Espace Culturel Séraphine Louis – Ville de Clermont (Oise) – Site Officiel

Espace Culturel Séraphine Louis

Exposition Lardon à l'espace Culturel Séraphine Louis de la ville de Clermont de l'OiseSitué au 11 rue du Donjon, l’espace Séraphine Louis accueille des expositions artistiques et thématiques et est un lieu où sont données des conférences.

  • Construit en 1826, dans le cadre de l’aménagement d’une maison centrale de détention pour femmes, l’immeuble du 11 rue du Donjon a été acquis par la ville de Clermont en 1991.Restauré par un chantier-école de 1999 à 2005, il est devenu l’espace culturel Séraphine Louis, inauguré au mois d’avril 2006.
  • Ce lieu de diffusion culturelle accueille régulièrement des expositions artistiques (peinture, sculpture, photographie…) et thématiques, mais également des conférences sur les thèmes les plus variés.
  • L’espace culturel Séraphine Louis sera par la suite intégré à un ensemble composé d’un parc arboré ouvert au public couvrant approximativement l’espace de l’enceinte castrale du château médiéval, les vestiges du donjon faisant l’objet d’une importante campagne de restauration.

Actuellement : Photaumnales 2019 : Terra nostra – le temps de l’Anthropocène, du 21 septembre au 3 novembre

Photaumnales 2019, 16e édition “Terra nostra – le temps de l’Anthropocène” du 21 septembre au 3 novembre, espace culturel Séraphine Louis.

Espace culturel Séraphine Louis

  • Mercredi, samedi et dimanche 14h à 18h. Entrée libre.
  • Vernissage samedi 28 septembre 2019, 11h

“Voyage en Pays du Clermontois” – Israel Ariño

Depuis juillet 2017, j’ai l’occasion de parcourir les communes du Pays du Clermontois, dans une dérive particulière lors de laquelle j’ai choisi de retourner sur des lieux sans histoire et des moments du quotidien à différentes périodes de l’année. J’ai voulu me confronter aux hasards de la marche, au désir de photographier des espaces intermédiaires qui, d’une certaine façon, m’intriguaient.

J’ai essayé de relire ce territoire, de le court-circuiter pour créer un récit pastoral chargé de « révélations », où derrière la surface de chaque image, une autre se cachait. Ici, les images s’interrogent sur le passé en même temps qu’elles réfléchissent sur l’avenir.

Il ne s’agit à aucun moment de porter un jugement moral sur les territoires traversés. Le propos est davantage de se débarrasser de toute une série de codes, d’idées péremptoires et de clichés qu’on associe à la connaissance d’un lieu, pour à la fin de notre trajet, essayer de découvrir la signification de ce lieu.

À l’occasion de la résidence de Israel Ariño, diaphane éditions et les éditions Anómalas publient l’ouvrage Voyage en Pays du Clermontois, avec le concours du Pays du Clermontois et la Ville de Clermont-de-l’Oise.

Israel Ariño est né en 1974 à Barcelone. Il vit et travaille entre la Catalogne et la France. Après ses études de photographie à l’Institut d’Estudis Fotogràfics de Catalunya, il se forme en gravure et sculpture à la Faculté de Beaux Arts de Barcelone. Il est photographe et éditeur chez Ediciones Anómalas à Barcelone.

Il est representé par la Galerie VU’ à Paris, l’Espace JB à Genève, la Fifty Dots Gallery à Barcelone, la Box Galerie à Bruxelles et la Tosei Gallery (Tokyo).

Les arbres de feu – Morgane Britscher

Hiver 2018, Clermont-de-l’Oise, une particularité du paysage me saute aux yeux, travaillant sur l’idée que nous sommes tels des mille feuilles de paysages et qu’ils influencent notre construction, je me suis penchée sur le pourquoi de ces plantations si particulières.

Elles sont intrinsèquement liées à l’histoire du paysage de ce territoire. Après avoir étudié un atlas du paysage picard, j’ai pu comprendre leur existence par la présence historique de tourbières, de marécage et d’un sol perméable.

La culture du peuplier permet une grande absorption de l’eau, les sols autour de lui s’assèchent, permettant à travers l’histoire l’implantation des hommes, d’autre part sa culture a longtemps fait de ce territoire un producteur d’allumettes : les arbres de feu.

Aujourd’hui ces plantations font partie des habitants, elles font partie de leur construction. Les paysages changent, les plantations évoluent rapidement. Les paysages d’hiver sont très particuliers, un enchaînement linaire, devenant sur certaines parcelles aux beaux jours un fouillis vert où le regard se perd.

Le futur et la fluctuation du cour du bois peuvent complètement modifier l’avenir de ces parcelles, on peut imaginer qu’elles soient rendues à la nature et que ces plantations si linéaires redeviennent des espaces naturels et ces dédales d’allées des chemins ombragés où la marche serait empêchée, contrainte par une nature reprenant ces terres. Les sons y sont aussi particuliers, le vent s’engouffre dans les peupleraies et les bois craquent, les habitants ont tous une histoire avec les peupliers.

Morgane Britscher est née en 1986, elle vit et travaille en Lorraine.

Ce travail a été réalisé en 2018 dans le cadre de la résidence-mission « La photo bat la campagne » mise en place par Diaphane.

Là – Margaret Dearing

Ils ont 14 ou 15 ans et habitent dans le Pays du Clermontois. Ils ne sont plus des enfants, pas encore des adultes. Ils vont au collège ou au lycée. Certains s’orientent déjà vers des métiers, d’autres poursuivront des études plus longues. Ils ont envie d’indépendance. Ils sont souvent tributaires des parents, du car qui les emmène à l’école. 

Ils m’ont emmené dans des lieux choisis dans leur établissement scolaire, ou bien là où ils se détendent, traînent avec leurs amis. Ils m’ont parlé de leur quotidien, du regard des autres qui n’est pas toujours tendre.

Autour d’eux, des champs et des bois ; des villages et une ville qui se sont étendus avec la construction de quartiers pavillonnaires ou d’immeubles d’habitat collectif. De l’hiver à l’été, la végétation est omniprésente. Elle est en sommeil, elle est coupée, elle pousse. 

Née en 1979, Margaret Dearing vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy en 2001, puis de l’École nationale supérieure de la photographie à Arles, en 2004.

Ce travail a été réalisé en 2018 dans le cadre de la résidence-mission « La photo bat la campagne » mise en place par Diaphane.

Prochainement : Exposition “Le Réveil des Oubliés”, du samedi 16 novembre au dimanche 22 décembre 2019

“LeRéveil des Oubliés” de Timea JANKOVICS, exposition du samedi 16 novembre au dimanche 22 décembre 2019,  espace culturel Séraphine Louis à Clermont.

Exposition initiée par le Musée Henri THEILLOU en collaboration étroite avec le C.H.I. et la ville de Clermont

Espace culturel Séraphine Louis

  • 11 rue du Donjon, 60600 Clermont
  • Mercredi, samedi et dimanche de 14h à 18h

Le Réveil des Oubliés

Après 150 ans d’endormissement, un patient se réveille et revêt ses habits. Il s’incarne en la personne de l’artiste Timea Jankovics, pour prendre la parole et inviter ses compères à sortir du sommeil et de leur long silence.

L’artiste a choisi le cimetière des fous pour appeler les oubliés à revenir à la vie, à se revêtir de leurs plus beaux habits pour trouver enfin la paix et le chemin vers la lumière. Et pour mieux comprendre leur désarroi, cette exposition retrace tout le parcours de ces oubliés en Asile.

Le visiteur

Dès le départ, le visiteur va découvrir les valises centenaires, les petits paquets, les petits “cousus” contenant vêtements et souvenirs des malades internés qui ont laissé là leur vie, scellée comme à tout jamais dans ces petits ballots désuets. 

Le visiteur témoin

Passé la séance du dénuement, c’est l’épreuve du bain obligatoire, du matricule imposé et réducteur. 

Le visiteur acteur

Il s’agit, pour le visiteur d’approcher au plus près la déserrance de ces personnes, de traverser, avec elles, la nuit obscure de l’âme pour trouver, à la toute fin du parcours, l’apaisement et la rémission.

Le visiteur à ” la rencontre de “ 

Séraphine de Senlis, Séraphine la “sans rivale”, Camille Claudel. Mais aussi, sans nom, ni matricule, “La mordeuse”, celle qui séduit malgré elle.


À travers différentes installations, l’Asile est présenté(e)de manière ambiguë.  Tantôt nourricière, tantôt dévorante à la manière de l’araignée géante. D’une façon surprenante on va retrouver aussi “la salle interdite” de Barbe Bleue en pénétrant dans les salles des archives qui recèlent ce passé asilaire et les ultimes traces de ces oubliés.

En certains lieux, la curiosité et l’intérêt de l’artiste à redonner vie et sens à ces destinées brisées l’ont parfois amenée à surmonter bien des difficultés dont celle de l’interdit… et du risque.

En ce qui concerne Clermont, c’est toute l’âme du grenier de l’Asile qui se dévoile en même temps que celle de centaines de malades à travers leurs pauvres effets personnels toujours enclos.

Cette exposition est unique par sa démarche très singulière. Il s’agit là, en effet, non pas de présenter ces effets et objets centenaires comme des objets muséaux vidés de leur substance mais de leur redonner de la vie et du sens, une existence palpable. Enfilant leurs vêtements tout incrustés de la poussière du temps, l’artiste se met en scène et devient un avec le patient, endossant ainsi émotions, colères, tristesse et sentiment d’abandon.

Dans sa chair, l’artiste vit, avec eux, le dénuement. Avec eux, elle fait l’expérience du matricule. Avec eux, elle cherche son chemin. Désorientation. Vertige du sens dessus-dessous.

Le réveil est un appel universel. Un appel à secouer la poussière et les cendres du passé et comme Dante, après qu’il a traversé les abîmes, à trouver le chemin vers la lumière. C’est un appel à sortir de la tombe pour redevenir un être de vie, échanger ces habits sombres et tristes contre des habits d’allégresse tout en couleurs.

Le visiteur et l’abandon

L’artiste présente la douloureuse réalité des asiles abandonnés à travers le monde. Ce monde devient alors comme le dernier Asile, un Asile à ciel ouvert où chacun vit selon sa réalité intime, le cœur battant à son propre rythme comme les horloges déglinguées présentées dans l’installation.


Timea JANKOVICS

L’artiste Timea JANKOVICS est spécialisée dans l’étude et la représentation artistique des Asiles psychiatriques du XIXe. C’est à ce titre que le Musée Henri THEILLOU a choisi d’exposer une centaine de clichés parmi des milliers réalisés par cette artiste à travers le monde mais aussi et tout récemment, au sein de ce qui fut autrefois l’Asile psychiatrique de Clermont de l’Oise devenu Le Centre Hospitalier Isarien.

Des photos mais aussi des installations plastiques, toutes réalisées avec des objets authentiquement récupérés au rebut d’hôpitaux psychiatriques à l’abandon, d’où l’authenticité absolue de ce qui est donné à voir.

En termes de performance artistique, Timea JANKOVICS n’hésite pas à se mettre en scène. C’est chaque fois dans des lieux asilaires abandonnés, totalement ou partiellement, qu’elle se filme. Inspirée par une atmosphère, des réminiscences peut-être infiniment subjectives.

Le Grenier de l’Asile de Clermont, ses petites valises, ses « petits cousus »ont immédiatement suscité chez l’artiste, un profond désir de les rendre à la lumière, ne serait-ce que pour le temps d’une exposition artistique. Celle-là même qu’il vous est donné de parcourir aujourd’hui et qui retrace le parcours des aliénés en Asile, depuis leur arrivée jusqu’à leur oubli

Cette exposition est le fruit du travail de toute une année. Il a pu se faire grâce à l’implication sans mesure de l’artiste mais aussi grâce au soutien opérationnel, logistique et financier de l’actuel directeur du Centre Hospitalier Isarien, M. Stephan MARTINO, de la municipalité à savoir M. Lionel OLLIVIER et de Monsieur Emmanuel BELLANGER administrateur de l’Association Culturelle des Amis du C.H.I. de Clermont qui gère toutes les activités du Musée Henri THEILLOU dont la présidence est assurée par le Docteur Olivier BOITARD depuis 2002. Assistante de production, Goty CLIN, vice-présidente de l’A.C.A.C.H.I.C.

Les archives des expositions à l’Espace Culturel Séraphine Louis