zicophonies, permet aux jeunes et aux moins jeunes de découvrir des talents émergents et des artistes confirmés dans leurs disciplines.

Et dans un partenariat financier toujours complexe, le Pays du Clermontois et la ville ont, en 2014 encore, proposé un week-end de théâtre de rue dans le Parc du Chatellier.

Le retour de propositions de concerts de musique classique ou en 2014 de musique contemporaine, là encore à l’initiative d’associations est aussi à saluer et sera certainement consolidé par une programmation récurrente à l’avenir, puisqu’un public mélomane se montre intéressé, au-delà même du réseau de l’école de musique du Clermontois. Là encore, nous devrons trouver le créneau qui nous distinguera des grosses collectivités qui peuvent, dans des espaces dédiés, accueillir de prestigieux concerts.

L’offre cinématographique en centre-Oise revient aussi en ce moment à l’ordre du jour. Le projet de construction d’un cinéma multiplexe sur la zone d’activités de Fitz-James semble se concrétiser, même s’il faut rester prudent en la matière. Quoi qu’il en soit, comme nous l’avions indiqué lors de la campagne électorale l’an dernier, si la salle Paul Lebrun en centre-ville venait à être désaffectée, elle resterait toujours un lieu d’animation culturelle.

Sur ce sujet, comme sur l’action culturelle en général, il conviendra de clarifier le rôle tenu par le Pays du Clermontois et celui de la commune. Une rationalisation des moyens permettrait de progresser en cohérence et en efficacité pour aller chercher les publics que l’on ne voit jamais, non pour des raisons financières, puisque les propositions culturelles sont souvent gratuites ou d’un coût d’accès modique, mais pour des raisons qui tiennent à l’image de soi,

la crainte de l’autre, le sentiment de ne pas appartenir au même monde que les organisateurs, de ne pas posséder les bons codes sociaux.

Si nous avons un rôle à jouer en matière culturelle, c’est justement de briser ce mur de verre qui compartimente notre société. C’est d’ailleurs l’un des enjeux de l’activité du centre socioculturel à Clermont.

En lien étroit avec la médiathèque, le service culturel, le centre communal d’action sociale et l’épicerie « coup de pouce », le centre socioculturel amène différents publics aux animations proposées dans la ville, voire à des sorties à l’extérieur.

Ce type d’initiatives, qui n’est pertinent que dans la durée, va pouvoir trouver un soutien non négligeable dans le cadre de ce qu’on appelle « la politique de la ville », à laquelle Clermont est désormais éligible.

En juin 2014, le gouvernement a en effet décidé de modifier sa politique de revalorisation des quartiers en difficulté, en l’ouvrant non plus seulement aux grands ensembles urbains, mais aussi aux petites villes. Et c’est ainsi que dans l’Oise, Clermont, Liancourt, Pont-Sainte-Maxence et Crépy-en-Valois ont été sollicitées pour signer un « contrat de ville ».

En fait, il s’agit pour l’Etat d’agir simultanément sur tous les leviers de ses financements : développement social et culturel, revitalisation économique, emploi, amélioration du cadre de vie, sécurité, prévention de la délinquance, santé… pour des quartiers ciblés comme prioritaires.

A Clermont, c’est le quartier des Sables qui a été retenu. Bien entendu nous accueillons positivement cette décision, puisqu’elle permettra de meilleurs financements d’actions déjà entreprises et qu’elle en développera certainement de nouvelles.

Mais après les 6 000 000 d’€uros consacrés :par l’OPAC avec la rénovation des immeubles et des parkings, par la commune avec la construction de son centre socioculturel et par la communauté de communes avec l’implantation de la Maison de la Petite Enfance, nous ne pouvons pas manquer de trouver ce choix presque tardif.

Car si du côté animation, prévention de la délinquance, accompagnement social des familles en difficulté, beaucoup est déjà fait sur le terrain, c’est surtout du manque d’emplois stables et durables que de nombreuses familles souffrent !

Bien sûr ce quartier peut encore profiter d’aménagements structurants. Ainsi, profitons-nous du contrat de ville en préparation pour étudier la possibilité de construction d’une salle de boxe, liée à un agrandissement des infrastructures du club de tennis ; nous avons sur ce projet saisi également le conseil régional de Picardie.

La procédure de préparation du contrat de ville, réalisée il faut le souligner par nos services et sans l’intervention d’un organisme extérieur, est donc bien avancée : le centre socioculturel achève le diagnostic socio-économique du quartier des Sables, les élus ont tracé quelques grands axes d’intervention, et nous mettrons en place, un « conseil citoyen », qui a pour but d’associer les habitants au processus de décision des actions menées dans leur quartier.

Je renouvelle au passage l’appel lancé, dans le dernier bulletin municipal, aux habitants du quartier des Sables qui souhaiteraient constituer ce conseil citoyen.

Autre nouveauté de la réforme de sa politique de la ville : l’Etat veut y associer pleinement les structures intercommunales. Je serai donc appelé en juin à signer ce contrat de ville en tant que Maire, mais aussi au nom de la communauté de communes. Cette obligation est une nouvelle illustration de la volonté de l’Etat de renforcer le rôle de l’intercommunalité dans la gestion locale.

Et c’est par cette dernière thématique, caractéristique des années qui s’ouvrent à nous, que je souhaiterais terminer mon propos ce soir.

Dépassant les clivages politiques traditionnels gauche-droite, depuis de nombreuses années, l’orientation de l’Etat reste inflexible.

Obligé de faire économies budgétaires drastiques, celui-ci entend réorganiser la décentralisation, en incitant financièrement ou administrativement les collectivités à se regrouper.

Si l’opportunité d’une réforme territoriale est aujourd’hui admise par tous, sa mise en place laisse pour le moins circonspect. Incompréhensible et mal présenté, c’est ce qui arrive brutalement aux régions. Dans une valse-hésitation incroyable, le sort des départements sera certainement encore rediscuté dans les années qui viennent et même dans le cas d’un changement de majorité nationale.

Pour ce qu’on appelle le « bloc communal », regroupant désormais d’un même terme les communes et leur intercommunalité, il est clair que le sens de l’histoire va vers une montée en puissance des structures intercommunales. L’accélération des contraintes juridiques et administratives pèse d’abord lourdement pour ces petites communes qui ont peu de personnel. Par ailleurs la tendance des dotations budgétaires fournies par l’Etat est claire : moins de baisse pour les intercommunalités qui se renforcent, pour les communes et intercommunalités qui pratiqueront la mutualisation des personnels et des services, baisse plus sévères pour celles qui ne joueront pas le jeu !

Au-delà des pouvoirs locaux qui vont être malmenés, la vraie question qui doit éclairer nos débats est : comment dans ce contexte rendre le meilleur service public de proximité ?

Sur de nombreux sujets déjà, les communes savent se regrouper pour agir : le traitement des eaux, le traitement des déchets, le développement de zones d’activités économiques.

Il va maintenant falloir réfléchir sur d’autres secteurs d’action qui permettraient de faire des économies d’échelle ou tout simplement qui permettrait aux services d’être accessibles à toute la population d’un territoire : qu’elle soit en ville ou à la campagne.

Et il va falloir y réfléchir maintenant.

Plus tard, ce sera trop tard ; notamment pour les communes qui ne sont pas regroupées dans de grandes agglomérations, qui, elles, ont déjà accéléré leur intégration et étendu leur efficacité ces dernières années.

Ces questions fondamentales sont de la responsabilité des élus locaux du centre- Oise, lors de ce mandat qui commence.

Pour terminer je voudrais maintenant de remercier tous celles et tous ceux qui œuvrent au quotidien pour servir notre commune et ses habitants : les maires- adjoints, les conseillers municipaux, le personnel communal.

J’en profite également pour remercier nos partenaires institutionnels, je pense notamment aux services de la sous-préfecture, de la gendarmerie et des pompiers.

Merci également aux bénévoles, aux responsables associatifs et à tous ceux qui font vivre le lien social, dans une période où le dépit, le repli sur soi et la crainte de l’autre pourraient nous ramener à vivre des heures difficiles.

Souhaitons, notamment en réaction à ce qui se passe depuis mercredi, que 2015 soit une année où nos actes soient guidés par une volonté d’harmonie entre les citoyens.

Bonne année à toutes et à tous, et selon la tradition républicaine, permettez-moi de vous inviter à partager le verre de la fraternité.

Lionel OLLIVIER
Maire de CLERMONT
Vendredi 9 janvier 2015

Voeux de M. le Maire - 10 janvier 2014

¤ Mise à jour le 18 janvier 2013 : vous avez la possibilité d’écouter le discours.

[…] Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans la salle des fêtes André Pommery, pour cette traditionnelle cérémonie des vœux.

Je tiens à remercier Charlotte et Maxime, représentants du conseil municipal enfants, pour l’exercice difficile auquel ils viennent de se livrer devant nous. J’en profite pour saluer le sérieux toujours renouvelé de ces jeunes élus à qui j’adresse tous mes vœux, en leur souhaitant une pleine réussite dans la réalisation de leurs projets. […]

10 janvier 2014 – Discours prononcé à l’occasion des Voeux de la Ville de Clermont

Monsieur le Président du Conseil Régional de Picardie,
Monsieur le Premier Vice-président du Conseil Général de l’Oise,
Monsieur le Président de la Communauté de Communes du Clermontois,
Mesdames, Messieurs les élus,
Monsieur le Commandant du groupement de gendarmerie de l’arrondissement de Clermont,
Monsieur le Chef du centre de secours du Clermontois,
Mesdames, Messieurs les représentants des administrations et des entreprises,
Monsieur l’Archiprêtre,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans la salle des fêtes André Pommery, pour cette traditionnelle cérémonie des vœux.

Je tiens à remercier Charlotte et Maxime, représentants du conseil municipal enfants, pour l’exercice difficile auquel ils viennent de se livrer devant nous. J’en profite pour saluer le sérieux toujours renouvelé de ces jeunes élus à qui j’adresse tous mes vœux, en leur souhaitant une pleine réussite dans la réalisation de leurs projets.

Plus largement, je vous souhaite, à toutes et à tous, au nom de la Municipalité et en mon nom personnel, une très bonne année 2014. Qu’elle apporte santé, joie et sérénité, à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

Nous aurons une pensée émue aussi pour tous ceux qui nous ont quittés en 2013.

Deux figures locales ont ainsi disparu, provoquant au-delà de la douleur de leurs proches, une perte pour notre commune : Hubert TUMERELLE puis France-Raphaële FLEURY, deux figures de la Résistance.

Nous aurons également une pensée pour ceux qui ne sont pas parmi nous, parce qu’ils luttent contre la maladie. Nous leur souhaitons tout le courage nécessaire pour lutter contre cette injustice devant laquelle la vie nous place. Et je salue ici la gardienne de cette salle que bon nombre d’entre vous connaissent et qu’un accident cardiaque tient éloignée pour quelques semaines, sans oublier les autres agents municipaux qui connaissent des soucis de santé.

Les élus locaux ne seraient que des rois nus, s’il n’y avait pas les agents municipaux, pour assurer au quotidien des tâches aussi variées que le sont les compétences dévolues à une commune. Tâches professionnelles de plus en plus normées, de plus en plus complexes, tâches nobles puisqu’au service de la population, mais tâches parfois ingrates, car exercées face à cette même population.

Il y a près de deux siècles Alfred de Vigny écrivait « Servitude et grandeur militaires » et nous pourrions le paraphraser en parlant de la servitude et des grandeurs de la Fonction Publique. Cette fonction publique si vilipendée, jugée globalement si nombreuse et pourtant réclamée secteur par secteur : enseignement, sécurité, santé, justice…

Au niveau local, la même dichotomie est observable : les dépenses de fonctionnement sont jugées sévèrement, tandis qu’est réclamée régulièrement la présence de davantage de personnel dans les écoles, dans l’entretien des rues, pour s’occuper des jeunes ou pour veiller à la sécurité du territoire.

Bien entendu tout est possible dans les discours, tout est envisageable dans la posture. Mais tout est affaire d’équilibre quand on passe à la réalité.

Cet équilibre, c’est, je crois, ce qui anime notre équipe municipale. Dans le film qui a retracé les principaux événements de la commune en 2013, vous avez pu voir que, dans un contexte global qui ne s’améliore pas, nous essayons de proposer des services et des animations si divers, qu’ils ne délaissent aucune partie de la population ; et nous décidons d’investissements qui préparent l’avenir de notre commune et des générations qui nous suivent.

Je ne vais pas revenir ce soir sur tout ce qui a été réalisé en 2013, mais je voudrais puiser quelques éléments pour les mettre en perspective et faire ressortir la logique de décisions qui peuvent a priori paraître disparates.

Une porte d’entrée intéressante serait d’aborder l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme, car ce document administratif, stratégique pour la commune, balaie de façon transversale à peu près toutes les dimensions de la politique locale, bien au-delà des seules règles d’urbanisme.

Ce document, finalisé à l’automne dernier, est actuellement soumis à une dernière consultation de ce qu’on appelle les personnes publiques associées : c’est-à-dire les communes limitrophes, les chambres consulaires, les différents corps administratifs de l’Etat. La proximité des élections municipales rendant illégale la mise en place de l’enquête publique, celle-ci se fera au deuxième trimestre de cette année.

L’élaboration de ce PLU est d’abord un travail de concertation : tracer pour les vingt prochaines années les perspectives d’évolution d’une commune ne se fait pas dans les secrets d’un bureau. Ce serait contre-productif et ce n’est pas notre façon de pratiquer la gouvernance locale.

Plusieurs réunions publiques, plusieurs débats au conseil municipal ont été organisés. De plus, nous avons sollicité, à différents stades d’évolution de ce document, une instance très particulière à notre ville. C’est aussi, en effet, avec le Conseil Local de Développement Durable que nous avons avancé des pistes.

Je voudrais m’arrêter quelques instants sur cette assemblée de citoyens clermontois, créée en 2009. A ses débuts, certains n’y croyaient pas : encore une « commission Théodule », un simple coup de com’, une instance lourde et inutile, voire un cercle d’amis du maire juste bons à entériner des décisions prises ailleurs.

Après quatre ans d’activités, dont nous venons de faire le bilan avant-hier, on peut dire que toutes ces objections sont tombées : bon nombre de ces Clermontois se sont réunis, ont fait des propositions, ont suivi la réalisation de leurs projets, au sein de quatre commissions liées à la philosophie du développement durable : mise en valeur du patrimoine, déplacement dans la ville, économie solidaire, et éducation à l’environnement.

Bien évidemment les problématiques soulevées par la création d’un Plan Local d’Urbanisme étaient au cœur de leurs préoccupations.

Aussi, à côté des réflexions des élus locaux, des services administratifs et techniques, cette instance a participé pleinement à l’élaboration du PLU, que l’on pourrait résumer rapidement ainsi :

  • augmentation modérée de la population, puisque les zones constructibles restent limitées aux deux tiers d’un territoire communal déjà restreint.
  • ce qui permet de conserver le patrimoine naturel qui fait l’équilibre et l’attrait de notre commune : espaces boisés, prairies, jardins familiaux, chemins ruraux, doivent continuer à recevoir l’attention de la collectivité.
  • la mise en valeur du patrimoine historique, atout communal important, doit également se poursuivre, en veillant à ne pas considérer comme tel seulement les monuments historiques, mais en accompagnant et en conseillant les propriétaires privées de bâtisses remarquables qui fondent l’unité et l’identité de notre belle commune, plutôt épargnée par les guerres du XXe siècle. La requalification des rues du centre-ville a ainsi contribué à mettre en valeur le bâti ancien clermontois et lorsque nous décidons d’aider financièrement les commerçants pour refaire leurs vitrines et rendre accessibles aux handicapés leur commerce, nous suivons cette même préoccupation.
  • les enjeux économiques ne sont pas absents du développement stratégique de la commune contenu dans le PLU, même si l’essentiel de l’action politique économique est confiée à la communauté de communes. Ces enjeux ont été principalement définis autour de deux axes : maintien des activités hospitalières et développement des professions qui y sont liées d’une part et renforcement du pôle de la gare, véritable point d’entrée du territoire du centre-Oise, d’autre part.

Comme vous le constatez, évoquer le Plan Local d’Urbanisme, c’est aborder l’ensemble des points forts d’une politique communale.

Pour ce qui relève du premier point, l’activité hospitalière et les lieux de soins, la situation actuelle est contrastée.

Présent sur Clermont, Fitz-James et Breuil-le-Sec, le centre hospitalier interdépartemental est l’un des principaux hôpitaux psychiatriques de France et le premier employeur du département. Dans un cadre financier très contraint, au vu des choix nationaux en matière de politique de santé, l’établissement poursuit son évolution. De nombreux investissements sont programmés pour moderniser certaines structures, en développer d’autres et une rationalisation des frais de fonctionnement s’impose, sans toutefois renoncer à la sécurité et au bien-être du patient. Nous restons bien entendu attentifs au dialogue social actuellement centré sur l’organisation du temps de travail et nous étudions avec la direction du CHI les conséquences du redéploiement des services vers Fitz-James, et aussi la localisation dans Clermont d’une nouvelle maison d’accueil spécialisé. Notre budget communal est dix fois inférieur à celui de ce grand établissement, mais nous ne nous interdisons pas, pour accélérer certaines décisions, de proposer d’aider financièrement le CHI autour de ses projets d’investissement. Après tout, l’aide publique dans l’aménagement d’infrastructures autour des entreprises est quelque chose de courant ; or, sur le plan économique, ici, en centre-Oise, notre grande entreprise, c’est le CHI.

Le même raisonnement doit bien sûr s’appliquer au centre hospitalier général.

L’Agence Régionale de Santé a, pendant plusieurs années, reçu consigne de tarder à répondre concrètement à la reconstruction de l’hôpital général sur Fitz-James : il manquait toujours des études, des chiffres, des preuves de financement, de nouvelles mutualisations avec les établissements voisins.

Si l’on peut regretter la récente réponse négative du Ministère de la Santé par rapport à ce projet, au moins peut-on noter le courage d’annoncer la sombre nouvelle et la fin de ce jeu de dupes savamment entretenu ces dix dernières années.

L’arrêt du plan de déménagement sur Fitz-James ne signifie pas pour autant l’abandon de l’hôpital général, mais nous souhaitons réellement sortir de l’impasse dans laquelle est enfermé cet établissement, dont le personnel a toujours su faire preuve d’énergie.

Avec notre conseiller général André Vantomme et le président du conseil de surveillance, Claude Gewerc, je serai reçu le mois prochain au Ministère de la Santé. Les questions seront simples à poser : qu’est-il envisagé pour la mise aux normes de notre établissement sans interrompre son activité ? Quel calendrier budgétaire est-il prévu ?

Renforcer le pôle hospitalier du centre-Oise, c’est aussi accueillir sur notre territoire de nouvelles structures médicales et médico-sociales. C’est bien à Clermont que s’achève la construction du CESAP, et que sont transférés et donc pérennisés ici, chez nous, 350 emplois. C’est à Clermont également, et plus précisément à côté de l’école des Sables, que commencent les travaux de construction d’un externat de ce même CESAP, ainsi que d’un Centre Médico-Psycho-Pédagogique.

Et c’est sur Clermont enfin que s’amorce la réflexion sur l’ouverture d’un centre de formation aux métiers d’aide à la personne porté par un partenaire du CESAP.

Cette spécialité d’accueil du handicap est ancienne à Clermont et notre territoire est reconnu en la matière. C’est en creusant cette particularité, en accompagnant les professionnels que se tissent des liens, se créent des réseaux, s’ouvrent des perspectives.

C’est un travail de longue haleine, nécessitant l’obtention de financements lourds et donc longs à obtenir, mais ne cachons pas notre satisfaction lorsque les résultats sont concrets et que les constructions s’élèvent autour de nous.

L’autre axe économique relevé dans les documents d’élaboration du Plan Local d’Urbanisme, c’est le renforcement du pôle de la gare SNCF.

L’un des attraits que possède la ville de Clermont reste aussi et depuis longtemps sa desserte ferroviaire sur la ligne nord de la SNCF. Alors bien sûr, les grincheux ressortent régulièrement la tarte à la crème qu’est la menace de la ville-dortoir. Vous avez sous les yeux un article du Figaro datant de mai 1956 qui présente déjà notre commune comme telle. Soixante ans qu’on nous sort les mêmes arguments, pour ceux qui n’ont rien à proposer…

Oui, cette gare est un véritable atout pour le centre-Oise. Et l’aménagement du barreau Creil-Roissy, un attrait supplémentaire si nous savons nous y préparer. La présence du train peut permettre à nos concitoyens de rester ici en allant travailler vers les grands bassins d’emploi ; elle incite par ailleurs de nouvelles populations à s’installer sur notre territoire. Or l’évolution des modes de déplacements que notre société traverse va amplifier l’usage du transport collectif.

Le pôle de la gare devient donc un enjeu majeur pour notre commune et ses larges environs. Et plusieurs aspects de la politique locale se retrouvent ici : la requalification du quartier, la définition d’un plan de déplacement alternatif à la voiture et l’accompagnement des travaux envisagés sur la gare et l’accès aux trains.

La requalification du quartier, on en parle depuis de nombreuses années et elle avance à mesure que les obstacles sont levés. La friche industrielle THERON a été acquise et sera rasée dans les mois qui viennent, ainsi que deux propriétés contiguës dans la rue Henri Barbusse. Les pourparlers avec la coopérative agricole se poursuivent. Le 26 novembre dernier, dans la salle où nous sommes, je suis allé à la rencontre des agriculteurs à l’occasion de l’assemblée générale de la coopérative. Après avoir entendu une intéressante conférence sur l’intérêt d’investir sur le blé ukrainien, je leur ai rappelé mon devoir de Maire, garant de l’intérêt général. J’ai expliqué les raisons de la procédure de déclaration d’utilité publique que le conseil municipal avait adoptée en vue d’une éventuelle expropriation. J’ai rappelé aussi que le prix fixé par France Domaines, c’est-à-dire par les services de l’Etat, pour le rachat de leur propriété, s’imposait à tous, et que la marge de négociation possible restait limitée à un pourcentage imposé également par l’administration.

Je comprends aussi volontiers que chacun cherche à défendre ses intérêts privés. Mais je ne doute pas qu’une entente soit trouvée, nous évitant ainsi la complexité, le coût et les lenteurs du recours au juge de l’expropriation. Je ferai en tout cas tout pour que cette entente soit trouvée, au mieux de l’intérêt des Clermontois.

Les plans de la ZAC des Marettes ont donc finalement été approuvés par l’ensemble des services de l’Etat, entre une direction départementale des territoires qui souhaitait moins d’étalement des immeubles au profit d’une densification verticale et un Architecte des Bâtiments de France qui exigeait des bâtiments moins hauts et plus étendus… Je tiens à remercier sur ce point l’opiniâtreté de Monsieur le Sous-préfet, à qui j’ai remis mardi la médaille de la ville à l’occasion de son départ.

Le projet est actuellement soumis à une enquête publique en mairie.

Entre la gare et les futurs immeubles doivent bien entendu s’insérer des moyens d’accès au train. Nous avons déjà réalisé un premier grand parking à côté de la voie ferrée et nous prévoyons la construction d’un parking à étages, végétalisé pour mieux le dissimuler dans son environnement. Mais nous avons bien conscience que la solution n’est pas de multiplier à l’infini les offres de parkings, car elles sont un appel à de nouvelles voitures.

Un syndicat intercommunal des transports a été créé en 2013 et lance actuellement un appel d’offres auprès de transporteurs privés pour desservir les communes d’Agnetz, Breuil-le-Sec, Breuil-le-Vert, Fitz-James, Neuilly et Clermont. Des bus relieront ainsi dans le courant de l’année les principaux employeurs, les collèges et lycées, la piscine, le centre-ville et la gare bien-sûr.

Parallèlement, nous étudions aussi la création de pistes cyclables, pour desservir ces équipements et offrir une alternative au transport motorisé.

Un service vélo en gare est d’ailleurs prévu : il complétera ce que nous avons récemment mis en place dans le pôle-service où déjà des abonnés peuvent prendre leur panier de légumes issus des « Jardins du Plateau Picard », déposer leur linge à un service pressing. L’accueil des vélos et leur petite réparation sera le prochain volet que nous prévoyons, en concertation avec les travaux qui, à l’initiative du Conseil Régional de Picardie, seront lancés sur la gare de Clermont au second semestre de l’année. Un million et demi d’euros d’investissement, financé par le conseil régional à 54%, par l’Etat et la SNCF, seront débloqués pour moderniser la gare et l’accueil du public sur les quais.

Et à partir de l’an prochain, c’est la passerelle qui sera remplacée pour être accessible aux normes handicapées : ce sont près de 9 millions d’euros de travaux, financés par le conseil régional, l’Etat et RFF qui y seront consacrés.

La définition des enjeux stratégiques en matière d’aménagement de la commune, c’est le fondement même du Plan Local d’Urbanisme, qui n’a fait l’objet d’aucune remarque, aucune critique lors de son passage devant le conseil municipal.

Cette unanimité de l’ensemble des conseillers municipaux, nous la saluons. Nous la considérons comme un encouragement à poursuivre en ce sens.

2013 à Clermont c’est aussi un ensemble d’investissements, dans la droite ligne de ce que nous avons engagé depuis plusieurs années. Ces investissements, ce sont de nombreux emplois pour les entreprises de la région qui les ont assurés.

La sécurisation du donjon est maintenant terminée, ce qui nous a permis d’ouvrir le site à l’occasion des belles journées du patrimoine, agrémentées cette années de moments musicaux, grâce à l’initiative de l’association des parents d’élèves et amis de l’école de musique. Il nous reste à définir, en accord avec l’architecte des Bâtiments de France, la conservation de quelques éléments de charpentes au cœur de la ruine. Déjà, nous avons demandé à l’association Histoire et Tradition de créer un jardin médiéval devant le monument. L’esplanade a été longuement nettoyée durant l’été par un chantier d’insertion en espaces verts et il ne reste plus qu’à l’aménager en promenade, agrémentée d’un espace de théâtre à ciel ouvert, pour y organiser des spectacles. Ces travaux importants, portés pour moitié par le Conseil Général de l’Oise, auront sauvé ce monument millénaire, cher au cœur des Clermontois et fédérateur de notre identité.

D’autres espaces publics ont bénéficié d’une requalification en 2013, comme le film l’a illustré.

La rue du Donjon, la partie basse de la rue de la Croix Picard, et bien-sûr la rue Pierre Viénot ont été réaménagées. Une extension du parking de l’avenue de Chiaramonte-Gulfi a également été réalisée.

Ce sont près de deux millions d’euros qui ont été consacrés à ces chantiers.

Auxquels on pourrait ajouter également les investissements réalisés par la Communauté de Communes du Clermontois : étude sur le giratoire prévu au carrefour de la laiterie, réfection des réseaux d’eau ou construction de la Maison de la Petite Enfance.

Un autre axe important de notre politique, c’est, vous le savez, l’enseignement. Depuis les lois de décentralisation, la construction et l’entretien des bâtiments des écoles maternelles et élémentaires reviennent aux communes. Depuis une dizaine d’années, nous avons retravaillé chaque groupe scolaire, en concertation avec les enseignants et les parents d’élèves.

C’est ainsi qu’en 2013, un restaurant scolaire a été construit pour l’école des Sables, pour un budget de 905 000 euros, subventionné à 23 % par le conseil général et à 42 % par le conseil régional dans le cadre de son plan de relance de l’économie en Picardie. Répondant aux dernières normes en vigueur, ce bâtiment comprend une salle pour les maternels et une salle pour les élémentaires. L’espace dégagé par l’ancienne cantine sera, lui, consacré à l’aménagement d’un dortoir et à l’extension de la scolarisation des enfants mal-entendants d’une partie du département, actuellement dispersés entre Creil et Clermont. Là encore, vous l’aurez compris, nous renforçons notre spécificité d’accueil du handicap.

2013 a également vu la construction de nouveaux vestiaires au stade de rugby. Le sport représente une dimension importante du bien vivre ensemble, lorsqu’il est correctement encadré et défend des valeurs d’accomplissement plutôt que de haine de l’adversaire. Cette philosophie, nous savons qu’au niveau local elle est partagée par les dirigeants et les nombreux bénévoles des clubs sportifs.

Accompagner les clubs sportifs tout au long de l’année, faire connaître leur pratique auprès des enfants accueillis dans nos structures pendant les vacances et durant le temps périscolaire, c’est aussi développer auprès de nos jeunes le respect des règles, le respect de l’autre, c’est aussi canaliser leur énergie vers la recherche de la performance et le dépassement de soi-même.

Il faut saluer ici le bénévolat, c’est-à-dire la bonne volonté, en semaine comme le week-end, de ceux qui entourent les enfants et les adolescents, et sans lesquels la pratique sportive ne serait réservée qu’à une élite.

Alors bien-sûr toutes les demandes ne peuvent être satisfaites en même temps. Mais entre le travail de la communauté de communes qui possède les gymnases et celui de la ville qui possède les autres équipements sportifs, les infrastructures ont beaucoup évolué ces dernières années.

Je m’interdirais d’évoquer ce soir les perspectives à venir et les investissements envisagés.

Pour ce qui concerne 2014, je ne me bornerai qu’à souligner le travail auquel se livrent les services municipaux et de nombreuses associations locales autour d’un sujet qui nous rassemblera tous, dans un esprit républicain : le centenaire de la Première Guerre mondiale.

Ainsi, en parallèle avec le programme culturel classique, dont vous connaissez la diversité, vous retrouverez plusieurs manifestations, là aussi d’expression variée, autour du souvenir de ce premier conflit mondial, matrice des équilibres et déséquilibres de tout le XXe siècle et qui forge encore les bases de nos relations internationales en ce début de XXIe siècle.

Déjà, plusieurs des projets qui vous seront proposés ont reçu le label national du Centenaire.

Un spectacle sera visible dans cette salle en février, avec une séance plus particulièrement réservée aux enfants et aux jeunes. Une exposition, un film et un livre sont en préparation pour la fin de l’année.

« Se souvenir, ce n’est pas ressasser le passé, mais éclairer en intelligence le présent ».

C’est aussi dans ce principe que nous travaillons pour préparer l’avenir de notre commune, pour la faire avancer pleinement dans notre siècle, tout en préservant et en respectant son identité, faite d’équilibre et de tolérance face à la différence.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et vous invite à partager le verre républicain de l’amitié.

Lionel OLLIVIER,
Maire de CLERMONT

Vidéo rétrospective de l’année 2013

Voeux de M. le Maire - 11 janvier 2013

[…] Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à la salle des fêtes André Pommery, pour cette traditionnelle cérémonie des vœux. Nous avons toujours fait de ce rendez-vous annuel, un moment important, parce qu’il permet de retracer les actions passées, de rendre compte de l’avancée des principaux dossiers qui concernent les Clermontois et de dessiner des perspectives, rendant ainsi toute sa cohérence à une certaine vision pour Clermont et pour le centre-Oise […]

11 janvier 2013 – Discours prononcé à l’occasion des Voeux de la Ville de Clermont

00:37/42:34

Monsieur le Président du Conseil Régional de Picardie,
Monsieur le Président de la Communauté de Communes du Clermontois,
Mesdames, Messieurs les élus,
Monsieur le Commandant du groupement de gendarmerie de l’arrondissement de Clermont,
Monsieur le Chef du centre de secours de Clermont,
Mesdames, Messieurs les représentants des administrations et des entreprises,
Monsieur l’Archiprêtre,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à la salle des fêtes André Pommery, pour cette traditionnelle cérémonie des vœux. Nous avons toujours fait de ce rendez-vous annuel, un moment important, parce qu’il permet de retracer les actions passées, de rendre compte de l’avancée des principaux dossiers qui concernent les Clermontois et de dessiner des perspectives, rendant ainsi toute sa cohérence à une certaine vision pour Clermont et pour le centre-Oise.

Je tiens à remercier Manon et Martin, représentants du conseil municipal enfants, pour l’exercice difficile auquel ils viennent de se livrer devant nous. J’en profite pour saluer le sérieux toujours renouvelé de ces jeunes, qui se succèdent au fil des mandats et j’adresse tous mes vœux à l’ensemble des conseillers municipaux enfants, en leur souhaitant une pleine réussite dans la réalisation de leurs projets.

Plus largement, je vous souhaite, à toutes et à tous, au nom de la Municipalité et en mon nom personnel, une très bonne année 2013. Qu’elle apporte santé, joie et sérénité, à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

Mes vœux se tourneront naturellement enfin vers Clermont, à qui je souhaite la poursuite de son développement, que nous essayons de rendre harmonieux, afin que chacun puisse y trouver sa place.

Dans une société en mutation, où de nombreux repères sont bousculés, la commune apparaît, pour quelque temps encore, une communauté humaine, où peuvent se maintenir des élans de solidarité, même si le contexte économique demeure difficile et conduit les politiques publiques locales à la prudence.

Prudents, nous l’avons toujours été et nous le resterons. Car cette disposition d’esprit ne nous empêche pas, bien au contraire, de faire avancer la ville que nous habitons et que nous aimons, et ne nous empêche pas non plus de préparer son avenir.

Nous voici donc à l’aube de l’année 2013, année que beaucoup qualifient déjà de difficile sur le plan social et économique.

L’espoir qu’a suscité en 2012 l’alternance voulue par la majorité des Français, semble aujourd’hui s’effacer face à la franchise de nos dirigeants, qui nous annoncent le bénéfice de nos efforts actuels, au mieux pour la fin de l’année 2013.

On sent que le gouvernement a voulu marquer en ce début d’exercice sa volonté d’endiguer un déficit public record : l’annonce des premières mesures a d’ailleurs été saluée, par des taux d’intérêt historiquement bas, pour les nouveaux emprunts contractés par notre pays.

On sent aussi la volonté de partager plus équitablement le poids de l’effort sur l’ensemble de la population, notamment sur les classes sociales les plus aisées. Même si la focale médiatique s’est resserrée essentiellement sur l’exil ou plutôt l’errance fiscale d’un comédien.

On sent pourtant que les incantations autour du retour à la croissance, comme seule recette pour créer des emplois ne tiennent plus : voilà quarante ans que les gouvernements successifs y travaillent et autant d’années où le chômage reste un problème endémique. La croissance, comme seul moteur de création d’emplois, ne peut pas non plus nous être présentée comme la solution, alors qu’elle est responsable de la dégradation continue de notre environnement.

Et c’est toutefois dans ce contexte difficile, qu’à la tête de nos collectivités, nous devons prendre nos responsabilités et agir pour le bien commun.

Et c’est dans cette crise qui n’en finit pas, que nos concitoyens se débattent et qu’ils demandent à leurs représentants politiques de tracer des lignes claires, même s’ils sont conscients que le pouvoir politique ne peut pas tout.

Alors, au niveau local nous devons aussi agir ; nous devons prendre nos responsabilités.

A Clermont, la Municipalité a ainsi souhaité s’engager sur le front de l’emploi. Certes, il n’est pas du ressort du secteur public de créer des emplois, dès que le secteur privé est en panne. Pourtant, il nous faut aussi répondre à ces familles dont les adolescents peinent à trouver leur voie professionnelle. Il nous faut aussi être attentifs à ces jeunes gens, parfois jeunes parents, qui ont, eux aussi, des difficultés à s’insérer dans la vie active.

La formation et la mobilité sont des éléments-clés dans ce genre de problématique. Principal de collège, Président de la Mission Locale, et bien entendu en ma qualité de Maire, je vois cette détresse au quotidien ; et je suis particulièrement sensible à cet aspect.

A Clermont, nous prenons en charge les jeunes, à travers le centre socioculturel dans le cadre de leurs loisirs et de leur suivi social si besoin est.

Mais nous avons décidé de relayer les efforts remarquables du Conseil Régional en matière de formation : nous employons ainsi 15 apprentis dans différents services, alors même que sans réseau de connaissance, les parents ont bien du mal à trouver un patron à leurs enfants.

Nous formons aussi chaque année, depuis 2010, une vingtaine de jeunes aux métiers de l’animation, en finançant une formation parfois inaccessible pour le budget de leurs parents. Ils peuvent ainsi découvrir un métier ; l’exercer pendant les vacances, lorsqu’ils poursuivent et veulent financer leurs études, voire s’insérer dans un véritable métier, puisque les collectivités recherchent de plus en plus d’animateurs diplômés, pour encadrer les activités périscolaires et de loisirs.

Nous nous sommes engagés aussi avec l’association « Recherche Emplois Bury », à fournir du travail dans l’entretien des espaces naturels de la ville pour 16 personnes en insertion. Vous les avez peut-être déjà croisées dans les chemins ruraux, ou dans les marais ; ils travaillent actuellement au débroussaillage de parcelles acquises par la ville, ruelle des Ursulines à côté du « Petit Pré ». Là encore ce dispositif leur permet d’avoir accès à un parcours de formation et à une véritable expérience professionnelle.

Enfin, nous avons souhaité nous inscrire dans le programme des « Emplois d’Avenir » promis par le candidat Hollande et mis en place par le gouvernement Ayrault. Accompagnés d’une formation obligatoire, ces postes permettront là-aussi à des jeunes de se confronter au milieu professionnel, à la hiérarchie, aux horaires à respecter, au travail d’équipe, bref à tout ce qui peut représenter des contraintes pour des individus que nous ne pouvons pas regarder se désocialiser sans agir. J’espère que nous serons rejoints par d’autres employeurs publics du secteur, pour participer, chacun selon ses capacités, à la lutte contre ce fléau qu’est le chômage durable dans notre société.

Mais former des jeunes sans soutenir l’activité du secteur privé ne serait bien entendu qu’un leurre ou une incompréhension des réalités économiques de notre société.

Pour cela nous avons décidé d’agir dans trois directions : nous soutenons le commerce local, nous avons favorisé l’arrivée d’une importante structure médicale et nous avons tenu à maintenir un niveau d’investissement élevé dans le budget communal.

Pour la collectivité, soutenir le commerce local de centre-ville, c’est vouloir le rendre attractif. Dans notre dialogue avec l’Union Clermontoise des Commerçants et Artisans, nous avons dépassé les simples questions de stationnement. Les gens de bonne volonté comprennent qu’on ne peut pas raser la colline, ni raser le centre-ville pour le reconstruire autour de la voiture. En signant une convention FISAC avec l’Etat, avec la Chambre de Commerces et d’Industrie et avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, nous aidons les commerçants en finançant des animations ou la rénovation de leur vitrine. La boulangerie « Le Blé d’or » de Monsieur et Madame Lalou est le premier établissement à recevoir ce mois-ci une aide pour le réaménagement de leur vitrine et leurs travaux de mise en accessibilité pour tous. D’autres dossiers sont déjà à l’étude.

Sur un autre axe d’aide au développement économique, Clermont est fière de voir se construire les bâtiments médicalisés du CESAP. Nous avons favorisé cette implantation parce qu’elle renforce notre pôle santé et parce qu’il y a longtemps que dans le centre-Oise, on n’avait pas accueilli une structure comptant plus de 300 emplois. Certes ce ne sont pas des créations de postes, mais ces emplois seront pérennisés ici.

Par ailleurs, le chantier en cours participe à l’activité du secteur de la construction sur la région. Dans cette période économique incertaine, ce type d’investissement est le bienvenu.

Depuis plusieurs années, les investissements privés sont en recul. Les banques sont frileuses, les chefs d’entreprises n’ont pas assez de certitudes sur les trimestres à venir.

Nous pensons que le secteur public, dans la mesure de ses capacités bien sûr, doit maintenir un niveau de dépenses qui permette de soutenir l’activité économique.

A Clermont, depuis 2008, le montant de nos dépenses réelles d’investissement s’est élevé à plus de 15 700 000 €.

Parmi ces investissements, nous avons d’abord accru notre patrimoine bâti. Après avoir construit pour 380 000 € l’épicerie sociale « Coup de pouce », nous avons doté la ville d’un centre socioculturel, pour un montant de 2 565 000 €. Nous avons acquis deux maisons bourgeoises, dans la rue de Paris, pour bloquer la spéculation immobilière et la division parcellaire qui dénaturent l’habitat ancien, auquel les Clermontois sont attachés. Dans une première propriété, nous avons accueilli l’association BGE Oise, spécialiste de l’aide à la création et à la reprise d’entreprises ; et, dans l’autre propriété, sera bientôt inauguré un pôle photographique régional, grâce à un partenariat renforcé avec l’association Diaphane, que les visiteurs de l’espace culturel Séraphine Louis connaissent bien.

Cette année, nous avons décidé aussi de construire une nouvelle cantine pour l’école des Sables. Nous allons y consacrer 900 000 euros, et pour la première fois, maternelle et primaire bénéficieront de deux espaces de restauration séparés.

Nous avons aussi réalisé des investissements pour valoriser notre patrimoine bâti : notamment par la poursuite des travaux de réhabilitation des écoles, pour près d’1 200 000 €.

Pour ce qui concerne notre patrimoine historique, qui marque notre identité, nous mènerons à terme cette année la campagne de consolidation du donjon médiéval qui veille depuis mille ans sur notre ville, chantier d’un montant d’un million et demi d’euros.

Enfin, la salle des fêtes a connu un sérieux rajeunissement ces dernières années : intérieur, extérieurs et acquisition de la propriété voisine, ce sont 1 100 000 euros qui ont été consacrés à cet équipement de qualité, qui contribue à la renommée de Clermont dans toute la région picarde. Une nouvelle tranche de travaux relative à l’accessibilité intérieure de la salle et à la rénovation des petites salles est prévue en 2014.

Nos installations sportives ont également été l’objet d’investissements, puisque Clermont possède désormais trois terrains multisports dans différents quartiers ; cette année devrait voir aussi la construction de nouveaux vestiaires pour les équipes de rugby : c’est un effort budgétaire de 335 000 € pour la ville.

Outre son patrimoine immobilier, la ville investit aussi pour ses rues et ses places. Là encore, depuis 2008, nous avons beaucoup avancé. Le centre-ville a changé de visage, dans la poursuite de ce qu’avaient entrepris mes prédécesseurs : la rue de la République, la rue Georges Fleury, puis la rue Grévin et la rue Duguey du Faÿ ont ainsi connu le même traitement de voirie que la place de l’hôtel de ville. 1 740 000 euros auront été consacrés à cette partie de la commune.

La place Camille Sellier, avec l’aménagement d’un giratoire, a aussi transformé ce carrefour important de Clermont, qui dessert le centre-ville et la gare. Ce sont 400 000 euros qui ont été budgétés.

L’entrée de la rue Pierre Viénot a bénéficié de toute notre attention il y a deux ans ; et dans quelques jours, c’est l’ensemble de la voirie qui va être transformé : trottoirs élargis dont l’un sera entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, lignes électriques et téléphonique enfouies, stationnement réorganisé et sécurisé, mise en valeur de la Chapelle des Lardières, aménagement de nouveaux plateaux surélevés nous permettant de règlementer à 30 km heure la limite de vitesse des véhicules. Ce chantier va durer environ huit mois. L’ensemble de la rue aura ainsi bénéficié de 1 830 000 euros en trois ans, si on intègre dans ce chiffrage la création du parking Van Broekhoven et l’agrandissement du parking Chiaramonte Gulfi.

Par ailleurs pour être complet, soulignons qu’à nos investissements de voirie s’ajoutent souvent d’autres, réalisés en sous-sol cette fois, par la communauté de communes. Ce sont, là-aussi, des centaines de milliers d’euros qui ont été nécessaires pour moderniser, au fur et à mesure de nos chantiers, les canalisations d’eau qui rendent à chacun des services au quotidien.

J’en profite ici pour remercier le Président de la Communauté de Communes d’avoir inscrit dans le cadre du Contrat Régional d’Agglomération l’aménagement pour 2013 d’un giratoire au croisement de la laiterie, rue de Saint Just.

Bien entendu, toutes ces dépenses communales, qui contribuent au final à enrichir notre ville, n’ont été possibles que parce qu’elles ont fait l’objet de subventions, de la part du conseil général, du conseil régional et de l’Etat.

Mais je ne vous ai pas asséné ces nombreux chiffres par simple plaisir. Je voudrais surtout souligner qu’en cinq ans, ces multiples chantiers ont contribué à transformer l’image de la ville et ont donné du travail à de nombreuses entreprises, pour la plupart de la région. C’est cela aussi ce que je considère comme prendre notre part de responsabilité à l’échelon local.

Alors bien entendu, nous ne nous affranchissons pas, par simple volontarisme politique, des classiques équilibres de gestion.

Nous avons pu réaliser ces travaux d’envergure, d’une part parce que nous avons été entendus de nos partenaires, que je remercie, puis aussi parce que la situation financière de la commune est saine. Les emprunts nécessaires à nos plans de financement ont été d’un usage raisonné et, alors même que bon nombre de communes ont depuis deux ans des difficultés croissantes à être suivies par les banques, Clermont inspire toujours confiance.

La prudence, que j’évoquais tout à l’heure, n’y est pas étrangère. Elle est vérifiable dans un taux d’endettement qui reste limité, des dépenses de fonctionnement qui sont maîtrisées, et un recours à un élargissement des recettes qui ne passe pas par une augmentation de l’effort des contribuables, ni des usagers de nos services.

En effet, vous le savez, l’un des paramètres que la municipalité a imposé aux services municipaux, en 2005, est de mettre en application les projets des élus, en considérant comme une donnée invariable les taux des impôts locaux.

Ces taux restent les mêmes pour la neuvième année consécutive, puisque nous préparons actuellement le budget 2013 avec cette même exigence. Il n’y a que l’assiette de ces impôts qui évolue : ce qui signifie, sans vous infliger un cours de fiscalité, que votre impôt est basé sur une valeur locative qui, elle, est revalorisée chaque année par l’Etat, en fonction de l’inflation. Hors inflation, le montant des impôts est donc toujours le même à Clermont, pour ce qui relève de la part de la commune, c’est à dire pour la part sur laquelle nous sommes décideurs.

Pour ce qui est des usagers des services communaux, là encore, nous avons conscience des difficultés d’une part croissante de la population. C’est pourquoi, nous avons décidé, depuis plusieurs années, de geler les tarifs de cantine : un repas complet et équilibré est servi le midi dans nos restaurants scolaires, au prix de 2€60, voire 2€40, pour une famille ayant plusieurs enfants inscrits à la cantine. L’introduction progressive de repas issus de l’agriculture biologique n’y a rien changé.

Notre philosophie est la même pour les autres types de services payants que nous rendons : accueils loisirs, séjours, activités d’animation restent très en deçà de leur coût réel supporté au nom de la solidarité par le budget communal.

Il n’y a que la bibliothèque municipale qui pourrait faire exception à ce principe, toutefois pour ce qui concerne les non-Clermontois. Car ce service dépasse le simple cadre communal, puisqu’il est plébiscité par de nombreux habitants des communes voisines. Aussi, nous majorons depuis trois ans les frais d’inscription réclamés aux non-Clermontois. En effet, nous voudrions que tout le monde comprenne que la ville principale, Clermont, ne peut développer des services à une échelle pluricommunale avec son seul budget. Autrement dit, il n’y a pas de raison que les impôts payés par les seuls Clermontois servent à financer des services accessibles à tous.

Attractive par sa politique d’acquisition et ses initiatives d’animation pour développer la lecture publique, l’équipe de la bibliothèque est en quelque sorte victime de son succès : un nouveau demi-poste devra être créé cette année pour assurer l’accroissement de la charge de travail. Chaque adhérent coûtera environ 190 euros en 2013, alors que son inscription s’élève à 8,60 euros pour un Clermontois et 35 euros pour un extérieur.

Les habitudes de vie, les pratiques urbaines, le mode d’usage des services publics nous montrent concrètement que les citoyens du centre-Oise s’affranchissent facilement des limites communales et sont en définitive plus en avance sur leur temps que le carcan institutionnel maintenu par leurs représentants politiques.

La rigueur budgétaire à laquelle sont soumis maintenant depuis plusieurs années tous les budgets publics nous imposera de remettre à plat nos activités et les services que nous rendons.

L’Etat, qui entend poursuivre la baisse globale de ses dotations, nous y incite notamment par des mécanismes de péréquation qui dotent chaque année les structures intercommunales de sommes d’argent croissantes, qui ne viennent plus directement dans le budget des communes.

En parallèle désormais, toute variation des taxes, que les structures intercommunales peuvent lever, est liée à la variation des taxes perçues par les communes membres : ce qui signifie que les politiques fiscales des communes doivent aussi être débattues au sein de l’intercommunalité.

On assiste donc clairement, année après année à un renforcement des prérogatives des communautés de communes ou d’agglomération.

Chef de file de la liste « Ensemble pour Clermont, avec audace et sincérité », j’ai, à plusieurs reprises, lors de mes vœux insisté sur la nécessaire préparation de cette évolution institutionnelle.

L’an dernier, j’ai rappelé que tout le monde dans le centre-Oise évoquait la marche vers une communauté d’agglomération, mais que personne n’osait faire le premier pas. Ma sincérité m’avait poussé à dire que Clermont n’atteindrait jamais seule le seuil des 15 000 habitants nécessaires à la création d’une communauté d’agglomération. Mais plutôt que de la sincérité, certains de mes collègues y ont surtout vu de l’audace, et de l’audace impardonnable…

Alors disons qu’avec audace et sincérité, j’ai l’an dernier simplement indiqué que si le schéma de cohérence territoriale adopté par le Plateau Picard et le Pays du Clermontois évoquait comme avenir une communauté d’agglomération, si le document final qui clôturait la réflexion du cinquantenaire de la communauté du Clermontois concluait la même chose, pourquoi ne pas se mettre autour d’une table pour savoir comment on faisait ?!

« Il ne faut jamais avoir raison trop tôt » m’ont répondu les plus anciens.

Mais à quoi sert d’avoir raison trop tard ?

« Chercherait-il un autre mandat ? » se sont inquiétés les plus stratèges…

Et pendant ce temps-là, la communauté d’agglomération creilloise, qui hier soir a changé de Président, entend définir un projet territorial qui s’étendrait jusqu’à nous.

Alors non, je ne cherche pas un autre mandat. Je suis Principal de collège ; je suis maire d’une commune de 10700 habitants. Ces deux activités me passionnent, m’occupent plus que de raison.

S’il est encore jugé trop tôt de préparer les conditions d’application de textes qui ont pourtant été collégialement adoptés, alors peut-être pouvons-nous avancer sur ce qui nous poussera à travailler davantage ensemble.

La mutualisation de certains services peut être une porte d’entrée intéressante.

Je ne prendrai ce soir qu’un exemple, car j’aurai dans d’autres temps et d’autres lieux l’occasion de développer des propositions. Les communes ne bénéficient plus de l’instruction par l’Etat des permis de construire qui leur sont déposés. Chacun doit se débrouiller seul. Un article du quotidien « Le Monde » en début de semaine se faisait l’écho du désarroi de nombreux maires.

Les villes de plus de 10 000 habitants ayant été privées plus tôt de ce service ont dû s’organiser. Clermont avait d’ailleurs proposé à la communauté de communes d’anticiper cette disparition d’une des prérogatives de l’Etat, et d’embaucher une personne, dont les prestations auraient pu être payées par les communes du Clermontois au prorata du nombre de permis instruits.

Nous n’avons pas été entendus ; Clermont a alors recruté une personne venue des services de l’Etat. Les affaires d’urbanisme sont si complexes, qu’aujourd’hui des communes voisines sont traînées devant le tribunal administratif et regrettent la décision prise au sein du Pays du Clermontois.

Tant que Clermont sera perçue comme un ogre qui veut manger les petites communes aux alentours, ce type de discussion restera dans l’impasse.

Mais l’accueil au sein de notre communauté de trois nouveaux membres, Catenoy, Bury et Mouy, dont je me félicite, bouleversera forcément ce mode de pensée.

Cet accroissement renforcera les solidarités sur le centre-Oise. Je regrette bien entendu que, sur la base de tactiques politiciennes et de désinformations, une partie des habitants de Bury aient été emportée dans un mouvement opposé à ce rattachement.

Obtenir de ces habitants la confiance en notre structure intercommunale va prendre du temps, va nécessiter de l’énergie que nous aurions pu consacrer à d’autres tâches. Les instigateurs de ces manœuvres porteront une lourde responsabilité, si des difficultés apparaissent pour nouer un dialogue constructif.

Il faudra aussi que le député de la Septième Circonscription clarifie sa position. Alors qu’il a soutenu le précédent gouvernement sur la réforme territoriale qui oblige les dernières communes isolées à se rattacher à une structure intercommunale, alors que le conseil municipal d’Agnetz, a approuvé à l’unanimité, par délibération du 9 octobre 2012, le rattachement des trois communes concernées, il affirme cette semaine au maire de Bury que la décision est tout à fait inadmissible et qu’il faut protester contre ce rattachement !

Monsieur le député, qui n’a jamais siégé à aucune réunion de la communauté de communes du Clermontois, pense que le bassin de vie de Bury est le Pays de Thelle et que cette décision brutale est de « la politique politicienne ». Mais que dire alors de son revirement d’opinion en fonction de l’interlocuteur qu’il a face à lui ?

Monsieur le Maire d’Agnetz feint d’ignorer que la communauté de communes du Pays de Thelle a refusé d’accueillir Bury. Or, Bury travaille déjà avec nous sur le portage de repas à domicile, sur le relais d’assistantes maternelles ; quand je suis allé le 25 décembre et le 1er janvier derniers à la maternité pour saluer les mamans, il se trouve qu’à chaque fois j’y ai croisé une habitante de Bury qui était heureuse d’avoir accouché à Clermont ; le chantier d’insertion qui travaille sur Clermont est porté par une association dont le siège est à Bury…

Bref, au regard du bassin de vie, il faut être un grand équilibriste pour affirmer que Bury est plus proche de Chambly que de Clermont.

Mais je prends ici le pari que le temps des conflits sera vite derrière nous. L’intérêt commun de nos populations l’emportera sur ce qui peut nous diviser.

Notre intérêt commun sera par exemple de rester vigilants par rapport au secteur hospitalier que j’évoquais à l’instant avec la maternité. Nous ne devons pas baisser la garde, malgré le changement de majorité présidentielle, et c’est ce qu’ont bien compris les présidents des conseils de surveillance de nos deux hôpitaux.

La mutualisation des services hospitaliers, pour mieux rationnaliser les dépenses (là aussi on mutualise… au passage !) en regroupant les deux hôpitaux sur le site de Fitz-James demeure notre combat. Personne n’a su ou pu l’obtenir sous le précédent gouvernement, même les mieux placés ; nous ne lâcherons pas nos efforts aujourd’hui, même si l’état des finances publiques ne facilite pas les choses.

C’est dans notre intérêt commun pour le centre-Oise, disais-je, que cette restructuration soit menée à bien et les conséquences urbaines du départ des deux hôpitaux pour la ville de Clermont ne pourront être surmontées que dans un effort commun.

15 hectares à terme libérés dans la ville centre, ce seront 15 hectares à réinvestir, à imaginer. 15 hectares parmi lesquels nous pourrions trouver de la place pour, par exemple, accueillir de petites entreprises, notamment de service. Là aussi, une réflexion de dimension intercommunale devra être menée, puisque le développement économique est une compétence de la communauté de communes. Au même titre que les Zones industrielles ou commerciales de Fitz-James, Breuil-le-Sec ou Neuilly, le Pays du Clermontois pourra, si les élus en conviennent, intervenir sur les infrastructures d’une partie de cet espace, notamment sur le site de l’actuel CHI. Ce sont pour le moment des accords de principe qu’il nous faut recueillir, puisque le déménagement des hôpitaux ne se concrétisera qu’à moyen terme.

Pour l’heure, à l’occasion de la préparation du Plan Local d’Urbanisme que nous menons depuis plus d’un an et que nous avons présenté en réunions publiques, le zonage des terrains des deux hôpitaux n’a pas été modifié, nous permettant ainsi de mieux contrôler ce qui un jour pourra y être aménagé. Une dernière enquête publique sur ce nouveau document d’urbanisme sera d’ailleurs proposée à la population au printemps.

Il sera de notre intérêt commun également pour le centre-Oise d’organiser enfin un système de transport collectif. Je peux vous annoncer ce soir que ce sera finalement dans le cadre d’un regroupement de six communes, que nous allons lancer les premières lignes, desservant les principaux points de concentration du public : la gare, les hôpitaux, les zones industrielles, la piscine, les établissement scolaires du second degré. AGNETZ, BREUIL-LE-SEC, BREUIL-LE-VERT, CLERMONT, FITZ-JAMES et NEUILLY-SOUS-CLERMONT vont créer à cette fin un syndicat à la fin du premier semestre.

C’est avec satisfaction que je vois ce projet aboutir. La sagesse a présidé à la réalisation de ce projet, prouvant ainsi, s’il en était encore besoin, que nous pouvons travailler en bonne intelligence, au-delà de nos divergences, dans l’intérêt de nos concitoyens, ce dont je me félicite.

L’année 2013 sera aussi l’année de diffusion de l’Agenda 21 de la commune de Clermont aux habitants.

Un agenda 21 est un programme d’actions, élaboré en concertation et qui doit modifier les prises de décision et de réalisation des projets, à la lumière des principes du développement durable.

L’élaboration de cet outil programmatique s’appuie sur une démarche participative. Après un diagnostic de l’état des forces et des faiblesses de la commune, l’agenda a été rédigé par le Conseil Local de Développement Durable, à partir de réflexions et de propositions issues des services municipaux, des élus et du tissu associatif.

Ce document, qui conserve un caractère évolutif, regroupe des actions concrètes à mettre en œuvre sur notre territoire communal autour de quatre enjeux :

  • Protéger le patrimoine naturel, le cadre bâti et les ressources naturelles
  • Favoriser le développement responsable et solidaire
  • Soutenir l’éducation au développement durable et à la santé
  • Lutter contre les pollutions atmosphériques et favoriser les déplacements doux et alternatifs

A partir de ces quatre axes globaux, sont définis des objectifs dans lesquels doivent s’insérer nos projets.

Vous le voyez, les projets à Clermont ne manquent pas, ils avancent, se concrétisent puis laissent la place à d’autres projets, contribuant à faire de notre ville une cité attractive.

Les derniers chiffres fournis en ce début d’année par l’INSEE montrent toujours cette dynamique. Les programmes privés de construction de logements apparaissent ici prospères malgré le contexte économique. La puissance publique doit, quant à elle, s’attacher aussi à la réalisation de logements, souvent sur des terrains plus complexes.

C’est ainsi que dans le quartier de Béthencourtel, après la renonciation de l’association « La Nouvelle Forge », qui devait construire une maison d’accueil spécialisée pour la maladie d’Huntington, nous avons proposé à un bailleur public d’édifier un petit programme d’une quinzaine de pavillons locatifs avec jardins.

La friche industrielle Théron dans le quartier de la gare a été acquise par la société d’aménagement de l’Oise et sera rasée cet été : la première phase de construction de la ZAC du Parc des Marettes pourra enfin démarrer à la suite.

Nous sommes confrontés actuellement à l’intransigeance de Monsieur l’Architecte des Bâtiments de France dans le bas de la rue du Général de Gaulle. Cette maison en péril, étayée depuis plus d’une dizaine d’années suite aux négligences d’un investisseur immobilier, nous avions réussi à l’acquérir et souhaitons la raser pour y édifier un petit programme de quatre appartements. Monsieur l’Architecte, dont je respecte la fonction et avec qui je travaille régulièrement sur le donjon ou l’église, ne l’entend pas ainsi et exige qu’on conserve la façade de cette bâtisse ancienne. Malheureusement, cet immeuble en péril bouge de plus en plus et aucun investisseur, qu’il soit public ou privé, ne viendra concrétiser les desideratas de ce spécialiste, dont la fonction n’est pas de s’intéresser aux plans de financement.

Pour la sécurité publique, il faudra cependant que je tranche et en concertation avec la Municipalité, je prendrai les décisions réalistes qui seules, dans ce genre d’affaires, permettent de garantir vraiment l’intérêt général.

Nous sommes du coup assez inquiets des répercussions de ce type d’exigences sur la restructuration de l’ancienne caserne de gendarmerie, toujours propriété du conseil général.

Nous espérons que Monsieur l’Architecte des Bâtiments de France saura reconnaître que la commune de Clermont est attentive à son patrimoine, que les efforts pour l’entretenir et le mettre en valeur sont maintenant largement perceptibles dans la ville et qu’au bout du compte, alors que l’air du temps n’est plus dans l’étalement urbain par respect pour l’environnement, il nous faut bien construire la ville sur la ville, si l’on veut éviter le développement des friches.

Nous aurons l’occasion cette année de démontrer tout notre attachement au patrimoine, d’une manière festive, puisqu’à l’automne, nous pourrons inaugurer la fin des travaux de consolidation de la ruine du donjon.

Plusieurs animations sont en gestation et complèteront une saison culturelle encore riche cette année, grâce notamment au tissu associatif de cette ville. Chacun pourra s’y retrouver, à l’image de ce début d’année, où vous pourrez découvrir, en fin de semaine prochaine, à l’hôtel de ville, la traditionnelle mais toujours surprenante exposition du Club des Collectionneurs du Clermontois, largement plébiscitée par le public ; tandis que l’espace culturel Séraphine Louis accueillera une exposition du Fonds Régional d’Art Contemporain intitulée « Noir Blanc, portraits d’objets » : des dessins seront présentés et je vous invite à venir confronter votre regard à ces créations qui s’interrogent sur la représentation de l’objet.

Une visite commentée est d’ailleurs organisée dès le premier jour samedi 19 janvier : vous retrouverez toutes les informations nécessaires sur le site Internet de la ville.

Permettez-moi de finir ce propos, en présentant au nom de la municipalité tous nos encouragements et nos remerciements aux nombreux bénévoles, à tous ceux qui s’impliquent au quotidien pour former le tissu associatif si riche sur notre commune. Qu’ils sachent que nous sommes conscients du rôle qu’ils jouent dans le maintien du lien social et qu’ils continueront à trouver le soutien de la municipalité de Clermont.

De même je remercie l’ensemble du personnel des services municipaux qui, tout au long de l’année, concourent à améliorer la vie quotidienne des habitants et des visiteurs de notre commune.

Bonne année à toutes et à tous, et selon la tradition républicaine, permettez-moi de vous inviter à partager le verre de la fraternité.

Lionel OLLIVIER,
Maire de CLERMONT

Vidéo rétrospective de l’année 2012

Cérémonie du 14 juillet 2013

Cérémonie du souvenir de Jean Corroyer Résistant abattu en 1944

Publié le 5 Septembre 2013

Ancien opérateur radio de la marine, Jean Corroyer fut abattu le 6 août 1944 par la Gestapo, quelques jours avant la libération de Paris. Membre de l’OCM (Organisation Civile et Militaire, un des grands mouvements de la Résistance), il vit tôt le matin des véhicules allemands s’arrêter devant son magasin, au 78 rue de la République. Pour échapper à l’arrestation, il tente de s’enfuir, mais est tué dans cette même rue. Sa femme Léonie et son fils Guy (18 ans) furent arrêtés, puis déportés. Ils succomberont tous deux en camp de concentration.

Vidéo de la cérémonie du souvenir de Jean Corroyer Résistant abattu en 1944

  • Mardi 6 août 2013 – 18h
  • Rassemblement devant l’Hôtel de Ville de Clermont
Cérémonie du souvenir de Jean Corroyer Résistant abattu en 1944
Cérémonie du 1er septembre 2013

Anniversaire du bombardement et de la libération de Clermont

69ème anniversaire du bombardement et de la libération de Clermont – 1er septembre 2013 : le discours, des témoignages, la vidéo de la cérémonie

Ville de Clermont 2013-09-01

Le discours prononcé le 1er septembre 2013 – 69ème anniversaire du bombardement et de la libération de Clermont

Monsieur le Député,

Monsieur le Président du Conseil Régional,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

L’an prochain, se dérouleront dans notre pays de nombreuses commémorations, rappelant le sacrifice de nos prédécesseurs, lors des deux conflits mondiaux du siècle dernier.

En effet, 2014 marquera le centenaire du déclenchement de la 1ère Guerre Mondiale et le soixante-dixième anniversaire de la Libération de notre pays du joug nazi.

Clermont s’inscrira bien entendu dans ces commémorations, et nous souhaitons être particulièrement attentifs à transmettre la mémoire et la connaissance des deux Guerres Mondiales particulièrement auprès des jeunes.

Un comité se constitue actuellement ici, à Clermont, autour du centenaire de 1914. Les associations culturelles locales se sont déjà réunies et seront rejointes dans les semaines qui viennent par les associations patriotiques. Plusieurs projets ont déjà reçu le label du Conseil général et celui de l’Etat.

Pour ce qui concerne l’anniversaire de la Libération de notre ville, nous avons demandé au service culturel de préparer un film documentaire, pour conserver à jamais, le témoignage de ceux qui ont vécu cette période dans notre ville.

Ce que vous venez d’entendre est un premier aperçu sonore de ce travail. Sept Clermontois ont accepté de raconter leurs souvenirs, leurs impressions, les émotions laissées par ces années terribles, qui les hantent encore.

Nous souhaitons que la presse relaie ce travail de mémoire, afin que d’autres témoins se fassent connaître et puissent aussi participer à ce documentaire.

Bien sûr, il ne sera pas seulement fait appel à l’émotion, même si, vous l’avez entendue, elle reste perceptible si longtemps après les faits et même si, elle est communicative et sollicite intelligemment l’attention de l’auditeur.

Ce film s’appuiera sur des recherches documentaires, à commencer par le travail exemplaire de Monsieur Paul MOREL sur la mission de cette escadrille qui a largué, ce 25 août 1944, sur notre territoire communal, 378 bombes.

Depuis cette période, et particulièrement avec l’arrivée de la télévision dans les foyers, la vision de la guerre s’est banalisée.

Aujourd’hui, les images envoyées de Syrie, l’annonce d’explosions quasi quotidiennes en Irak, sont noyées dans un flot continu d’informations.

Si l’image est un moyen de toucher les publics les plus jeunes, nous faisons le pari que voir et entendre des Clermontois, parler de ce passé qui s’éloigne, rendra plus concrète, plus intéressante la transmission de la mémoire.

Si le 25 août 1944 reste une journée effroyable pour notre commune, le 1er septembre marque la fin de cette longue, trop longue, occupation nazie.

C’est en effet le 1er septembre 1944, il y a 69 ans aujourd’hui, que la ville a été libérée.

Dès l’aube, un groupe de résistants pénétrait dans le centre, rejoint rapidement par les premiers éléments de reconnaissance de l’armée américaine.

CLERMONT se réveilla très tôt ce jour-là, et fut rapidement pavoisée de nombreux drapeaux tricolores. Bientôt, une immense foule hurla sa joie sur la place de l’Hôtel de Ville, fêtant les « GIs », symboles de la liberté retrouvée.

Clermont avait payé un lourd tribut à cette guerre : au-delà des 36 civils tués par le bombardement du 25 août, rappelons l’arrestation et la déportatin de plusieurs de nos concitoyens, le lâche assassinat en plein centre-ville d’un commerçant engagé dans la Résistance, et aussi la lente agonie de ces milliers de malades mentaux derrière les hauts murs de l’hôpital psychiatrique, considérés comme des bouches inutiles par l’Etat français d’alors.

Depuis lors, chaque année, le souvenir de ces moments, à la fois douloureux et porteurs d’espérance, est entretenu.

Œuvrons ensemble pour que ce souvenir ne s’efface pas, afin de nous rappeler à la vigilance, contre toutes les atteintes aux droits de l’homme.

Œuvrons ensemble pour une République responsable, mais attentive aux plus faibles.

N’oublions jamais ceux qui sont tombés pour défendre les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, qui sont le ciment de notre société.

Vive la République, vive la France, vive l’Europe !

Je vous remercie de votre attention.

Lionel OLLIVIER,
Maire de CLERMONT
Le 1er septembre 2013

7 témoignages de Clermontois qui ont vécu cet événement le 1er septembre 1944 ‘Je me souviens”

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La vidéo de la cérémonie du 1er septembre 2013 – 69ème anniversaire du bombardement et de la libération de Clermont

69eme anniversaire du bombardement et de la liberation de Clermont